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DU SULFATE DE CHAUX MÉLANGÉ AU CHARBON

APRÈS L’INSOLATION. j

Chaux ordinaire attaquée par l’acide sulfurique monoliydraté; le résidu est

Jaune-orangé.

lavé, puis desséché.

Chlorure de calcium cristallisé du com-

merce, et sulfate de soude; le préci- > Jaune-orangé, pi té est desséché. )

Nitrate de chaux , provenant de la chaux ' d’arragonite fibreuse et sulfate de soude.

Sulfate de chaux cristallisé en petites

Verdâtre faible, avec quelques points verts plus lumineux.

aiguilles et provenant de la dissolution du bisulfate obtenu avec la chaux du i

, Violette.

commerce.

Plâtre déshydraté ou hydraté. j

Masse à peine lumineuse.

Ainsi, par ce mode de préparation l’état moléculaire du sulfate a une influence aussi grande qu’en faisant usage du carbonate ou de la chaux attaqués l’un ou l’autre par le soufre.

On peut obtenir également du sulfure de calcium phosphorescent en employant des cristaux de gypse (cristaux en fer de lance, ou cristaux trapéziens, blancs ou colorés ) brisés en fragments de 2 à 3 centimètres de longueur sur autant de largeur et de 2 à 3 millimètres

PHOSPHORESCENCE PAR LA LUMIÈRE

d’épaisseur. On place 20 à 25 grammes de ces fragments dans un creuset, on les entoure de charbon pulvérisé , puis on les soumet à la calcination au rouge-blanc pendant vingt minutes; on retire alors du creuset le sulfate transformé en partie en sulfure, et ce dernier conserve la texture du gypse et se détache par lamelles : ce sont ces lamelles que l’on soumet à l’action du rayonnement lumineux. On reconnaît ainsi qu’avec les différents gypses et même avec les diverses parties d’un même échantillon, en élevant la température au même degré et avec la même durée de l’action calorifique, les effets de phosphorescence produits ne sont pas uniformes. Les lamelles ne brillent souvent pas de la même teinte dans toute leur étendue : souvent on observe des teintes jaunâtres et verdâtres; d’autres fois bleuâtres et violettes , et j’ai même obtenu des teintes bleues très-tranchées (1). Je n’ai pu reconnaître exactement les conditions nécessaires pour avoir avec du sulfate de chaux [cristallisé des nuances déterminées et uniformes; cependant, il m’a semblé que les teintes bleuâtres correspondaient à une moindre élévation de température et à une moindre durée de l’action calorifique. Quant aux teintes jaunes-orangées, on ne les a pas observées de cette manière, si ce n’est accidentellement.

Phosphores préparés avec diverses coquilles. Si l’on calcine simplement des coquilles d’huîtres dans un creuset porté à la température rouge-blanc pendant trois quarts d’heure environ, on trouve après le refroidissement que les coquilles sont phosphorescentes; elles doivent cette propriété à une petite quantité de sulfure de calcium provenant de la réduction du sulfate de chaux par le charbon, et qui se forme lors de la décomposition des matières organiques. Les teintes que l’on observe sont bleues-verdâtres claires, ou bien rouge-orangées ; souvent une même coquille présente d’un côté cette dernière nuance et de l’autre la nuance verdâtre.

On peut se servir également de différentes coquilles telles que les pétuncles, les peignes, les porcelaines, etc., que l’on calcine séparément, comme les coquilles d’huîtres ; on pulvérise la masse obtenue, et on la mélange avec moitié de son poids de soufre, comme on l’a faitavec différents précipités de carbonate de chaux, et l’on obtint alors, après la calcination, des masses lumineuses avec une couleur jaune plus ou moins orangée ou

(1) Ann. de physique et de chimie , 3e série, t. 22, p. 247 (1848).

SOURCES DE LUMIÈRE

bien verte. En général les coquilles d’huîtres, les pétuncles, les hélices donnent de l’orangé; les porcelaines, les coquilles qui fournissent la nacre donnent des nuances vertes. On peut expliquer ce résultat en remarquant que les coquilles doivent renfermer des mélanges variables d’arragonite et de spath, et même que ces deux matières peuvent être dans des états physiques différents suivant la nature des coquilles.

Je dois signaler ici un résultat curieux, qui permet d’obtenir avec facilité le sulfure de calcium lumineux jaune ou orangé; il suffit, après avoir calciné les coquilles avec du soufre, d’avoir recours à une nouvelle calcination sans soufre, mais en ajoutant à la masse une trèspetite quantité de peroxyde de manganèse (1 à 2 pour 100), pour augmenter beaucoup la vivacité de la lumière orangée ou jaune émise après l’insolation. Cette addition de peroxyde de manganèse peut même rendre lumineux jaunes des phosphores préparés avec la chaux ou avec des coquilles, et qui avaient d’autres nuances ; cependant, pour la facilité des préparations du sulfure jaune ou orangé, il est préférable d’employer des coquilles, ou des parties de coquilles, qui lors de la première calcination sans soufre donnent déjà ces nuances après l’insolation. Quel est l’effet du peroxyde de manganèse? Agit-il comme agent d’oxydation ou par la nature de labase?C’est ceque je ne saurais indiquer, n’ayant paspoussé plus loin ces recherches.

Pour la préparation des sulfures de calcium lumineux vert, au lieu d’avoir recours aux précipités indiqués précédemment, on peut se servir de coquilles telles que les porcelaines et celles qui donnent la nacre, et après les avoir calcinées sans soufre, on les mélange avec une moitié de leur poids de cette matière, et on les calcine comme on l’a dit précédemment; mais il faut une certaine habitude de ces préparations pour atteindre la température nécessaire et ne dépasser ni le temps de la calcination ni le degré de température.

Lors de la préparation de plusieurs* de ces sulfures, comme lors de celle du sulfure de strontium, dont il sera question plus loin, on obtient parfois des masses qui sont chimiquement impressionnables à la lumière, puisque l’action des rayons solaires fait changer légèrement la nuance de la couche superficielle de ces corps. Mais cet effet est indépendant du phénomène de phosphorescence que manifestent ces phosphores.

En somme, les préparations diverses de sulfure de calcium donnent le plus souvent des nuances jaunes-orangées ou vertes- bleuâtres ; mais on

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en peut produire d’autres en se plaçant dans les conditions spécifiées précédemment. Voici celles qui peuvent servir de type, et qui seront étudiées plus loin avec le spectre solaire :

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