‹ La lumière visibleChapitre 31 sur 89 · B. Pôzzy, La Terre et le Récit biblique · texte numérisé non relu

B. Pôzzy, La Terre et le Récit biblique

les de singes et des fossiles d'hommes ; mais on est encore à mettre au jour des fossiles d'hommessinges.

On a déterré des crânes datant d'une très haute antiquité, d'après la nature des terrains dans lesquels ils se trouvaient. On disait que ces crânes devaient provenir d'individus d'un type inférieur, tenant le milieu entre la forme humaine et les singes anthropoïdes. Ces restes humains, après maintes discussions, ont été reconnus n'offrant, dans leur ensemble^ aucun caractère d'infériorité. Le crâne du squelette de Néanderthal est peut-être celui dont on a le plus parlé. Des anthropologistes le considéraient comme la forme crânienne la plus basse et la plus dégradée que nous aient livrée ces temps reculés, à tel point que les transformistes de l'école matérialiste affirmaient que ce crâne représentait un être intermédiaire entre le singe et l'homme, ou plutôt d'un hommesinge en voie d'évolution. M. de Quatrefages, l'auteur de V Unité de l'Espèce humaine, une autorité assurément en la matière, déclare "que le crâne de Néanderthal, en dépit de ses caractères curieux, n'en appartient pas moins à un individu qui, à en juger par les autres os qu'on a pu recueillir, ne s'écartait en rien du type moyen des races germaniques actuelles et ne se rapprochait nullement des singes . . Je n'hésite pas à conclure que le crâne de Néanderthal est un crâne de Celte."

Un autre anthropologiste de renom fait observer que plus (l'un homme de marque de nos temps

historiques, qu'il nomme, avaient des crânes semblables à celui du squelette de Néanderthal. D'ailleurs, en admettant que ce crâne eût réellement dénoté un type anormal, un être intermédiaire entre le singe et l'homme, il faudrait plus d'un exemple de cette nature pour conclure à un caractère de race, et tirer de là une présomption en faveur de l'origine simienne de l'humanité. Mais tel n'est pas le cas. Ce crâne de Néanderthal, comme ceux de Spy, de Menton, de Malarnaud, de la Chapelle-aux-Saintes, dans la Corrèze, découvert en 1905, du squelette de l'homme fossile de la Vallée de la Vézère, en Dordogne, en 1908, et autres, rentrent tous dans le type commun, et ne comblent nullement l'abîme qui sépare l'homme du singe. Ils prouvent tout au plus qu'une grande partie de l'Europe occidentale était habitée à une époque préhistorique par une race inférieure, mais franchement humaine, rendue misérable par l'âpreté du climat et les dures conditions de l'existence.

En 1912, on a découvert en Angleterre, près d'Ipswich, le squelette d'un homme ayant vécu bien avant le type de Néanderthal. C'était, au dire de M. J.-Reid-Moir, le plus ancien "Anglais" découvert jusqu'à ce moment. "On comprend, dit M. l'abbé Th. Moreux, qui rend compte de cette découverte dans Nos Ancêtres d'après la science, on comprend avec quelle avidité les transformistes s'informèrent de son état civil et de son signalement. On devait retrouver en

lui tous les caractères de l'homme de Néanderihal ; l'homme de la Chapelle-aux-Saintes serait un civilisé en comparaison ; en un mot, l'homme d'Ipswich devait être une brute voisine du singe.

" Et vous voyez d'ici les litanies recommencer, et la presse tout entière, qui ne manque jamais de signaler les découvertes préhistoriques "vieiUes de quatre cent mille ans" — excusez du peu — reprendre le vieux refrain de l'homme descendu du singe.

" Or, je ne connais pas un journal français qui ait annoncé la bonne nouvelle ; MM. les préhistoriens qui "donnent" d'habitude, sont restés muets. . . et pour cause.

"Déveine incroyable : l'homme d'Ipswich, "le squelette entier le plus ancien" que nous possédions, est du "type moderne".

De telles déconvenues nous justifient de suspendre notre jugement sur la valeur scientifique de toutes ces prétendues découvertes, et de contrôler avec soin les résultats qu'on en tire. La déception d'Ipswich ne sera pas la dernière des faillites sans cesse répétées de notre science bornée.

En définitive, ajoute un commentateur, chaque fois qu'on découvre un squelette, c'est un squelette d'animal ou un squelette d'homme, et jamais un squelettre d'entre-deux.

L'étude de l'anatomie n'est point favorable aux prétentions des transformistes touchant l'origine simienne de l'homme. "Le passage actuel du

singe à l'homme est fermé par des barrières que la science interdit de franchir. L'homme n'est pas un singe perfectionné ; le singe ne peut être regardé comme l'ébauche incomplète de l'homme *. "Chaque progrès positif fait dans le domaine de l'anthropologie préhistorique, disait naguère Virchow, dont l'autorité est si grande en ces matières, nous a éloignés de cette filiation originelle de l'homme . . . Toutes les recherches entreprises dans le but de retrouver la continuité dans les développements progressifs ont été sans résultat ; il n'existe pas d'homme-singe. Le chaînon intermédiaire demeure un fantôme . . . L'homme quaternaire était absolument semblable à l'homme actuel. . ." Telle est la conclusion à laquelle en est arrivé le célèbre professeur.

"L'homme qui a laissé des traces indubitables de son existence dans les terrains quaternaires les plus anciens, quoique bien inférieur sous certains rapports à l'homme de nos jours, ressemblait à celui-ci par tous les caractères vraiment essentiels. Malgré la sauvagerie de ses mœurs et la barbarie de quelques-unes de ses coutumes (anthropophagie, sacrifices humains), il était homme dans toute l'acception du mot, au triple point de vue anatomique, intellectuel et moral ^."

"En résumé, ni l'expérience, ni l'observation ne nous fournissent encore la moindre donnée

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