‹ La lumière visibleChapitre 20 sur 89 · L'Oriffin* tt le dHeioppement dêlatie tur le globe · texte numérisé non relu

L'Oriffin* tt le dHeioppement dêlatie tur le globe

est dans l'espace, Dieu est nécessaire pour créer cet espace ; si tout se résume dans les molécules, Dieu est nécessaire pour créer ces molécules ; si tous les phénomènes physiques, quelle que soit leur nature, ne sont que des manifestations d'une force primordiale, Dieu est nécessaire pour créer cette force. En remontant toute la chaîne des êtres, la monère, la bactérie, le protoplasme luimême, ont eu un commencement. Dieu est nécessaire pour cette œuvre initiale de la vie, et il est aussi impossible d'imaginer un palais sans un architecte, que le globe sans créateur. Au milieu des incertitudes et des hésitations de la science, l'homme rencontre avec bonheur le roc inébranlable sur lequel reposent ses suprêmes espérances".

Lord Kelvin, cet éminent physicien dont la science pleure encore aujourd'hui la perte, écrivait en 1906 dans le nineteenth century ces paroles non moins remarquables : " Je ne puis laisser dire qu'en ce qui touche à l'origine de la vie, la science n'affirme ni ne nie de force créatrice. La science exige positivement une force créatrice." Il faut donc ici que Dieu intervienne par son pouvoir créateur, et c'est ce que Moïse nous fait comprendre en disant : "L'Esprit de Dieu planait à la surface des eaux."

L'Esprit de Dieu, princif)e vivifiant, planait à la surface des eaux ; il planait en silence au-dessus de cette masse ténébreuse et solitaire, dispersée, sans beauté, sans ordre, pour y faire naître la vie dont il est la source. Sans doute, l'Esprit de

Dieu ne peut être limité par aucun point de l'espace ; mais Moïse précise sa présence au-dessus des eaux pour indiquer qu'à ce moment même l'Esprit de Dieu les fécondait et y faisait pour la première fois apparaître la vie dans le monde, avant l'apparition de la lumière, longtemps avant la séparation du sec d'avec l'humide, bien longtemps avant la formation des plantes et des animaux terrestres.

C'est donc au fond des eaux, dans les créations sous-marines, que se manifestent les premières traces de la vie sur notre globe. Le règne végétal y est représenté par des algues, sans branches ni feuilles ; le règne animal par les zoophytes, les mollusques, les crustacés, les fucoïdes, êtres vivants, éclos au fond des mers, dont les genres les plus anciens, comme nous le démontre la géologie, sont privés de la vue, la lumière n'existant pas encore.

Moïse ne se proposant pas de nous donner un exposé scientifique de l'origine du monde, ne dit pas expressément que Dieu créa les zoophytes et les mollusques acéphales d'abord, puis les céphalopodes et les crustacés, dont principalement les trilobites, qui empruntent leur nom à la partie dorsHlo de leur carapace divisée en trois lobes, pui.s enfin les poisHons ; mais il l'atteste à sa manière en disant que Dieu féconda l'abîme des eaux avant l'apparition de la lumière, qu'il le féconda encore pendant et après, c'est-à-dire depuis le premier jour jusqu'au commencement

du troisième, alors qu'ayant séparé le sec d'avec l'humide, l'abîme des eaux disparut pour faire place aux continents et aux mers, comme nous l'apprend la géologie. Moïse ne nous dépeint chaque période de la création que dans ses traits caractéristiques, et il nous suffit de savoir que dans ce qu'il a dit, il a dit la vérité.

Nous venons de mentionner qu'au moment de Téclosion de la vie au fond des eaux, la lumière n'avait pas encore pénétré leur profondeur ; mais elle ne devait pas tarder à se manifester.

Et Dieu dit : Que la lumière soit, et la lumière fut.

Cela n'implique pas que la lumière fut créée à ce moment-là, mais qu'elle fut pour la première fois mise en action, et pénétra dans le sein des mers, comme le prouvent les organes visuels dont la plupart des animaux de cette période sont pourvus. Créée dès l'origine, quant à son essence, en même temps que tous les éléments de ce monde matériel, ce ne fut qu'à ce moment de la formation de la terre qu'elle se manifesta et rendit celle-ci visible.

