‹ La lumière visible [microforme]Chapitre 26 sur 79 · FU, SONT ON SUR NP AN OT NS RO · texte numérisé non relu

FU, SONT ON SUR NP AN OT NS RO

maux qui ont disparu. Or, que de siècles n'ont pas été nécessaires pour la destruction de ces espèces ? La disparition d’une espèce animale ou végétale dépend plutôt des circonstances, changement de climat, etc., que de la durée du temps. Plus de 40 espèces d'animaux, d'oiseaux, se sont éteintes depuis les temps historiques. Si les circonstances fussent demeurées les mêmes, ces espèces existeraient encore. On cite des espèces qui ont disparu depuis le commencement du siècle dernier. Les buffies, qui parcouraient en troupeaux innombrables nos plaines de l'Ouest, ont été exterminés dans l’espace d’une cinquantaine d'années. Leurs ossements blanchissent aujourd’hui la prairie. On estimait en 1869 que, depuis 25 ans, pas moins d'un million de bisons avaient été tués annuellement. Sion entassait, non pas tous les ossements, mais les crânes seulement qui jonchent les prairies, je suis convaincu, dit, un voyageur, qu'on en ferait une montagne plus haute que le Cap Tourmente. Comme on le voit, la disparition d’une espèce dépend plutôt des circonstances que de la durée des siècles. Je ne dirai rien ici des causes du massacre des buffles, dont l’espèce serait aujourd’hui probablement éteinte si on n’avait pas rassemblé les derniers individus qui restaient dans ces provinces ; et que l’on garde avec soin dans des parcs particuliers.

On insiste cependant : “Ces débris humains, ces silex, mêlés aux restes des plus anciens mammi-

fères, où les trouve-t-on ? Sous des couches de terrain qui se sont déposées lentement, pendant des milliers de siècles. Et dès lors, qui peut calculer la haute antiquité de l’homme ?

“Mais, d’abord, pour que ce raisonnement eût quelque valeur, il faudrait constater trois choses : lo l’objet trouvé est-il réellement un produit de l’industrie humaine ? 20 la couche où il gisait était-elle intacte, tant de la part des hommes que de la part des éléments ? 30 quel est l’âge de la couche en question ?”

Les deux premières de ces choses ont donné lieu à trop de discussions et d’inductions hâtives, d’assertions démenties par des découvertes subséquentes pour être acceptées comme une preuve irrécusable de la durée du temps.

“Ce raisonnement, ainsi que celui qu'on tire du soulèvement de certains rivages, de l'élévation des dunes, de la formation des tourbières, a une base défectueuse. Oui, aujourd’hui, il faudrait peut-être des milliers de siècles pour obtenir ces couches superposées de terrains ; et encore l’élévation et l’affaissement du sol n’ont nulle part un mode uniforme de se produire, Mais alors, dans ces temps anciens, qui peut dire ce qui s’est passé ? Quelles élévations subites ? Quels affaissements inattendus ? Quels refroidissements instantanés ? Quelles catastrophes de tout genre ? Est-il possible de conclure de ce qui est à ce quiaété'?”

1. En 1838, toute la côte de Poussoles, près Naples, s'éleva de 20 pieds dans une seule nuit.

“Telle couche, épaisse de quatre pieds, dit le géologue Wagner, peut avoir été formée en autant de minutes que M. Morlot, professeur à l’Académie de Lausanne, demande de siècles !.”

Relativement aux calculs chronométriques fondés sur les formes des deltas ou des alluvions locales, M. J. Fergusson, résidant aux Indes, a écrit ce qui suit :

“Voici, dit-il, ce que j’ai constaté moi-même : les briques qui formaient les fondements d’une maison que j'ai construite furent emportées par l'eau d’un fleuve et déposées dans son lit, à une profondeur de trente à quarante pieds ; depuis lors, le fleuve s’est retiré, et, à l'endroit où était ma maisonnette, mais à quarante pieds au-dessus de ses ruines, on trouve actuellement un nouveau village. En y faisant des fouilles, on y trouverait mes briques, et on pourrait calculer, d’après la profondeur où elles gisent, combien il y a de milliers d’années que je vivais 2.’

En résumé, la formation des tourbières, le soulèvement des rivages, le creusement des vallées, les changements dans la configuration physique du globe, la superposition des végétations forestières, ne nous offrent pas d'éléments assez précis pour y établir l’antiquité de l’homme. Les calculs que lon fait touchant la durée de ces phénomènes manquent de base, faute de connaître d’une ma-

“ 1. Bougaud,—Les dogmes du Credo.

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