‹ La lumière visibleChapitre 17 sur 89 · Boubée : GMeg. éUmmU,, p. M · texte numérisé non relu

Boubée : GMeg. éUmmU,, p. M

De tous temps, mais surtout à l'occasion des premières découvertes géologiquess, cette question a donné lieu à d'intéressantes discussions, et diverses opinions ont été exprimées à ce sujet. Etant forcément obligé d'abréger, je ne dirai rien de ces opinions, toutes très respectables, ainsi émises, suivant les connaissances scientifiques des siècles auxquels elles remontent. Aujourd'hui les études plus approfondies du texte biblique et le progrès des sciences géologique et paléontologique ne laissent plus de doutes quant à l'interprétation à donner aux jours génésiaques, que l'on considère, dans le langage figuré de Moïse, être des époques d'une durée indéterminée. Saint Augustin, Origène et autres Pères de l'Eglise avaient déjà clairement exprimé l'opinion que les jours de la création ne devraient pas être entendus dans le sens du mot ordinaire ; ils exprimaient des périodes dont on ne peut fixer l'étendue.

Le Vénérable Bède, mort en 735, et célèbre de son temps pour son érudition, était également du même avis.

" Il est manifeste, dit-il, que le mot jour est pris ici pour toute la durée de la création primordiale. Car ce ne fut pas dans un seul des six jours que le firmament fut créé et orné d'étoiles, et que la terre ferme fut séparée des eaux et parée d'arbres et de plantes. Mais, selon sa manière ordinaire, l'Ecriture emploie ici le mot jour dans le sens du mot temps."

Et ailleurs : " Qu'est-ce que le soir, si ce n'est l'achèvement de chaque œuvre, et le matin, si ce n'est le commencement de la suivante ?" Les jours ordinaires, cela va de soi, ont un soir et un matin, et point n'aurait été nécessaire à Moïse de l'indiquer, pour chacun des six jours, par ces paroles qui reviennent comme un refrain. Elles servent, en eflfet, à marquer autant de périodes distinctes, périodes géologiques, chacune d'elles ayant un soir et un matin, c'est-à-dire un commencement et une fin qui les distinguaient des autres, passant de l'une à l'autre par degrés insensibles. Les jours génésiaques seraient donc de longues périodes pendant lesquelles le monde s'organise progressivement et conformément aux lois imprimées à la matière par le Créateur, l'action lente et continue des causes naturelles exigeant, pour produire les phénomènes que nous révèle la nature du sol, un temps dont la durée dépasse manifestement la limite d'une semaine ordinaire. Tout ce que l'on peut demander pour justifier la narration mosaïque est que chaque jour de la création réponde à une classe de phénomènes prédominante, à l'apparition des êtres les plus importants d'un même groupe et les plus dignes d'attention, qu'ils marquent la manifestation la plus saillante des œuvres attri* buées à chacun d'eux.

On pourrait citer dans l'Ecriture nombre de passages où le mot jour est évidemment pris dans le sens de temps. "Voici venir des jours," dit-elle, pour signifier : un temps viendra. Le

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béni Sauveur lui-même parlait dans le même sens lorsqu'il disait aux Juifs : "Abraham, votre père, a désiré avec ardeur de voir mon jour", c'est-àdire le temps, l'époque de sa venue sur la terre. De même, lorsque l'on dit d'un homme, d'un peuple, d'un système, qu'il a vu "son jour", on sait parfaitement que cette expression ne signifie pas un jour solaire. D'ailleurs, les trois premiers jours ne pouvaient être mesurés ni par le coucher ni par le lever du soleil, qui n'existait pas encore. Ces six jours de la création ainsi entendus sont en parfaite concordance avec le septième, qui dure encore. Aussi, Moïse omet-il l'expression : "Et il y eut soir et matin" pour ce jour-là, qui n'a pas encore atteint son terme, comme ceux qui l'ont précédé.

Maintenant, "quel temps a été nécessaire pour que la Terre cesse d'être informe et nue, pour qu'elle se solidifie, se couvre de fleurs, se peuple d'animaux, se mette en état de recevoir l'homme ? Assurément Dieu eût pu faire tout cela en une heure. Mais la Bible affirme et la science voit clairement qu'il n'en a pas été ainsi. Dieu s'y est repris à six fois. La création s'est avancée par flots successifs. Il y a eu six grandes périodes de l'activité créatrice. La Science et la Bible sont ici d'accord. '"

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