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de la première, ce qui portait un critique à ajouter mélancoliquement que la science devrait bien achever de se former elle-même, avant de chercher à réformer la religion. L'hypothèse, en effet, n'avait été que trop souvent le fondement de beaucoup de systèmes de géologie, de paléontologie, d'anthropologie et même d'astronomie.
La conséquence est que l'on ne peut apporter une trop grande réserve chaque fois que l'on peut être appelé à aflirmer une proposition comme établie avec certitude, et à se prononcer sur sa conformité ou son opposition avec la vérité révélée. "Je vois que rien n'est plus conforme au véritable esprit scientifique, dit encore M. Ollé-Laprune, que de prendre les faits comme ils Bont et de rejeter toute explication qui ne les conserverait point en leur intégrité et en altérerait la forme. S'il y a un fait qui diffère de tous les autres et nous place sur le seuil d'un autre monde que le monde accessible à la science proprement dite, c'est être fidèle à l'esprit de la science que de savoir, en reconnaissant ce fait, dépasser la science... Ce n'est pas la science, ajoute-t-il, qui est incompatible avec le Christianisme, mais une certaine philosophie qui dépasse la science et qui, n'en ayant pas les étroites limites, n'en a pas l'irréfragable autorité. Ce n'est pas le mode scientifique ou moderne de penser qui est démenti par le Christianisme ou le dément, mais une certaine façon de penser suggérée par la science sans être par elle autorisée, et se rencontrant chez beaucoup
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de modernes sans être pour cela la forme nécessaire, authentique et légitime de la pensée moderne."
Je disais, il y a un instant, qu'une des causes de conflit entre la science et la religion, c'était de mettre au compte de la science des assertions qui lui sont étrangères et qu'elle ne peut contrôler. Voici un exemple : "Les premiers hommes, dit Herbert Spencer, étaient des sauvages à peine sortis de l'animalité, des brutes violentes, féroces, très peu différentes des bêtes fauves, sans conscience ni cœur." Qu'en sait-il ? De telles déclarations, vrais jeux de l'imagination, font sourire l'homme d'étude, habitué à réfléchir sur les méthodes et les règles du raisonnement, celui qui sait que les jugements vrais, démontrés et évidente, sont à la base de la connaissance scientifique. Spencer ne s'est pas même demandé si l'état sauvage des premiers hommes qu'il se plaît ainsi à décrire, n'aurait pas été plutôt une déchéance qu'un début pour l'humanité.
I-A chronologie, l'ancienneté de l'homme, son origine, celle des industries, sont des choses que nos moyens d'investigation limités à la méthode d'observation, ne nous ont pas encore permis d'éclaircir, et ne nous permettront jamais de pénétrer, et mieux vaut, en pareil cas, s'abstenir que de confondre les méthodes et de prétendre tirer de ces sciences ce qu'elles ne peuvent pas nous donner. Le devoir de ceux qui s'occupent de science, en présence de difllcult^ de cette nature, est de rester
dans une sage réserve et de récuser toutes les théories anticipées que certains auteurs, que mènent l'esprit de système, se plaisent à lancer dans la circulation. "Savoir qu'il y a des choses •que nous ne pouvons savoir, est, en soi, une connaissance aussi précieuse que sûre. Il n'y a point de plus grand service à rendre à la science, que la juste détermination de ses limites \"
Quand nous parlons de conciliation entre la science et la foi, nous entendons parler de 1» science vraie, sérieuse, digne de ce nom. Celle-là ne nous cause pas la moindre appréhension ; nous l'invoquons avec la plus entière sécurité, en témoignage, à l'appui de nos croyances. L'homme de foi sait très bien qu'il n'a rien à craindre de la lumière que pourront projeter lea découvertes scientifiques futures. Nous sommes toujours prêts à nous incliner devant les faits certains, avérés, irrécusables, et cela avec d'autant plus d'empressement que nous savons que les faits de cette nature sont la meilleure réponse aux attaques dirigées contre les Livres Saints. On a longtemps cru, faute de connaître la création et spécialement la géologie, remarque Ernest Hello, que le récit de Moïse était incompatible avec les découvertes de la science. Il se trouve, quand ces découvertes prennent certains développements et sont placés dans la lumière, qu'elles rendent témoignage au récit de Moïse . . . Dès que la