La lumière est donc indépendante du soleil et l'a précédé. Le soleil, cependant, faisait partie des cieux que Dieu créa au commencement ; mais l'épais nuage de vapeurs et de gaz incandescents qui couvrait la terre le dérobait à celle-ci, pour laquelle il ne devint visible que le quatrième jour. Il est, en effet, admis aujourd'hui que la

lumière, l'électricité, la chaleur et le magnétisme sont autant de noms d'un même fait général qui se manifeste à la suite de diverses causes. Cette vérité, devenue de nos jours si élémentaire, avant que la science nous la fit connaître, avait embarrassé de bien grands esprits, tels que saint Augustin, les Pères de l'Eglise jusqu'à saint Thomas d'Aquin et Bossuet, tellement elle allait à rencontre des idées reçues de leur temps, qui faisaient du soleil la source de la lumière. Ils acceptaient le fait cependant sans pouvoir l'expliquer, persuadés que la Bible ne pouvait contenir de réelles contradictions. En réalité, ce verset, avant d'être compris par la science, avait donné lieu à bien des diflBcultés. Celse trouvait étrange que Moïse parlât du jour avant l'existence du soleil. Strauss disait : "Il y a trois choses impossibles, l'existence de la terre avant le soleil autour duquel elle gravite ; l'existence de la lumière avant le soleil qui la produit ; l'existence de plantes avant le soleil qui les échauffe et les vivifie." On connaît les sottes plaisanteries de Voltaire au sujet de la création de la lumière avant le soleil. "Comment, s'écrie-t-il, Dieu a-t-il pu créer la lumière avant le soleil, l'effet avant la cause, la conséquence avant le principe ? Incltnons-noua devant le auryiaturel.** — "Comment, ont répété en chœur les rationalistes et autres incrédules du siècle dernier, comment la prétendue inspiration qui dirigeait la plume de l'auteur de la Genèse ne l'a-t-elle sauvé d'une méprise si gros-

sière ?" Nous savons aujourd'hui qui avait raison, et sur qui retombe "une méprise si grossière". Ce qui devient ici risible, c'est l'assurance avec laquelle les ennemis de la religion ont toujours affirmé ce qu'ils ignoraient.

" Quand, la nuit, vous vous promenez dans les rues et que vous entrez dans de riches magasins, à la lueur du gaz, dit M- Gaussen, qu'est-ce qui vous éclaire ? Est-ce le soleil ? Il est couché derrière les montagnes ; il est entièrement disparu depuis longtemps au-dessous de l'horizon." Qui ne connaît aujourd'hui la lumière électrique? La lumière n'est donc pas le soleil, et Moïse, devançant de 4,000 ans les découvertes de l'esprit humain, n'exprimait donc que la vérité en plaçant l'apparition de la lumière au premier jour, et celle du soleil au quatrième jour, comme nous le verrons plus loin. Et c'est bien le cas de dire avec le grand Linné "qu'il est matériellement démontré que Moïse a écrit et n'a pu écrire que sous la dictée de l'auteur de la nature."

Après avoir cité les premiers versets de la Genèse sur l'œuvre du premier jour, l'auteur du Génie du Christianisme s'écrie : "Qu'y a-t-il de comparable à cette ouverture de la Genèse? Cette simplicité de langage, en raison inverse de la magnificence des faits, nous semble le dernier effort du génie. On ne montre pas comment un pareil style est beau. Dieu qui voit la lumière et qui, comme un homme content de son ouvrage, s'applaudit lui-même et la trouve bonne, est un

de ces traits qui ne sont point dans l'ordre des choses humaines. Cela ne tombe point naturellement dans l'esprit. Homère et Platon n'ont rien de semblable à cette naïveté imposante : c'est Dieu qui s'abaisse au langage des hommes^ pour leur faire comprendre ses merveilles, mais c'est toujours Dieu."

La lumière primitive dont s'éclaira le monde avant l'apparition du soleil, dut être produite par les actions chimiques si nombreuses et si puissantes à l'origine, mettant en vibration le fluide lumineux. C'est cette lumière et cette chaleur qui permettront aux plantes et même à quelques animaux inférieurs de naître et de se perpétuer.

Et Dieu vit que la lumière était bonne, (c'està-dire conforme au plan conçu dans sa souveraine sagesse.) Et Dieu sépara la lumière des ténèbres.

Et Dieu nomma la lumière jour et les ténèbres nuit. Et il y eui soir et il y eut matin. Ce fut le premier jour.

