‹ La lumière visible [microforme]Chapitre 15 sur 79 · L'Origine et le développement de la vie sur le globe · texte numérisé non relu

L'Origine et le développement de la vie sur le globe

est dans l’espace, Dieu est nécessaire pour créer cet espace ; si tout se résume dans les molécules, Dieu est nécessaire pour créer ces molécules : tous les phénomènes physiques, quelle que soit leur nature, ne sont que des manifestations d’une force primordiale, Dieu est nécessaire pour créer cette force. En remontant toute la chaîne des êtres, la monère, la bactérie, le protoplasme lui. même, ont eu un commencement. Dieu est nécessaire pour cette œuvre initiale de la vie, et il est aussi impossible d'imaginer un palais sans un architecte, que le globe sans créateur. Au milieu des incertitudes et des hésitations de la science, l’homme rencontre avec bonheur le roc inébranlable sur lequel reposent ses suprêmes espérances”.

Lord Kelvin, cet éminent physicien dont ls science pleure encore aujourd’hui la perte, écrivait en 1906 dans le NINETEENTH CENTURY ces paroles non moins remarquables : ‘“ Je ne puis laisser dire qu'en ce qui touche à l’origine de la vie, la science n’affirme ni ne nie de force créatrice. La science exige positivement une force créatrice.” Il faut donc ici que Dieu intervienne par son pouvoir créateur, gt c'est ce que Moïse nous fait comprendre en disant : “L'Esprit de Dieu planait à la surface des eaux.”

L'Esprit de Dieu, principe vivifiant, planait à la surface des eaux ; il planait en silence au-dessus de cette masse ténébreuse et solitaire, dispersée, sans beauté, sans ordre, pour y faire naître la vie dont il est la source. Sans doute, l'Esprit de

Dieu ne peut être limité par aucun point de | l'espace ; mais Moïse précise sa présence au-dessus | des eaux pour indiquer qu’à ce moment même } l'Esprit de Dieu les fécondait et y faisait pour la première fois apparaître la vie dans le monde, : avant l’apparition de la lumière, longtemps avant

la séparation du sec d'avec l’humide, bien long-

| temps avant la formation des plantes et desani-

maux terrestres.

C’est donc au fond des eaux, dans les créations

| sous-marines, que se manifestent les premières : traces de la vie sur notre globe. Le règne végétal | y est représenté par des algues, sans branches ni | feuilles ; le règne animal par les zoophytes, les | mollusques, les crustacés, les fucoïdes, êtres

vivants, éclos au fond des mers, dont les genres

| les plus anciens, comme nous le démontre la

géologie, sont privés de la vue, la lumière n'existant

| pas encore.

Moïse ne se proposant pas de nous donner un exposé scientifique de l’origine du monde, ne dit

| pas expressément que Dieu créa les zoophytes

et les mollusques acéphales d’abord, puis les

| céphalopodes et les crustacés, dont ptincipale-

ment les trilobites, qui empruntent leur nom à la partie dorsale de leur carapace divisée en trois lobes, puis enfin les poissons ; mais il l’atteste à sa manière en disant que Dieu féconda l’abtme des eaux avant l'apparition de la lumière, qu’il le féconda encore pendant et après, c’est-à-dire depuis le premier jour jusqu’au commencement

du troisième, alors qu'ayant séparé le sec d'avec l’humide, l’abitme des eaux disparut pour faire place aux continents et aux mers, comme nous l’apprendla géologie. Moïse ne nous dépeint chaque période de la création que dans ses traits caracté. ristiques, et il nous suffit de savoir que dans ce qu'il a dit, il a dit la vérité.

Nous venons de mentionner qu’au moment de l’éclosion de la vie au fond des eaux, la lumière n'avait pas encore pénétré leur profondeur ; Mais elle ne devait pas tarder à se manifester.

Et Dieu dit: Que la lumière soit, et la lumière fut.

