Bibel und Natr. Trad, fran. de l’abbé Hertel, Paris
Pour ce qui est du domaine respectif d science et de la foi, il suffit que chacune se ti. dans sa sphère propre pour que tout conflit impossible. La science a pour champ d'é!
le monde physique, l'expérience sensible ; fin est de pénétrer et d’exploiter la nature. Qu ne franchisse point ses rivages. Le monde m lui est inaccessible. Elle est à la fois impuiss: à supprimer le ‘mystère’, à résoudre les pro mes de l’Âme, inapte à se substituer à la relig Elle ne peut pas même, seule, éduquer l’hom lui inculquer le sentiment du devoir, la délicat, du sens moral. Tout ce que l’on demand l’homme de science est de la bonne foi, un es de justice et d’impartialité. Qu'il aille de l’avs honnêtement, notant chacune de ses observati et les conclusions légitimes auxquelles l’aur conduit ses raisonnements, et jamais on ne s prendra cet hoïme, chrétien ou non, à citer.
cune découverte qui soit en contradiction avec vérités de la foi.
Voici, à ce sujet, l’avis que donnait à ses dis ples l’un des savants les plus illustres du sià dernier, Augustin Cauchy : ‘“Cultivez avec arde les sciences abstraites et les sciences naturell leur disait-il ; décomposez la matière, dévoilez nos regards surpris les merveilles de la nature explorez, s’il se peut, toutes les parties de c univers ; fouillez ensuite les annales des nation les histoires des anciens peuples ; consultez, su toute la surface du globe, les vieux monuments de
siècles passés ; loin d’être alarmé de ces recherches, je les provoquerai sans cesse ; je les encouragerai de mes efforts et de mes vœux ; je ne craindrai pas que la vérité se trouve en contradiction avec elle-même, ni que les faits, les documents Par Vous recueillis puissent jamais n'être pas d'accord avec nos livres sacrés. Ce que je vous demande, c’est d'apporter dans la recherche de la vérité cette candeur, cette bonne foi qui aplanis- : sent la voie pour arriver jusqu’à elle,
“Nous sommes arrivés, disait-il encore, à une époque extraordinaire où une activité sans cesse ranaissante dévore tous les esprits. L'homme a mesuré les cieux, sondé les profondeurs des abîmes ; il a consulté les débris des vieux monuments, et leur a demandé de lui raconter l’histoire des générations qui dorment ensevelies dans la poussière du tombeau ; il 8 visité les sommets des monts les plus inaccessibles et les plages les plus reculées, les déserts brûlants où règnent les feux du tropique et les arides rochers qu’environnent les glaces des pôles ; il s’est élevé dans la région des tempêtes et est descendu jusque dans les entrailles de la terre, afin d’y assister, s’il était possible, à la création même de la planète ; ila décomposé les éléments et les a fait servir à ses besoins ou à ses caprices ; il a forcé la vapeur et le gas à guider ses vaisseaux sur les plaines de l'Océan, o1 à transporter sa nacelle au milieu des airs ; enfin, après avoir scruté la nature, il a porté un œil investigateur sur les bases mêmes
de l’ordre moral et de la société, et il a cité tribunal de sa raison le Dieu qui lui a doi l'être. Quel sera le fruit de tant de cour lointaines, de tant de fatigues, de tant de t vaux ? En sortira-t-il une vérité contraire a doctrines de la révélation, ou la preuve manife que nos livres saints renferment une erreur Non, répond l'illustre mathématicien, proclama à la face du monde qu’il se fait gloire de & croyances chrétiennes. ‘Je suis chrétien, dit-il, c’est-à-dire que je crc à la divinité de Jésus-Christ, avec Tycho-Brah Copernic, Descartes, Newton, Fermat, Leibnit Pascal, Grimaldi, Euler, Guldin, Boscowicl Gerdil, avec tous les grands astronomes, tous le grands physiciens, tous les grands géomètres de siècles passés. Je suis même catholique avec 1 plupart d’entre eux et si l’on m'en demandai la raison, je la donnerais volontiers. On verrai que mes convictions sont le résultat, non di préjugés de naissance, mais d’un examen appro fondi. Je suis catholique sincère, comme l’on! été Corneille, Racine, La Bruyère, Bossuet, Bourdaloue, Fénélon, comme l’ont été et le sont encore un grand nombre des hommes les plus distingués de notre époque, de ceux qui ont fait le plus d’honneur à la science, à la philosophie, à la littérature, qui ont le plus illustré nos Académies. Je partage les convictions profondes qu'ont manifestées par leurs paroles, par leurs actions et par leurs écrits, tant de savants de premier ordre, les Ruffini, les
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Haûy, les Laennec, les Ampère, les Pelletier, les Freycinet, les Coriolis ; et, si j’évite de nommer ceux qui restent, de peur de blesser leur modestie, je puis dire du moins que j'aimais à retrouver toute la noblesse, toute la générosité de la foi chrétienne dans mes illustres amis, dans le créateur de la cristallographie, dans les inventeurs de la kinine et du sthéthoscope, dans le navigateur célèbre que porta l’Uranie, et dans l’immortel auteur de l'électricité dynamique 1” Le baron Cauchy, comme on le voit, ne craignait pas d'affirmer ses convictions religieuses et de professer sa ferme croyance dans l’accord nécessaire de la foi et de la science. ‘“‘Je l’affirme avec lui, ajoute l’abbé Moigno, et plus que lui, en pleine connaissance de cause, parce que je lis depuis Quarante ans, par vocation ou par devoir, tout ce qui touche de près ou de loin à la grande question de l’accord de la science avec la Révélation. Je ne crains nullement pour la foi qu’elle soit jamais en opposition avec la science ; mais je tremble pour
| les savants quand je les vois dans leurs conclusions
en désaccord avec la foi.’ Il ne peut donc y avoir et il n’y aura jamais conflit entre un enseignement certain de l’Ecriture
et une découverte certaine de la science.
Je n'ai jamais vu de conflit que dans deux cag, dit un contemporain : ou bien lorsque l’on com-
1. La vie et les travaux du baron Cauchy, par C.-A. Valson, professeur à la faculté des sciences de Grenoble.—Paris. Gauthier- Villars, 1868.—Chap. XII. Sentiments chrétiens de Cauchy.
prend mal l’enseignement révélé, l’ayant rec hâtivement ou de bouche incompétente ; ou lorsqu'on fait dire à la science ce qu’elle n point, lorsqu'on fait profiter de son crédit doctrines purement personnelles, des hypoth et qu’on met en avant cette étiquette f boyante ‘‘La Science”, alors qu’il n’y a par rière qu’un Monsieur.
Que la science même doive ses plus merveil progrès, ses plus belles découvertes, aux sav spiritualistes, est un fait démontré par les ré tats scientifiques de tous les siècles. Cela ne pas étonner. Les savants spiritualistes sont le fait même plus complètement dans le sen:
dans l'esprit de la science que ceux qui on:
malheur de ne pas être croyants. La foi réalité ne marque des limites qu’à nos passio quant à l'esprit, elle le discipline, le féconde l’élargit ; elle assure la pensée, provoque l’é et la vigueur morale: elle est un moyen progrès, et plus d’une fois elle a aidé la scie dans ses recherches des vérités cachées de l’or naturel, de même que ceux chez qui le patriotis et la foi ne font qu’un, vous ne tardez pas à rem quer que leur patriotisme est singulièrem clairvoyant. ‘Nous sommes, disait Ollé--I prune ?, des savants animés de l'esprit chrétie cela doit d’abord augmenter ce que j'appelle