‹ La lumière visibleChapitre 55 sur 89 · R. P. Caussette · texte numérisé non relu

R. P. Caussette

nous l'avons entendu, nous l'avons vu de nos yeux ; nous l'avons touché de nos mains," déclare l'apôtre saint Jean. Ils écrivent des faits extraordinaires, inouïs, sans crainte d'être démentis, parce qu'une infinité de gens, leurs contemporains, les ont vus comme eux ; tout le monde en parlait ; c'étaient des faits notoires, miraculeux, dont l'opinion publique était vivement préoccupée. Saint Matthieu et saint Jean vécurent pendant trois ans dans la compagnie intime; de Jésus. Saint Marc et saint Luc vivaient en Judée au temps de Jésus-Christ. Ils étaient tous deux du nombre des soixante-douze disciples. Saint Marc, dont la mère possédait à Jérusalem la maison qui devint le cénacle, fut d'abord attaché à saint Paul, puis devint le disciple et le secrétaire de saint Pierre ; il ne pouvait donc être placé dans de meilleures circonstances pour se bien renseigner. Saint Luc passe pour avoir été l'un des deux disciples que Jésus rejoignit sur le chemin d'Emmaûs après sa résurrection. Il était médecin, accompagna saint Paul dans ses derniers voyages, et il n'écrit qu'après s'être soigneusement enquis "auprès de ceux qui ont vu." Les quatre Evangélùites étaient donc de« historiens parfaitement renseignée, pouvant avoir et ayant eu une connaissance exacte de tout ce dont ils ont parlé. "On y saisit sur le vif les relations délicates du pouvoir romain et dee autorités juives, le conflit des attributions judiciaires du Sanhédrin avec celles du procureur de Rome.

Pharisiens, Sadducéens ot Scribes s'agitent bien vivants autour de la personne de Jésus. Jérusalem nous y apparaît avec ses monuments encore debout, avec ses grands prêtres révérés. Seuls, des contemporains ayant été mêlés à ce monde palestinien, ayant vécu au milieu des hommes «t des choses, ont pu décrire avec pareille justesse un milieu à ce point compliqué. Après le bouleversement profond causé par la catastrophe de l'an 70, une aussi exacte restitution d'un passé à jamais disparu eût été pour tout autre absolument impossible ^" Les détails géographiques, les noms des villes, des villages, des rivières, des montagnes, contenus dans les Evangiles, sont d'une telle exactitude, qu'il faut que les Evangélistes, témoins occulaires, aient connu personnellement les lieux.

" La figure de Jésus a une telle couleur locale dans les trois premiers évangiles, et l'araméen, qui était sa langue maternelle, apparaît partout si visiblement (dans le style actuel des récits), qu'un italien du 2e siècle n'aurait jamais pu inventer une telle physionomie. Ce n'est point à la cour des empereurs, ni dans la Rome du 2e siècle, ni dans la tête d'un poète grec, mais en Gahlée et dans la réalité de la vie, que Jésus a son origine. C'est près du lac où les pêcheurs jettent leurs filets, c'est sur la montagne où

1. Lepin, Jétus, M une et FiU de Dieu, d'après les Evatigilea 9pnop(iqvPs.

fleurissent les lis rouges et où le blé ondule au vent du soir . . . , c'est là qu'est la patrie de Jésus, c'est là qu'il a réellement vécu. Cette vie éclate encore dans ses paroles *."

Les siècles n'ont rien enlevé de leur certitude aux faits que les Apôtres ont ainsi rapportés dans l'Evangile. Ils n'en sont pas moins certains aujourd'hui qu'au moment où ils venaient de s'accomplir, et la plupart de ces faits ne sont que la réalisation des prophéties de l'Ancien Testament, ce qui en démontre leur caractère surnaturel et divin.

D'autre part, ils n'avaient aucun intérêt à nous tromper. Et l'eussent-ils voulu, qu'ils ne l'auraient pu. Ils n'auraient jamais réussi à faire admettre comme vrais les événements qu'ils racontent à des contemporains et à des témoins tout aussi bien renseignés qu'eux-mêmes, et surtout les Juifs n'aunaient pas manqué de les confondre de leur imposture, si les récits évangéliques et les miracles qu'ils rapportent n'avaient pas été incontestables. Aussi, Quadratus, évêque d'Athènes, qui prêchait dès les temps apostoliques, a-t-il pu écrire sans être démenti : "Les miracles de Notre Sauveur étaient vrais ; les malades guéris et les morts ressuscites par lui n'ont pas été vus seulement au moment de leur guéri.son ou de leur résurrection, mais ils sont restés dans le pays pendant le temps que le

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