‹ La lumière visible [microforme]Chapitre 65 sur 79 · P. M. Mir, s. i. L'Accord de la Science et de la Foi · texte numérisé non relu

P. M. Mir, s. i. L'Accord de la Science et de la Foi

hostilité entre la science et la foi ; Que le resp de la vérité révélée ne nuit en rien aux spécu tions scientifiques les plus profondes, que l’on voit nulle part que l’homme de talent en ait moins pour avoir été religieux.

C'est même un fait reconnu et indéniable q les croyants l’emportent sur leurs adversaires, n seulement par leur nombre, mais surtout par le intelligence et leur valeur morale.

Un protestant allemand, le docteur Denne:

ayant résumé les opinions religieuses de trois cen savants choisis parmi les plus renommés de ceux q se sont illustrés pendant les quatre derniers siècl dans les sciences naturelles, botanique, physiqu astronomie, biologie, physiologie, géologie, an tomie, etc., il arrive que sur ces trois cents savan nous comptons deux cent quarante-deux croyant spiritualistes con 1. :, pour qui l’accord ent: la science et la fr: : 2: jamais été mis en dout et qui n’ont jamais constaté que leurs travau contredisaient aucune des vérités religieuses.

Nous avons quelque chose de plus précis, tant est vrai que “la science ne tue pas la foi, et la f encore moins la science”, selon que l’affirmait M Dumas, secrétaire perpétuel de l’Académie de

sciences, dans son Eloge de Faraday :

“Parmi les constellations scientifiques du XIX siècle, quels sont, se demande LE soLeIx, de Pari du 8 janvier 1911, les noms qui brillent du plu vif éclat ? La mémoire populaire en retien quatre : Ampère, Cauchy, Le Verrier et Pasteur

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Par suite d’une singulière rencontre, il se trouve que ces quatre savants de premier ordre professent nos croyances religieuses. Les sectaires de la libre-pensée n’ont jamais pu se consoler de ce phénomène. Quel humiliant démenti Pasteur, Ampère, Cauchy, Le Verrier n’infligent-ils pas aux primaires qui traitent l'Eglise de ‘puissance obscurantiste.”?

“Nos ennemis, ajoute ce même journal, n’ont vraiment pas de chance. Au début du XXe siècle, quel est le plus grand nom scientifique de l’Europe ? C’est encore un savant catholique : le

docteur Branly, l'inventeur du télégraphe sans Rd

On ne peut trop le proclamer : “La science catholique contemporaine trône aujourd’hui audessus de toutes les tentatives avortées, au-dessus

des sarcasmes du matérialisme et de la libre-pensée.”?

J’admets, dira un raisonneur à demi-convaincu, j'admets, après toutes vos preuves et vos citations, citations, je le reconnais, de savants authentiques et non d’amateurs d’hypothèses, de systèmes hasardés, qu’il n’y a pas et qu’il ne peut y avoir de contradiction entre les vérités naturelles et les vérités surnaturelles, puisque les unes et les autres ont pour auteur le même Dieu, qui est aussi l’auteur de la raison et de la foi ; mais que ditesvous de l’Eglise ? N'est-ce pas une opinion reçue dans un certain monde qu’elle est opposée au

Progrès de la science ; qu’elle voit avec mé tout ce qui peut contribuer au développemer tellectuel de l'humanité ; que soumettre l’ent ment à l’autorité de la foi, dit-on encore, restreindre la liberté de la science, c’est mettr entraves au génie ?

Oh ! oui, je le sais. Que d’accusations n’a Pas portées contre l'Eglise touchant l’instruc Pendant des siècles, elle aurait, paraît-il, laiss Leuples dans l'ignorance. Les ténèbres du M.

âge, l’Inquisition, l’Index, le procès de Galilée Syllabus, encore tout récemment la condan tion du modernisme, voilà plus qu’il ne faut ] troubler la sérénité d'âme de ces contradicte qui ne connaissent de l’histoire de l'Eglise qu qu’ils en ont lu dans certaines gazettes ou ente dans les clubs.

On voudrait sans doute, pour satisfaire les exig ces de ces critiques, que l'Eglise, lors de l’effonc ment de l’Empire Romain, eût fondé des unix sités organisées comme celle de nos jours, un s tème d'enseignement à tous les degrés, comme lui que l’on voit fonctionner aujourd’hui.

