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DU CARBONATE DE CHAUX

TEINTE DE LA LUMIÈRE ÉMISE

PAR PHOSPHORESCENCE

Eau de chaux et acide carbonique.

Violette , lumière très-pure.

Chlorure de calcium cristallisé et carbo-

Violette.

nate d’ammoniaque à 100°.

Chlorure de calcium et carbonate d’am-

Violette, teinte plus faible que la précé-

moniaque à la température ordinaire.

dente.

Chlorure de calcium et sous-carbonate

de soude à 100 degrés.

Verte, un peu sombre.

Chlorure de calcium et carbonate d’am-

moniaque à la température ordinaire, i

Violette -bleuâtre faible.

Chlorure de calcium et sous-carbonate

de potasse à 100 degrés.

Violacée faible.

Ainsi non-seulement la nature du composé de calcium , mais encore la température de la dissolution et la nature du carbonate soluble ont une influence sur l’état du précipité , et donnent à la préparation la faculté d’émettre par phosphorescence des nuances diverses.

Ces différents effets permettent d’expliquer comment, lorsqu’on prépare le sulfure d^ calcium phosphorescent avec du carbonate de chaux pur dont on ne connaît pas l’origine, on peut avoir des effets lumineux plus ou moins brillants et des teintes diverses variables du jaune au violet : l’intensité lumineuse dépend le plus souvent de l’action de la chaleur, mais la réfrangibilité de la lumière émise dépend de l’état moléculaire de la combinaison de chaux. La teinte verte très-vive donnée par plusieurs précipités de carbonate tient peut-être à ce que ceux-ci présentent la forme de l’arragonite ; mais l’examen de ces précipités au microscope ne m’a pas permis de résoudre cette question. Je dois dire, en terminant ce sujet, que la matière phosphorescente verte obtenue dans les conditions indiquées plus haut est un des plus beaux phosphores et des plus persistants de tous ceux que j’aie pu préparer; on ne l’obtient pas toujours avec facilité.

Le soufre en agissant sur le nitrate de chaux desséché a donné un résidu de sulfure de calcium à peine lumineux avec quelques points jaune-orangé; ce résidu calciné de nouveau n’a pas donné d’autre nuance. L’oxàlate de chaux calciné directement avec le soufre a donné également une phosphorescence de couleur jaune-orangée analogue à la précédente.

SOURCES DE LUMIÈRE

Action des sulfures. L’action des sulfures sur la chaux et sur les carbonates à la température rouge donne des effets analogues à celle du soufre, mais avec des différences dépendant sans doute de la température à laquelle ces sulfures sont décomposés, et dès lors de la température à laquelle la réaction a lieu entre le soufre qui en provient et la chaux. J’ai étudié l’influence d’un courant d’hydrogène sulfuré et de sulfure de carbone sur la chaux, sans obtenir aucun résultat bien net , si ce n’est une prédominance de matière lumineuse violette , ou plutôt de couleur lavande.

On a fait des mélanges de chaux, de carbonate de chaux, et même de fragments de coquilles d’huîtres, préalablement calcinés, avec des sulfures d’étain, de mercure, d’antimoine, de cuivre, de zinc, etc., sans trouver d’autres nuances que des nuances violettes, bleues et jaunesverdâtres pâles. Deux seules réactions sont à noter ici : la réaction du sulfure d’antimoine sur la chaux, ainsi que celle du persulfure de potassium. Si l’on mélange de la chaux provenant du marbre blanc , par exemple, avec \ de son poids de sulfure d’antimoine, après trente minutes d’une élévation de température au rouge-blanc , on a une masse assez lumineuse jaune-verdâtre (vert pomme) ; des proportions différentes ainsi qu’une température plus ou moins élevée ou prolongée ne changent pas la nuance d’une manière appréciable, mais diminuent l’intensité lumineuse : il est probable, dans ce cas, qu’il se forme un antimonio-sulfure de calcium phosphorescent.