Cela n'implique pas que la lumière fut créée ! à ce moment-là, mais qu’elle fut pour la première fois mise en action, et pénétra dans le sein des mers, comme le prouvent les Organes visuels dont la plupart des animaux de cette période sont pourvus. Créée dès l’origine, quant à son essence, en même temps que tous les éléments de ce monde matériel, ce ne fut qu’à ce moment de la formation de la terre qu’elle se manifesta et rendit celle-ci visible. ,

pendante du soleil et

Le soleil, cependant, faisait partie

e Dieu créa au commencement :

mais l’épais nuage de Vapeurs et de gaz incandescents qui couvrait la terre le dérobait à celle-ci, pour laquelle il ne devint visible que le quatrième jour. Il est, en effet, admis aujourd’hui que la

mière, l'électricité, la chaleur et le magnétisme nt autant de noms d’un même fait général qui manifeste à la suite de diverses causes. Cette rité, devenue de nos jours si élémentaire, avant e la science nous la fit connaître, avait embarsé de bien grands esprits, tels que saint Augus- , les Pères de l'Eglise jusqu’à saint Thomas \quin et Bossuet, tellement elle allait À l’encondes idées reçues de leur temps, qui faisaient soleil la source de la lumière. Ils acceptaient fait cependant sans pouvoir l'expliquer, perdés que la Bible ne pouvait contenir de réelles tradictions. En réalité, ce verset, avant d’être ipris par la science, avait donné lieu à bien des cultés. Celse trouvait étrange que Moïse parlât jour avant l'existence du soleil. Strauss disait : y à trois choses impossibles, l'existence de la e avant Je soleil autour duquel elle gravite É stence de la lumière avant le soleil qui la pro- ; l'existence de plantes avant le soleil qui les uffe et les vivifie.” On connaît les sottes plaieries de Voltaire au sujet de la création de la ère avant le soleil. “Comment, s’écrie-t-il, | a-t-il pu créer la lumière avant le soleil, l'effet t la cause, la conséquence avant le principe ? nons-nous devant Le surnaturel.” —“Comment, répété en chœur les rationalistes et autres dules du siècle dernier, comment la prétendue ration qui dirigeait la plume de l’auteur de la se ne l’a-t-elle sauvé d’une méprise si gros-

sière ?”’ Nous savons aujourd’hui qui avait raison, et sur qui retombe ‘une méprise si grossière”, Ce qui devient ici risible, c'est l’assurance avec laquelle les ennemis de la religion ont toujours affirmé ce qu'ils ignoraient.

“Quand, la nuit, vous vous promenes dans les rues et que vous entres dans de riches magasins, à la lueur du gaz, dit M. Gaussen, qu'est-ce qui vous éclaire? Est-ce le soleil? Il est couché derrière les montagnes ; il est entièrement disparu depuis longtemps au-dessous de l’horison.” Qui ne connaît aujourd’hui la lumière électrique? La lumière n’est donc pas le soleil, et Moise, devançant de 4,000 ans les découvertes de l'esprit humain, n’exprimait donc que la vérité en plaçant l'apparition de la lumière au premier jour, et celle du soleil au quatrième jour, comme now le verrons plus loin. Et c’est bien le cas de dire ave: le grand Linné “qu’il est matériellement démontré que Moïse a écrit et n’a pu écrire que sous la dictée de l’auteur de ia nature.”

Après avoir cité les premiers versets de la Genèse sur l’œuvre du premier jour, l’auteur du Génie du Christianisme s'écrie : “Qu'y a-t-il de comparable à cette ouverture de la Genèse?

Cette simplicité de langage, en raison inverse de la magnificence des faits, nous semble le dernier effort du génie. On ne montre pas comment un pareil style est beau. Dieu qui voit la lumière et qui, comme un homme content de son ouvrage, s’applaudit lui-même et la trouve bonne, est un

de ces traits qui ne sont point dans l’ordre des choses humaines. Cela ne tombe point naturellement dans l'esprit. Homère et Platon n'ont rien de semblable à cette naïveté imposante : c'est Dieu qui s’abaisse au langage des hommes, pour leur faire comprendre ses merveilles, mais c'est toujours Dieu.’

La lumière primitive dont s’éclaira le monde avant l'apparition du soleil, dut être produite par les actions chimiques si nombreuses et si puissantes À l’origine, mettant en vibration le fluide lumineux. C'est cette lumière et cette chaleur qui permettront aux plantes et même à quelques animaux inférieurs de naître et de se perpétuer.

Et Dieu vit que la lumière était bonne, (c'esti-dire conforme au plan conçu dans sa souveraine sagesse.) Et Dieu sépara la lumière des ténèbres.

Et Dieu nomma la lumière jour et les ténèbres nul. Et il y eut soir et Ü y eut matin. Ce fut le premier jour.

