Le premier chapitre de la Genèse
Quant à la génération spontanée, il y a longtemps qu’il n’en est plus question parmi les savants sérieux, qui poursuivent un autre but que celui d'évincer Dieu de la création.
Relativement aux différences spécifiques qui distinguent entre eux les végétaux, elles ne sont pas l'effet de modifications lentes et progressives : mais elles ont été produites Par un acte souverain de la volonté de Dieu, qui les créa selon leur espèce.
L'hypothèse de Darwin, qui fait remonter l’origine des végétaux et des animaux à la cellule ovulaire, prototype de tout être organisé, ne fait que reculer la difficulté d'expliquer la création sans l'intervention divine. Qui nous dira, sans l’intervention de Dieu, l’origine de cet embryon rudimentaire et de scan soi-disant caractère de transmutation indéfinie ?
Il y eut donc ici une création véritable. Elle se distingue par son abondance et sa luxuriance extraordinaires.
‘A aucune autre époque, dit le savant Hugues Miller, le monde ne fut témoin d’une pareille flore. La jeunesse de la terre fut particulièrement une jeunesse de sombres et épaisses forêts, de sapins gigantesques et d'énormes araucarias, de calamites et de fougères arborescentes, de sigillarias et de lépidodendrons. Partout Où apparaissaient la terre sèche, le lac marécageux, depuis les steppes glacées de Melville sous l'étoile du pôle, jusqu'aux plaines arides de l’Australie, un riche
et luxuriant herbage recouvrait le sol humide et échauffé. Pour les planètes éloignées, notre terre dut paraître, à travers le nuage qui l’enveloppait, comme un point vert tendre !.”
Une végétation incomparable, dont la luxuriance n’a jamais été égalée depuis, couvrait donc alors toutes les parties du globe émergées au-dessus des eaux. A en juger par l'étendue et l'épaisseur des gisements carbonifères, dit-on encore, des forêts et des tourbières sans nombre durent, les unes «près les autres, se succéder à la surface des Îles et des continents de cette période, puis être englouties sous les eaux, pour former ces puissantes masses de houille que nous exploitons aujourd’hui. La moitié au moins de ces plantes primitives était de la famille des fougères. Onen a compté jusqu’à deux cent cinquante espèces, dont la plupart dépassaient en élévation les géants de nos forêts actuelles. Et tout cela poussait sous l'influence combinée de la lumière primitivement créée, de la chaleur et de l'humidité, sous une masse de vapeurs et de nuages qui cachait encore le soleil et empéchait son action rayonnante de se faire sentir à la surface des terres nouvellement émergées, comme le témoigne la contexture molle, pulpeuse et cellulaire de tous les végétaux de cette époque. C'était une végétation de serre chaude, uniforme et n'ayant pas d’autre couleur que le vert, sans un fruit, sans une fleur. Elle purifiait l'atmosphère en absor-