L’action du persulfure de potassium surla chaux et sur le carbonate de chaux est beaucoup plus remarquable : Pour l’observer convenablement, il faut placer au fond d’un creuset un poids déterminé de persulfure de potassium (5 à 6 grammes par exemple), et recouvrir cette substance d’un petit têt percé d’ouvertures ; on place sur le têt le carbonate de chaux, la chaux ou la substance sur laquelle on veut faire réagir le persulfure, et l’on élève la température du creuset jusqu’au rouge blanc ne dépassant pas 900 ou 920 degrés, c’est-à-dire la fusion de l’argent : le persulfure est décomposé , et le soufre qui se dégage réagit sur la matière superposée. Le maximum d’effet est atteint au bout de quinze à vingt minutes, et il ne faut pas dépasser cette limite de durée de l’action calorifique. On peut également mélanger les composés de chaux avec \ ou i de leur poids de persulfure de potassium pulvérisé. Avec le carbonate de chaux, on obtient une masse offrant des teintes mélangées, mais où se trouvent des parties lumineuses vertes très-brillantes; avec des co-

PHOSPHORESCENCE PAR LA LUMIÈRE

quilles d’huîtres préalablement calcinées on a la plupart du temps des teintes vertes très-vives. La couleur de la lumière émise est analogue à celle que donne la matière phosphorescente préparée avec le soufre et certains carbonates de chaux, tels que le carbonate provenant de la chaux d’arragonite fibreuse.

On obtient quelquefois lors de la calcination des coquilles avec le persulfure de potassium, ou bien dans certaines circonstances que je n’ai pas encore pu bien préciser en agissant avec le persulfure de potassium et la chaux, une émission de lumière bleue indigo indiquant la production d’un phosphore que je n’ai obtenu jusqu’ici que par ce moyen; on trouve en effet, comme on le verra plus loin, que certains rayons du spectre agissent sur lui d’une manière spéciale. Ce phosphore présente un état physique particulier, que l’on peut obtenir aussi, mais temporairement, en maintenant entre 200 et 300 degrés le phosphore lumineux vert préparé par l’action du persulfure de potassium sur les coquilles d’huîtres , ou bien en portant à la môme température le phosphore lumineux vert-bleuâtre produit en faisant réagir le soufre sur le carbonate formé au moyen du nitrate provenant de la craie calcinée et du carbonate d’ammoniaque.

J’ai observé un fait qui semblerait indiquer que la présence de la potasse est nécessaire à la préparation de la matière phosphorescente lumineuse bleue; ayant à deux reprises différentes préparé du sulfure de calcium lumineux vert que l’on peut obtenir facilement par les procédés décrits précédemment, ou bien à l’aide des coquilles appelées porcelaines comme on l’indiquera plus loin, j’ai arrosé la masse à l’aide d’une petite quantité d’eau tenant en dissolution de la potasse caustique (2 à 3 pour 400 de potasse du poids de la masse phosphorescente), et en mélangeant le tout, puis calcinant une seconde fois, j’ai obtenu une masse lumineuse bleue. Dans la première expérience la matière n’offrait cette teinte que dans certaines parties, dans la seconde elle avait partout cette couleur. Bien que la vivacité de la lumière émise ne soit pas aussi grande qu’antérieurement, je pense que la présence de la potasse facilite la formation de ce beau phosphore, si elle n’est pas toutefois nécessaire , et l’on peut expliquer alors pourquoi je l’avais obtenu accidentellement en calcinant des coquilles d’huîtres avec du persulfure de potassium. Mais, d’un autre côté, si l’on a égard' aux changements que l’état moléculaire d’un corps peut apporter dans la couleur de la lumière émise , on ne peut affirmer qu’il ne serait pas possible d’obtenir cette même matière par d’autres moyens.

SOURCES DE LUMIÈRE

Réduction du sulfate de chaux p ar le charbon. L’action du charbon sur le sulfate de chaux à une température élevée donne, comme on le sait, des sulfures de calcium composés presque en totalité de monosulfure phosphorescent si la température est suffisamment élevée et prolongée ; mais l’effet produit varie autant qu’en faisant usage des procédés de préparation décrits plus haut, et suivant l’origine du sulfate, ainsi que son état moléculaire, on peut avoir la plupart des nuances indiquées précédemment. Pour faire cette préparation, on mélange intimement du sulfate réduit en poudre très-ténue ou bien précipité , avec 17 p. 100 de noir de' fumée, et on porte la température de la masse au rouge-blanc pendant une demi-heure ; une durée beaucoup plus grande anéantirait tout pouvoir de phosphorescence dans la masse de sulfure. On a eu ainsi les résultats suivants :

MODE DE PRÉPARATION

TEINTE DE LA LUMIÈRE ÉMISE

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