Quarterly Journal of the Geological Society
nière certaine les causes qui les ont ;;roduites. Pour pouvoir calculer l’âge d’un terrain, il faut être sûr que le phénomène qui a formé ces couches a agi d’une façon régulière, ce qu’il est bien difficile d'établir.
“Nous sommes donc ici dans le champ des pures hypothèses, conclut l’auteur que nous venons de citer, et la vraie science ne doit pas y demeurer. Qu'elle rentre dans le domaine plus restreint, mais plus sûr, des choses démontrées, et alors les objections disparafîtront, et il sera établi une fois de plus que la Science rend partout témoignage à la vérité des Ecritures, et qu'ici, en particulier, l’homme des géologues et l’homme de la Bible sont arrivés le même jour sur la terre.” (Abbé Bougaud.)
Il est possible que l'antiquité de l’homme remonte à dix mille ans, et peut-être davantage, contrairement à l'opinion commune entretenue jusqu’en ces derniers temps d’une date relativement plus récente et qu’on croit tirée de la Bible, Cette assertion pourrait peut-être inquiéter la foi des personnes peu au courant des études bibliques ; c’est à la fois pour les renseigner et les rassurer que j'ai voulu, en passant, toucher à ce sujet. Car ‘“‘c’est une erreur de croire, dit le cardinal Meignan, que la foi catholique enferme l'existence de l’homme dans une durée qui ne peut dépasser six mille ans. L'Eglise ne s’est jamais prononcée sur une question aussi délicate. Sur les cent cinquante systèmes de chronologie biblique que l’on compte, aucun n’a été condamné.’
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Il n’y a donc pas lieu de prendre ombrage de voir la date de la création de l’homme varier suivant les calculs des savants. Mais, parmi les savants, les uns, le plus grand nombre, sont de parfaite bonne foi, et méritent toute notre estime ; d'autres se plaisent à débiter des sophismes sous le couvert de ‘a science, trompant et égarant beaucoup d’esprits. Il y en a, enfin, qui semblent poursuivre un tout autre but que celui de la science pure. Ce qu’ils visent, c’est de chercher à trouver Moïse en défaut, de discréditer la Bible et pa: là même ruiner les dogmes chrétiens, dont elle est le fondement. Tel de ces auteurs, traitant des époques géologiques ou des temps primitifs de l'humanité, et plus préoccupés de fausser la vérité que de présenter les faits tels qu’ils sont, ne pourra écrire deux pages de suite sans prendre la Bible à parti. ‘Que deviennent les 4000 ans de la Genèse ?” s’écriera-t-il, par exemple en présence des âges de la pierre, du bronze et du fer, ou du grand ours des cavernes, du mammouth ou du renne auxquels il attribue une durée fantaisiste. Il est évident que le but de ces auteurs n’est pas de promouvoir le progrès de la science, mais de fausser les esprits et de les orienter vers l'erreur.
Eiat primitif de l'homme.—La science incrédule moderne s’est toujours plu à affirmer que l’homme primitif n’était qu’un barbare, un sauvage, une espèce de brute, qui aurait franchi par degrés les étapes qui séparent la sauvagerie initiale de la civi-
lisation. Trop de gens, après elle, répètent cette fausseté.
Hâtons-nous de dire ici que la science est dans l'impossibilité absolue de nous éclairer sur un sujet aussi grave. L'état où s’est trouvé l’homme au moment de sa création et aux premiers jours de son existence échappe à ses investigations. Lorsque la science rencontre l’homme pour la première fois, il est alors en lutte avec la misère et toutes les difficultés de la vie, n'ayant à sa disposition que des instruments les plus rudimentaires, tels que ceux dont seuls les sauvages peuvent seservir; mais cet homme ne représente nullement l’état primitif de l’humanité au double point de vue religieux et civilisa, sur. C’est qu'il est devenu, en effet, un être dégénéré, et nous dirons tout à l’heure, au moyen d’autres preuves que celles que peut nous fournir la science positive, la raison de cet état. Quoi qu’il en soit, c’est alors que commencent pour lui les âges si durs de la pierre, du bronze et du fer, et c’est aussi le moment où la science prend connaissance de l’homme et peut le suivre à travers les différentes phases de son existence, mais qui dira combien d’années, de siècles même, ont pu s’écouler entre cette date et celle de sa création !
Nombre d’anthropologistes partent de ce principe que l’homme est né dans un état de barbarie. L'homme originel, disent-ils, était un sauvage, et ce n'est qu’à force de lutter pendant des siècles indéfinis, que quelques-uns de ses descendants sont parvenus très lentement à une position sociale
qu’on appelle civilisation. Les preuves proposées à l'appui de cet état barbare de l’homme primitif sont, pour la plupart, tirées de cavernes, de graviers de transport, de cimetières des générations “préhistoriques” et des besoins de la théorie des évolutionistes qui, à l'exception des croyants à la création indépendante de l’homme, posent et doivent poser l’état sauvage comme étant la transition entre l’homme civilisé et des êtres qui, à travers une série indéfinie de transformations inconnues, avaient émergé de la forme animale à la forme humaine. (Antiquité reculée de l’homme non prouvée, par B. C. Y.
Comme je viens de le faire remarquer, l’homme de l’âge de la pierre, l’homme des grottes et des cavernes n’est pas l’homme primitif, et encore faudrait-il prouver que cet homme était un sauvage.
L’anthropologie ne peut absolument rien nous dire sur Je mode de création et l’état primitif de l’homme. Il faut aller puiser à d’autres sources de renseignements pour arriver à faire la lumière sur un sujet aussi capital. Si l’on ne veut pas s'en tenir au récit de Moïse, il faut voir d’abord ce que la raison, le sens commun, peuvent bien nous suggérer là-dessus, et ensuite ce que l’expérience et l’histoire sur la marche de la civilisation sont susceptibles de nous apprendre. Le tort de certains savants est de se cantonner dans leur science particulière, et d’essayer de lui faire faire des réponses qui ne sont point de son ressort.
Chaque branche de connaissances a son genie de preuves qui lui est propre ; c’est une loi de l’entendement, et il faut bien prendre garde de transporter dans un ordre de connaissances le genre de Preuves qui lui est étranger. Ce n’est pas par des démonstrations géométriques, anthropologiques Où astronomiques, ni par la raison ni par l’exp’. rience, qu’on prouve l'existence d’Alexandre le Grand, de César ou de Charlemagne.
Peut-on raisonnablement supposer que Dieu, après avoir si bien réussi dans l’œuvre de la création, au point de s’applaudir chaque jour de ce qu’il a fait, son œuvre étant la réalisation adéquate de son idée, n'aurait su produire rien de mieux de sa créature favorite, de celle pour laquelle il avait tiré la terre de son néant, qu’un grossier et stupide sauvage? Cela ne se conçoit pas.
“J'ai vu l’Indien dans ses forêts, a écrit G. de Beaumont, et j'ai cru, en contemplant sa condition digne de pitié, que je voyais le dernier terme de la misère humaine. Assurément, le sauvage n'est pas l’homme tel que Dieu l’a créé.” .Je ne reconnaîftrais plus dans l’œuvre de cette création l’Etre souverainement juste et sage que je m'étais figuré. Une telle création n'aurait pas même le mérite d’être intelligente. Le sens commun nous dit que le premier homme fut créé adulte, à l’état d'homme parfait, et dans son intelligence et dans son organisation physique. Il était essentiel que celui qui devait être le principe