Second jour. — Division des eaux supérieures d'avec les eaux inférieures. Premières assises de l'écorce terrestre.

L'œuvre du second jour fut marquée par la séparation des eaux inférieures qui recouvraient la surface de la terre d'avec les eaux supérieures tenues au-dessus, amoncelées en nuages, au moyen de Vétendue et que nous appelons l'air ou l'atmosphère.

76 LA LUMIÈBE VISIBLE

L'étendue dont il est question dans le texte biblique, c'est le vide ou l'éther, ou l'immensité, et non le huitième ciel, ferme, solide, cristallisé et incorruptible d'Aristote et autres philosophes de l'antiquité, ni le firmament de saint Jérôme et autres anciens commentateurs, qui interprétèrent le texte de la Bible suivant les données scientifiques de leur temps. C'est encore moins la calotte de cristal posée au-dessus de la terre, et que se plaisait à citer Voltaire comme une preuve de l'ignorance de Moïse. Les mots de firmament, de voûte céleste, comme ceux du lever et du coucher du soleil, forment encore aujourd'hui partie du langage populaire sans préjudice quant à la question scientifique de la nature des cieux ; aussi les savants ne s'inquiètent nullement de ces expressions.

La création de l'étendue comprend le temps qui s'est écoulé entre l'introduction de la vie (création sous-marine) du premier jour et celle du troisième. Et la géologie, confirmant son dire, place également entre les strates qui renferment les débris fossiles de la première de ces créations, et celles qui renferment les débris fossiles de la seconde, une autre série de couches dont la formation a dû nécessiter des siècles.

C'est donc l'atmosphère qui divise les eaux de dessus, mers immenses, de celles de dessous. Nous savons que les œuvres du Seigneur sont admirables et dignes de sa sagesse infinie. Sans l'atmosphère du second jour, les plantes et les végétaux

n'auraient pu vivre au troisième, non plus que les reptiles et les oiseaux, les animaux terrestres et l'homme, les jours suivants. C'est l'atmosphère qui transporte le son, la lumière solaire, la chaleur, l'électricité ; sans elle toute vie serait impossible» Elle enlève les vapeurs de la surface des terres et des mers pour les déverser en neiges sur les montagnes, en rosées et en pluies fécondantes dans les campagnes.

Les géologues nous apprennent que la terre, à cette phase de son organisation, privée des rayons du soleil, devait présenter l'aspect d'une croûte à peine formée, faible radeau que minaient au-dessous les matières intérieures soumises à une haute température, rongée au-dessus par le remous incessant des eaux. L'enveloppe terrestre, ne pouvant résister à l'action du bouillonnement intérieur qui, dans ses profondeurs, n'avait pas encore éprouvé de refroidissement, se brisa plusieurs fois, tour à tour s'affaissant en éclatant, et se relevant brusquement ou par degrés. Des jets impétueux de matières liquides soulevaient et perçaient la croûte terrestre. Nul ne sait combien de temps dura cette lutte des éléments. Mais il ne devait pas en être toujours ainsi. La vapeur finit par se condenser en eau, couvrant la terre comme d'un immense océan. La période qui suivit fut témoin de la séparation du sec d'avec l'humide et de la formation des continents : ce fut le troisième jour.

Troisième jour. — Emergement des terres.-^ Premières traces de végétation terrestre. Dieu fait les plantes selon leur espèce.

Puis Dieu dit : Que les eaux se rassemblent sous les deux en un lieu unique, et que le sec apparaisse. Et ainsi fut. Et Dieu nomma le sec terre, et nomma l'amas des eaux mers.

L'œuvre du troisième consista en deux opérations distinctes :

1. La terre, jusqu'ici recouverte par les eaux, émerge et paraît enfin à la surface, qui s'épaissit et se solidifie, en se refroidissant toujours de plus en plus, tandis que les eaux s'écoulent pour n'occuper désormais que le lieu préparé pour elles ;

2. La vie commence sur la terre, qui produit des herbes, des plantes et des arbres.

Donc, première apparition des continents sur la vaste étendue des mers, et création des premières plantes terrestres : voilà, d'après la Bible, l'œuvre du troisième jour.

