‹ La lumière visibleChapitre 33 sur 89 · I. M.éeQiamtntage», Happortww iM$ proçfréëdei'Anthropoioçte · texte numérisé non relu

I. M.éeQiamtntage», Happortww iM$ proçfréëdei'Anthropoioçte

La date de l'apparition de l'homme sur la terre étant indifférente à la religion et à la morale, la Bible n'enseigne rien à ce sujet ; elle ne dit nulle part : l'homme a été créé à telle date, et l'on peut là-dessus penser ce que l'on veut. La chronologie est du ressort de la science, et s'il y a eu erreur, c'est la science qui en est responsable et . . . excusable jusqu'à un certain point. Pendant longtemps les savants n'ont eu que la Bible comme document sérieux à consulter ; c'était beaucoup assurément ; mais les chiffres qu'elle indique ne sont pas absolument sûrs ; ils ont pu être facilement altérés par les copistes, et l'on sait toute la différence que peut apporter la simple transposition d'un signe, d'une lettre, d'un mot, lorsqu'il s'agit de chiffres. Ils ont d'ailleurs été reconnus comme incomplets, à tel point que les commentateurs eux-mêmes ne peuvent s'accorder sur une date unique, par suite des variantes qui existent à ce sujet entre les différentes versions de l'Ecriture, le texte hébreu, le texte samaritain et la version des Septante. Tel patriarche, par exemple, est mentionné dans les Septante, qui n'est pas indiqué dans le texte hébreu. Tel encore est donné dans S. Matthieu ou dans S. Luc pour le père de tel patriarche qui n'est que son grand-père, tel autre aïeul seulement.

Les Juifs avaient intérêt à raccourcir la période écoulée entre la création et la venue de Jésus- Christ, pour faire voir que le temps qui avait été assigné à la venue du Messie par leurs rabbins

n'était pas encore arrivé. Or, pendant les premiers siècles de l'ère chrétienne, ils étaient les seuls qui pussent lire le texte hébreu, qu'ils pouvaient altérer à leur aise. Ainsi l'abbé Pezron cite un passage de saint Julien, de Tolède, qui, en 686, accusait les Juifs d'avoir intentionnellement retranché de leurs annales une période de 1500 ans. D'après certaines traditions juives, le Messie ne devait venir qu'au sixième millénaire, et les rabbins, s'appuyant sur cette tradition, voulaient prouver contre les chrétiens que le Messie n'était pas encore paru. Il y a donc des lacunes qui ont pu être plus ou moins nombreuses et plus ou moins importantes dans les listes généalogiques des premières familles humaines, et qui rendent difficile, sinon impossible, l'adoption d'une date certaine relativement à l'apparition du premier homme. Des commentateurs (de la Bible) dit le Père Van Tricht dans une de ses Causeries, se sont un jour posé la question de l'antiquité de l'homme, en recousant, vaille que vaille, des lambeaux de chronologie trouvés dans les Livres Saints. Ils ont abouti à cent quarante opinions diverses, différant entre elles de plus de trois mille ana. La plus répandue avant les découvertes modernes faisait remonter la création d'Adam à aix mille ans d'ici ; c'est elle qui, faute de mieux, s'est introduite dans les histoires saintes; mais, ajoute le célèbre jésuite, elle n'a pas plus de valeur dogmatique qu'elle n'a de valeur scientifique.

De plus, les mots "fils d'un tel" n'ont pas, dans la langue hébraïque, la même signification que

dans les nôtres. Ils sont parfois employés avec le sens de descendants, comme, par exemple, lorsque, au sujet du Christ, nous lisons qu'il est le "Fils de David". Nous le savons, d'ailleurs, les généalogies bibliques ont quelquefois supprimé des filiations intermédiaires. "Les Orientaux, dans leurs généalogies, ne s'attachent qu'à une chose : suivre la ligne droite, sans s'inquiéter des intermédiaires ; mais des généalogies supprimées, ce sont des années, des siècles même qui se dérobent au calcul. Il n'y a donc, ni pour le déluge ni pour la création aucune date vraiment établie, et la Bible comporte toute la durée que la science se croira le droit d'assigner soit à l'homme soit à[la terre ^"

M. Sylvestre de Sacy, du siècle dernier, aussi éminent dans les sciences que grand chrétien, avait coutume de dire : "On s'inquiète de la chronologie biblique et de son désaccord avec les découvertes de la science moderne. On a grand tort, car il n'y a pas de chronologie biblique."

Rien n'est plus vrai que ce mot, ajoute M. l'abbé Pioger ^, et les catholiques, aussi bien que leurs adversaires, devraient toujours l'avoir présent à la pensée en s'occupant de l'histoire primitive de l'humanité. La chronologie n'existe en effet que là où se rencontrent des éléments réels, là où l'on possède des monuments qui contrôlent

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