Docteur Chalmers
science se forme, se constitue, s'organise, dès qu'elle existe, elle revient à l'Ecriture Sainte. Nous opposerons donc aux décisions hâtives des savants les verdicts d'une science mieux informée, de la science impartiale, la seule qui mérite notre attention et dont les jugements comptent pour quelque chose.
Les difficultés qui surgissent entre la science et la foi peuvent encore avoir po ir cause l'ignorance religieuse. Tous n'en sont pas, comme le baron de Breteuil, à attribuer à Moïse l'oraison dominicale, ni à entendre pour la première fois, comme ce pauvre François Arago, la même prière récitée par la sœur veillant sur son agonie ; mais, en général, les savants matérialistes n'ont qu'une idée bien confuse de la religion ou l'ignorent absolument, aussi bien que les motifs de crédibilité pour le croyant. Ils sont incapables de parler sciemment des dogmes et des récits bibliques. Ils traitant la religion, les dogmes les plus sacrés d'hypothèses, tandis que leur science est un fait qui a pour base l'observation et pour instrument le raisonnement. Trop absorbés par leurs études spéciales, ils ne se donnent pas le loisir de lever la tête et de s'occuper un peu de ce qu'il leur importerait le plus de savoir, les vérités éternelles. Ils ne soupçonnent pas que le sentiment religieux repose sur des faits, que la foi suppose des motîil de crédibilité reconnue par ce même instrument qui est le raisonnement. Lorsque ces savants
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s'aventurent sur le terrain de la religion, qu'ils connaissent à peine, il n'est pas étonnant, vu leur incompétence absolue à aborder un pareil sujet, de voir l'amas d'absurdités, de critiques injustes, d'imputations injurieuses, qu'ils lancent à l'adresse des croyants, des catholiques surtout, pour qui la religion, supposent-ils, n'est qu'un acte d'obéissance aveugle. La vérité est qu'il n'y a pas un chrétien éclairé, un catholique instruit, qui ignore que son assentiment aux choses révélées dépend de la certitude acquise du motif qui nous fait adhérer, et cette certitude est le fruit d'une opération rationnelle.
Des désaccords entre la science et la foi sont même susceptibles de se produire entre gens de parfaite bonne foi, désaccords, toutefois, qu'une étude plus approfondie ne tarde guère à dissiper. De simples malentendus, la faiblesse de notre esprit, le manque de méthode dans la recherche de la vérité, une ardeur scientifique ou exégétique trop pressée à conclure, en sont généralement la cause. La Bible, nous le savons, n'a rien à redouter de la science ; mais il n'en est pas de même des commentateurs qui prétendent nous en donner l'intelligence. "La Bible et la nature, dit Kurtz, double langage d'un même Dieu, ne peuvent que s'accorder. S'il nous arrive de ne pas trouver cet accord, il faut que l'exégèse du théologien, ou celle du naturaliste soit en défaut."
"Tenons fermement, dit Reusch S à ce principe à la fois si simple et si important ; il pourra nous consoler et nous apporter le calme au milieu des difficultés et des obstacles que nous rencontrerons sur notre route La Bible ne contient aucune erreur, car c'est un livre écrit sous l'assistance miraculeuse de Dieu ; la nature également ne nous enseigne aucune erreur, car elle est l'œuvre du même Dieu dont la Bible est la parole : c'est le même Dieu qui, dans les paroles de la Bible et dans les signes muets de la nature, parle à l'esprit de l'homme. Mais, ne l'oublions pas, l'esprit humain peut se tromper, et quoique la nature et la Bible soient deux rayons échappés du même foyer, il se pourrait que nous ne comprissions pas dans leur véritable sens les paroles de la Bible et les phénomènes de la nature. Devons-nous conclure de là qu'il y a contradiction entre la révélation et la nature? Non, ce n'est là qu'une illusion que la vérité mieux connue fera disparaître ... La contradiction n'est donc qu'apparente et doit être attribuée, soit à une erreur de l'exégète, qui n'a point saisi dans leur véritable sens les paroles de la Bible, soit à une erreur du naturaliste, qui n'a pas convenablement approfondi les faits ou n'a pas su distinguer la réalité de l'hypothèse." La Bible, bien comprise, n'a donc rien à redouter des progrès de la science ; elle en reçoit même un précieux concours et la confirmation de ses enseignements.