La géologie, de son côté, nous apprend que les eaux, pendant qu'elles recouvraient la terre, finirent, avec les siècles, par former des dépôts ou couches de différentes épaisseurs. Ces couches, subissant l'influence des causes naturelles établies par Dieu, furent soulevées à certains endroits par la force du feu central et émergèrent au temps fixé, pouvons-nous ajouter, par la Sagesse souveraine. Les eaux, en se retirant,

dessinèrent des continents et les îles propres à la végétation. Cet amas d'eau dut s'écouler soit dans des voies souterraines, soit dans le lit des ruisseaux, des rivières, des fleuves, soit dans le lit des mers, laissant à nue, comme nous venons de le dire, les parties soulevées le plus haut. L'expression des Livres sacrés, la terre est apparue, a surgi du sein des eaux, répond donc parfaitement à ce que nous enseigne la géologie sur les affaissements et les soulèvements de la masse en voie de formation à cette époque.

Dieu dit ensuite : Que la terre fasse germer de la verdure, de l'herbe portant graine, des arbres fruitiers, selon leur espèce, donnant du fruit qui ait en lui sa graine sur la terre, et cela fut ainsi.

Pendant longtemps la terre n'avait pu ni porter ni nourrir aucun être organisé, la température y étant trop élevée. La chaleur ayant diminué de façon à permettre la vie sur le globe, on vit d'abord apparaître les végétaux dont l'organisation était peu compliquée.

Le gazon, les plantes fourragères et les arbres, voilà la végétation que Moïse distingue et qui ornèrent les nouvelles terres. L'apparition de l'aride et la production des plantes terrestres se succèdent dans le même jour comme le moyen et la fin. Moïse ne fait ici aucune mention des plantes aquatiques ou souterraines. Il les a volontairement omises dans son énumération ou il faut les rapporter à l'œuvre du premier jour,

alors que l'Esprit de Dieu se mouvait à la surface des eaux. Nous l'avons d'ailleurs déjà fait remarquer : Moïse raconte seulement les grands phéno mènes de la création sans s'occuper des menus détails ; il relate l'apparition successive des plantes, des poissons, des reptiles, des oiseaux et des mammifères. Quant aux végétaux et aux petits êtres d'un ordre inférieur qui vivotaient au sein des mers primitives, des insectes et des moucherons qui voltigaient dans l'espace, l'auteur inspiré n'en parle point ; ils n'avaient en effet aucune importance pour les peuples auxquels il s'adressait et le but qu'il s'était proposé en écrivant. Moïse nous montre la classe d'êtres prédominants aux diverses époques, et le fait culminant de l'époque qui nous occupe maintenant est l'apparition des plantes, bien différentes toutefois de celles de nos jours.

C'est donc au commandement de Dieu que la terre se couvre de verdure, de plantes et d'arbres. Le commandement donné à la terre de produire les plantes et, au cinquième jour, aux eaux et à la terre de produire les animaux, n'implique pas une propriété donnée à la matière, mais seulement l'élément où Dieu a fait naître la vie. Le récit biblique ne laisse pas non plus à supposer que les végétaux proviennent d'éléments déjà existants, mais qu'ils furent le produit d'une intervention directe et positive du Créateur.

Les savants, les chimistes par exemple, dans leurs manipulations les plus compliquées, ne

peuvent pas plus produire le plus chétif vermisseau que la plus faible plante vivante.

" On a vu, dit M. Gaussen, des hommes de science comme sir James Hall et d'autres qui, dans leurs laboratoires, en prenant de la craie, de la silice, des matières végétales, sont parvenus, sous une forte chaleur et une puissante pression, à imiter les roches de la nature, à fabriquer du marbre comme celui de nos montagnes, de la houille comme celle qu'on brûle dans nos foyers, des silicates cristallisés comme les granités de nos Alpes et même, avec du charbon, de petits fragments d'un diamant, tel que celui qu'on cherche dans la terre. Mais est-il un chimiste qui puisse faire une plante vivante, une herbe seulement, une hysope, une mousse croissant sur la muraille, un fraisier, un bluet, une marguerite des champs ? On a rassemblé aux grandes expositions de Londres et de Paris toutes les merveilles de l'art humain ; mais tous les savants de l'univers et tous les industriels travaillant ensemble pendant mille ans, pourraient-ils composer un grain de blé vivant, un grain de pavot vivant, un grain contenant en germe, dans son intérieur, 10,000 plantes de blé, 100,000 millions de plantes de blé, ou 100,000 millions de plantes de pavot se succédant jusqu'à la fin du monde *'

Nous connaissons tous la réponse qui doit être faite à une pareille interrogation.

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