Second jour.—Division des eaux supérieures d'avec les eaux inférieures. Premières assises de l'écorce terrestre,

L'œuvre du second jour fut marquée per la séparation des eaux inférieures qui recouvraient la surface de la terre d'avec les eaux supérieures tenues au-dessus, amoncelées en nuages, au moyen de l'étendue et que nous appelons l’air ou l’atmos-

re,

L'étendue dont il est question dans le texte biblique, c’est le vide ou l’éther, ou l’immensité, et non le huitième ciel, ferme. solide, cristallisé et iacorruptible d’Aristote et autres philoscphes de l'antiquité, ni le firmament de saint Jérôme et autres anciens commentateurs, qui interprétèrent le texte de la Bible suivant les données scientifiques de leur temps. C’est encore moins la calotte de cristal posée au-dessus de la terre, et que se plaisait à citer Voltaire comme une preuve de l’ignorance de Moïse. Les mots de firmament, de voûie céleste, comme ceux du lever et du coucher du soleil, forment encore aujourd’hui partie du langage populaire sans préjudice quant à la question scientifique de la nature des cieux ; aussi les savants ne s'inquiètent nullement de ces expressions.

La création de l'étendue comprend le temps qui s'est écoulé entre l'introduction de la vie (création sous-marine) du premier jour et celle du troisième. Et la géologie, confirmant son dire, place également entre les strates qui renferment les débris fossiles de la première de ces créations, et celles qui renferment les débris fossiles de ls seconde, une autre série de couches dont la formstion a dû nécessiter des siècles.

C’est donc l’atmosphère qui divise les eaux de dessus, mers immenses, de celles de dessous. Nous savons que les œuvres du Seigneur sont admirsbles et dignes de sa sagesse infinie. Sans l’atmos phère du second jour, les plantes et les végétaur

n'auraient pu vivre au troisième, non plus que les reptiles et les oiseaux, les animaux terrestres et l’homme, les jours suivants. C’est l’atmosphère qui transporte le son, la lumière solaire, la chaleur, l'électricité ; sans elle toute vie serait impossible. Elle enlève les vapeurs de la surface des terres et des mers pour les déverser en neiges sur ls montagnes, en rosées et en pluies fécondantes dans les campagnes.

Les géologues nous apprennent que la terie, à cette phase de son Organisation, privée des rayons du soleil, devait présenter l'aspect d’une croûte à peine formée, faible radeau que minaient au-dessous les ma:ières intérieures soumises à une haute température, rongée au-dessus par le remous incessant des eaux. L’enveloppe terrestre, ne pouvant résister à l’action du bouillonnement intérieur qui, dans ses profondeurs, n'avait pas encore éprouvé de refroidissement, se brisa plusieurs fois, tour à tour s’affaissant en éclatant, et se relevant brusquement ou par degrés. Des jets impétueux de matières liquides soulevaient et perÇaient la croûte terrestre. Nul ne sait combien de temps dura cette lutte des éléments. Mais il ne devait pas en être toujours ainsi. La vapeur finit par se condenser en eau, couvrant la terre comme d’un immense océan. La période qui suivit fut témoin de la séparation du sec d’avec l’humide et de la formation des continents : ce fut le troisième jour.

Troisième jour.—Emergement des terres. Premières traces de végétation terrestre." Dieu fait les plantes selon leur. espèce.

Puis Dieu dit : Que les eaux se rassemblent sous les cieux en un lieu unique, et que le sec apparaisse. Et ainsi fut. Et Dieu nomma le sec terre, et nomma l’amas des eaux mers.

L'œuvre du troisième consista en deux opérations distinctes :

1. La terre, jusqu'ici recouverte par les eaux, émerge et paraît enfin à la surface, qui s’épaissit et se solidifie, en se refroidissant toujours de plus en plus, tandis que les eaux s’écoulent pour n’occuper désormais que le lieu préparé pour elles ;

2. La vie commence sur la terre, qui produit des herbes, des plantes et des arbres.

Donc, première apparition des continents sur la vaste étendue des mers, et création des premières plantes terrestres : voilà, d’après la Bible, l’œuvre du troisième jour.

