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CHAPITRE II

La Création. — L'Œuvre des six jours. —

Le récit biblique et la science

contemporaine

C'est en lisant le récit de la création dans la Genèse qu'il faut surtout se rappeler que la pensée de Moïse est étrangère à toute préoccupation scientifique. Ce qu'il se propose ici, c'est d'instruire son peuple, de le préserver de l'idolâtrie, lui faire connaître en Jéhovah l'auteur, l'ordonnateur et le conservateur de toutes choses, le droit souverain du Créateur sur sa créature, le Dieu qu'il doit adorer et à qui il doit obéir. Il peint à grands traits l'œuvre de la création, disant juste ce qu'il faut dire pour la fin religieuse et morale qu'il a en vue. Son récit, simple, élevé, essentiellement historique, nous fait concevoir les plus hautes idées sur Dieu, sa toute-puissance, sa majesté, sur l'origine des êtres, leur destinée, sur l'homme et sa dignité, et projette parfois des rayons de lumière sur les vérités les plus importantes de la nature. L'on chercherait en vain dans son langage le moindre effort pour convaincre, la moindre appréhension de ne pas être cru. Il sait que les événements, bien qu'extraordinaires, qu'il raconte sont vrais et ne peuvent être contredits, leur souvenir vivant encore dans la

mémoire de tous ceux à qui il s'adresse. Il en sera de même plus tard pour les Evangélistes, qui rapporteront, du ton le plus simple et le plus naturel, les faits que nous lisons et qu'ils savaient être notoires et authentiques.

Quant à la précision scientifique, Moïse n'y est pas tenu, et vous ne devez pas non plus l'y chercher. Il ne décrit pas, comme les géologues, les terrains primitifs et les diverses couches dont est formée la Terre ; il ne parle pas de soulèvements, de stratifications, de règnes, de familles, genres, espèces, variétés. Il n'est pas question dans son récit de nébuleuse, de condensation de la matière éthérée, des lois de la pesanteur. Toutes ces choses sont étrangères au but de Moïse Cependant, il y a plus dans la Genèse de renseignements d'ordre scientifique qu'on ne le croit généralement, et plus d'une fois elle a devancé la science. Ainsi, la Bible, bien avant la science, nous a appris qu'à l'origine tout n'était que confusion et ténèbres sur la terre, que celle-ci est sphérique, qu'elle est isolée dans l'espace, suspendue sur le vide, qu'elle a été primitivement noyée dans les eaux lorsqu'elle était encore à l'état liquide et vaporeux ; que la croûte de la terre, après avoir été longtemps couverte par les eaux, repose sur du feu intérieur ; que cette croûte est enveloppée d'une couche d'air qui sépare les eaux supérieures et les eaux inférieures ; que la lumière est antérieure au soleil, que, de fait, elle a paru avant le soleil et fait vivre les

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plantes, comme le reconnaît aujourd'hui la science.

L'Ecriture nous dit que la production de la vie s'est manifestée à trois époques ou trois jours différents ; elle est en ceci en parfait accord avec la science qui témoigne que toute la vie n'a pas été produite en même temps.

Enfin, la Bible, comme la science, avait assigné l'ordre de la création des animaux, et la science, comme la Bible, nous apprend que l'homme est le dernier des êtres créés.

L'ordre d'apparition des êtres vivants, la création après les substances inanimées des êtres les plus inférieurs, puis comme terme extrême et au bout de l'échelle, la création de l'homme, voilà ce que nous enseigne la Genèse et voilà ce que le professeur Benedikt, de Vienne, déclare scientifiquement plus juste que toutes les explications dues à la fantaisie moderne, et qui ont prétendu se substituer à celle-là.

Aussi, n'est-ce pas sans un profond étonnement que les ennemis de la Révélation ont constaté que les savants non seulement ne pouvaient ébranler l'autorité du récit de Moïse, mais que la science la plus avancée ne faisait que confirmer les Ecritures.

" Ici se présente une considération dont il serait difificile de ne pas être frappé. Puisqu'un livre écrit à une époque où les sciences naturelles étaient ei peu avancées, renferme cependant en quelques lignes le sommaire des conséquences les plus remar-

quables, auxquelles il n'était possible d'arriver qu'après les immenses progrès amenés dans la Science par le XVIIIe et le XIXe siècles, puisque ces conclusions se trouvent en rapport avec des faits qui n'étaient ni connus, ni même soupçonnés à cette époque, qui ne l'avaient jamais été jusqu'à nos jours, et que les philosophes de tous les temps ont toujours considéré contradictoirement et sous des points de vue erronés ; puisqu'enfin, ce livre si supérieur à son siècle sous le rapport de la science, lui est également supérieur sous le rapport de la morale et de la philosophie naturelle, nous sommes obligés d'admettre qu'il y a dans ce livre quelque chose de supérieur à l'homme, quelque chose qu'il ne voit pas, qu'il ne comprend pas, mais qui le presse irrésistiblement ^"

Ce quelque chose de supérieur à l'homme que contient ce livre, ce quelque chose qu'il ne voit pas, qu'il ne comprend pas, mais qui le presse irrésistiblement, c'est le divin. L'homme seul n'eût jamais pu parler la vérité avec ces accents.

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