I. Condle du Vatican. De fide
Par ma libre adhésion aux vérités de la foi, je rends ainsi à la puissajice et à l'intelligence souveraine de Dieu et à l'autorité infaillible de sa parole divine un hommage ayant pour base des motifs de crédibilité, c'est-à-dire des faits surnaturels qui attestent l'intervention personnelle de Dieu dans le monde. Il ne faut pas confondre néanmoins les raisons de croire avec la croyance ; elles ne font que rendre celle-ci possible, mais ne la créent pas ; elles me conduisent, selon le mot de saint Paul, à "une obéissance raisonnable."
Je me trouve donc, par rapport à la révélation 'et aux objets de la foi, dans une position semblable à celle où je suis placé touchant les choses de l'ordre naturel que je ne puis examiner par moi-même et que je crois en vertu d'un témoignage étranger. Du moment que les savants reconnaissent comme fondée un certain nombre de faits ou de théories, qu'ils les ont contrôlés par des calculs et des observations précises, l'homme n'éprouve aucune hésitation à les accepter comme des vérités certaines, bien qu'il soit souvent dans l'impossibilité d'en constater l'exactitude. De même pour tout ce que l'histoire ou les traditions authentiques nous apprennent sur les événements des siècles passés ; pour tout ce que les voyageurs nous racontent unanimement sur les lois, les coutumes et les productions des pays qu'ils ont parcourus. Il suffit que la critique ait reconnu certains caractères de véracité dans les témoins pour que l'homme s'en tienne à leurs récits et les admette avec la même confiance que s'il avait vu de ses propres
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yeux. Il n'exige pas davantage pour croire à la parole d'autrui que de pouvoir constater les titres de l'autorité et la valeur du témoignage ; d'être sûr qu'on ne se trompe pas et qu'on ne peut pas et qu'on n'a pas l'intention de le tromper ; cette condition prouvée, il ne lui reste plus le moindre doute. Or, cette certitude dans l'autorité de la révélation est évidente, puisqu'elle repose sur le témoignage de Dieu lui-même, nécessairement infaillible, rapporté par des témoins dont la bonne foi et la véracité sont universellement reconnues. Les dogmes que la révélation me fournit sont marqués de son sceau et par cela seul certains. Dieu seul pouvait nous apprendre des choses qui se sont accomplies à la création et à la rédemption de l'humanité ; lui seul peut nous faire connaître les dispositions de sa providence à l'égard du monde. Si donc nous n'hésitons pas à admettre, sur la garantie de personnes compétentes et véridiques, comme absolument vrais, des faits que nous n'avons pas vus et des théories que nous ne comprenons point, à plus forte raison devons-noua croire à la parole divine, et admettre des vérités qui dépassent notre intelligence dès qu'elles sont appuyées sur l'autorité de Dieu. L'acte de foi est donc dans son essence un acte de bonne et saine raison. Nous croyons à une Révélation dont Dieu est certainement l'auteur et dont aucun mystère, si indémontrable qu'il soit, n'implique contradiction.