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DÉVELOPPEMENT SUCCESSIF DE L’OPTIQUE

grande partie une immortelle valeur; mais l’infaillibilité n’est pas un don fait à l’homme, et, après la découverte de la nature de la lumière blanche, Newton se montra lui-même humain. Il supposa que la réflexion et la dispersion allaient la main dans la main, et que l’on ne pouvait pas abolir ou annuler l’une sans annuler en même temps l’autre. Sur ce point, Dolland le corrigea ; mais Newton avait commis une erreur plus grave que celle-ci. La science, comme j’ai cherché à vous le montrer clairement dans notre seconde Leçon, est seulement une partie du domaine de nos sens. Les racines des phénomènes sont enfoncées dans une région située au delà de la portée de nos sens; tant qu’il n’est pas descendu jusqu’à la racine, l’esprit de l’homme 11e saurait être satisfait. Aussi trouvons-nous dans cette carrière optique les grands esprits qui ont toujours été impatients de rompre les limites des sens et de ramener les phénomènes à leurs fondements insensibles. Sous cette impulsion, ils entraient dans les régions des théories; et Newton, quoique attiré de temps en temps vers la vérité , fut plus fortement encore entraîné vers l’erreur, et en fit son choix définitif. Ses expériences sont impérissables ; mais sa théorie a fait son temps. Pendant un siècle elle se tint debout comme une barrière opposée à toutes les découvertes ; mais, comme toutes les barrières qui reposent sur l’autorité, et non sur la vérité, la pression alla grandissant sans cesse et finit enfin par renverser la barrière. Cette pression, comme vous le savez, fut due principalement aux travaux de Thomas Young et de son illustre collaborateur Fresnel.

En 1808, Malus, regardant à travers un spath d’Islande le Soleil réfléchi par une fenêtre du palais du Luxembourg à Paris, découvrit la polarisation delà lumière par réflexion. E11 1 8 1 1 , Arago découvrit les splendides phénomènes

CONCLUSION

qui ont été mis en évidence dans la lumière réfractée par des plaques de gypse } il découvrit aussi la rotation du plan de polarisation par les cristaux de quartz. En 1 8 1 3, Seebeck découvrit la polarisation de la lumière par la tourmaline. La même année, Brewster découvrit les magnifiques bandes colorées qui entourent les axes des cristaux à deux axes. En i8i4, Wollaston découvrit les anneaux du spatli d’Islande. Tous ces phénomènes, qui, sans le guide de la théorie, auraient laissé l’esprit humain enfermé et perdu dans un labyrinthe de faits sans harmonie ni rapport mutuel , sont devenus un tout organisé par la théorie des ondulations.

Cette théorie fut appliquée et vérifiée dans toutes les directions. Airy se fit spécialement remarquer par la sévérité et la force concluante de ses preuves. La plus remarquable des démonstrations échut à sir William Hamilton, de Dublin, lequel, prenant la théorie là où l’avait laissée Fresnel, arriva à cette conclusion qu’en quatre points particuliers de la surface des ondes au sein des cristaux doublement réfringents le rayon ne doit pas se diviser en deux parties, mais en un nombre infiniment grand de parties, formant en ces points une enveloppe conique continue, au lieu d’une double image. Aucun œil humain n’avait encore vu cette enveloppe lorsque sir William Hamilton en affirma l’existence. Il pria le Dr Lloyd de mettre sa conclusion théorique à l’épreuve de l’expérience. M. Lloyd prit un cristal d’arragonite, et, suivant avec la plus scrupuleuse exactitude les indications de l’analyse mathématique, coupa le cristal là où la théorie disait qu’il devait être observé, et découvrit l’enveloppe lumineuse qui n’avait été d’abord qu’une pure conception de l’esprit du mathématicien.

Cependant, la grande théorie des ondulations, semblable à beaucoup d’autres vérités, que le long cours des âges a

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