La géologie, de son côté, nous apprend que les eaux, pendant qu’elles recouvraient la terre, finirent, avec les siècles, par former des dépôts ou couches de différentes épaisseurs. Ces couches, subissant l'influence des causes naturelles établies par Dieu, furent soulevéer à certains endroits par la force du feu central et émergèrent au temps fixé, pouvons-nous ajouter, par la Sagesse souveraine. Les eaux, en se retirant,

dessinèrent des continents et les îles propres à la végétation. Cet amas d’eau dut s'écouler soit dans des voies souterraines, soit dans le lit des ruisseaux, des rivières, des fleuves, soit dans le lit des mers, laissant À nue, comme nous venons de le dire, les parties soulevées je plus haut. L'expression des Livres sacrés, la terre est apparue, a surgi du sein des eaux, répond donc parfaitement à ce que nous enseigne la géologie sur les affaissements et les soulèvements de la masse en voie de formation à cette époque.

Dieu dit ensuite : Que la terre fasse germer de la verdure, de l'herbe portant graine, des arbres fruitiers, selon leur espèce, donnant du frut qui ait en lui sa graine sur la terre, et cela fut ainsi.

Pendant longtemps la terre n'avait pu ni porter ni nourrir aucun être organisé, la température y étant trop élevée. La chaleur ayant diminué de façon à permettre ia vie sur le globe, on vit d’abord apparaître les végétaux dont l’organisation était peu compliquée.

Le gazon. les plantes fourragères et les arbres, voilà la végétation que Moïse distingue et qui ornèrent les nouvelles terres. L'apparition de l'aride et la production des plantes terrestres se succèdent dans le même jour comme le moyen et la fin. Moïse ne fait ici aucune mention des plantes aquetiques ou souterraines. |] les a volontairement omises dans son énumération ou il faut les rapporter à l’œuvre du premier jour,

8e LA LUMIÈRE VISIBLE

alors que l'Esprit de Dieu se mouvait à la surface des eaux. Nous l’avons d’ailleurs déjà fait remarquer : Moïse raconte seuleraent les grands phéno mènes de la création sans s'occuper des menus détails ; il relate l'apparition successive des plantes, des poissons, des reptiles, des oiseaux et des mammifères. Quant aux végétaux et aux petits êtres d’un ordre inférieur qui vivotaient au sein des mers primitives, des insectes et des moucherons qui vol. tigaient dans l’espace, l’auteur inspiré n’en parle point ; ils n’avaient en effet aucune importance pour ies peuples auxquels i] s’adressait et le but qu'il s'était proposé en écriv-nt. Moïse nous montre la classe d'êtres prédom::-nts aux diverses époques, et le fait culminant de ; époque qui nous occupe maintenant est l'apparition des plantes, bien différentes toutefois de celles ie nos jours. C'est donc au commandement .e Dieu que la terre se couvre de verdure, de plantes et d’arbres. Le commandement donné à la terre de produire les plantes et, au cinquième jour, aux eaux et à la terre de produire les animaux, n'implique pas une propriété ‘onnée à la matière, mais seulement l'élément où Dieu a fait naître la vie. Le récit biblique ne laisse pas non plus à supposer que les végétaux proviennent d'éléments déjà existants, mais qu'ils furent le produit d’une intervention directe et positive du Créateur. Les savants, les chimistes par exemple, dans leurs manipulations les plus compliquées, ne

peuvent pas plus produire le plus chétif vermisseau que la plus faible plante vivante.

‘On a vu, dit M. Gaussen, des hommes de science comme sir James Hall et d’autres qui, dans leurs laboratoires, en prenant de la craie, de la silice, des matières végétales, sont Parvenus, sous une forte chaleur et une puissante pression, à imiter les roches de la nature, à fabriquer du marbre comme celui de nos montagnes, de la houille comme celle qu’on brûle dans nos foyers, des silicates cristallisés comme les granites de nos Alpes et même, avec du charbon, de petits fragments d’un diamant, tel que celui qu’on cherche dans la terre. Mais est-il un chimiste qui puisse faire une plante vivante, une herbe seulement, une hysope, une mousse croissant sur la muraille, un fraisier, un bluet, une marguerite des champs? On a rassemblé aux grandes expositions de Londres et de Paris toutes les merveilles de l’art humain ; mais tous les savants de l’univers et tous les industriels travaillant ensemble pendant mille ans, pourraient-ils composer un grain de blé vivant, un grain de pavot vivant, un grain contenant en germe, dans son intérieur, 10,000 plantes de blé, 100,000 millions de plantes de blé, ou 100,000 millions de plantes de pavot se succédant jusqu’à la fin du monde !”

Nous connaissons tous la réponse qui doit être faite à une pareille interrogation.

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