L'Eglise avait d’abord à s'occuper d’évangéli: les peuples, et en particulier nos ancêtres barba: qui habitaient ou envahissaient alors l'Euro] L'évangélisation du monde, qui a toujours é sa mission Propre, prenait alors tout son tern PRE SE

1. Sentence portée Par sept juges incompétents, non sign par le pape et que l'Eglise elle-même réforma plus tard.

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et ses moyens d'action. Il fallait ensuite initier les esprits incultes de ce temps-là aux éléments de

En tout cas, on ne peut nier que c’est à l'Eglise que l’on doit la Conservation des lettres et des sciences pendant tout le Moyen-âge, dont certains parlent avec tant de mépris, la transcription des auteurs classiques et autres, qui formèrent alors le noyau de tant de bibliothèques dans les monastères de cette époque. Assurément, c'était déjà quelque chose, et même beaucoup pour le développement futur du Progrès scientifique.

De fait, si, lors de l'invasion des Barbares, l’élément intellectuel de civilisation laissé au monde par la civilisation latine ne périt point, ce fut grâce au Christianisme. “L'Eglise devint le port où furent sauvés les débris des lettres et des sciences.” Les moines n’ont pas seulement remis en culture les terres, autrefois fertiles, mais devenues incultes par les invasions et la misère des temps, mais ils copièrent les manuscrits, et par ce fait nous ont transmis les chefs-d’œuvre de l’antiquité, ont sauvé de l'oubli toute la tradition artistique des anciens. Les esprits les plus prévenus n’osent nier ce fait. “Dès le IV siècle, dit le protestant Guizot, l’état intellectuel de la société

religieuse et celui de la société civile ne saurai Comparer; d’une part, tout est décadence, &ueur et inertie ; de l’autre, tout est mouver ardeur et progrès.’

L'histoire de l'instruction publique à tou degrés dans le haut Moyen-âge, lisons-nous un recueil soigneusement fait sur l’Instru publique en France avant la Révolution, est uni ment celle des efforts tentés par l’Eglise pour server les sciences et sauver la civilisation nacée,

Quel zèle, quelle ardeur apporte-t-on mé dans le siècle de Charlemagne, à la fonda d'écoles! Sans doute, on n’arrivait pas du cot l'idéal ; mais on faisait ce qui était alors huma ment possible’. On voit que les conciles, au mi de ces temps troublés, où tout était à organi se préoccupaient de la question de l’enseignem et en recommandaient la diffusion à la sollicit: des pasteurs, et nombreux sont les centres di truction qui se fondèrent alors. Les prêtres, instruisant les enfants, ‘ne devaient exiger auc salaire et ne recevoir rien, excepté ce que les ]} rents pourraient leur offrir volontairement et I reconnaissance.” Longtemps avant la Réforn le Catholicisme avait doté l'Allemagne d’éco populaires, comme le reste de l’Europe ; il av: voulu que le clergé appelât à ces écoles les fils d

1. Le capitulaire d’un évêque de l’époque ordonne aux fidè “d'envoyer leurs enfants à l'école, et de les y laisser jusqu'à + ce es sérieusement instruits.‘” (Ernest Lavisse, Histotre

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serfs comme ceux des hoinmes libres ; que le clergé de chaque paroisse offrit aux pauvres l’enseignement gratuit !.”’

Auguste Comte lui-même avoue que ‘‘le catholicisme a été le promoteur le plus efficace du développement populaire de l'intelligence humaine.’

Aux écoles primaires succèdent des collèges d’enseignement secondaire, où s'élève le niveau des études, toujours sous la direction du clergé. Avant 1789, la France comptait, pour une population de 25 millions, 562 collèges. L'organisation et la diffusion de l’enseignement secondaire et primaire au Moyen-âge étaient simplement admirables.

Le beau et savant ouvrage de. M. Guiraud, professeur à la Faculté des lettres de l’Université de Bésançon : Histoire partiale et histoire vraie, nous fait voir ce qu'était ce merveilleux système d'enseignement.

De généreuses dotations rendent ces établissements florissants ; elles permettent de fonder des bourses et d’enrichir les bibliothèques publiques. Enfin, viennent en leur temps et dans le cours des choses possibles, les universités, si nombreuses et si florissantes, dès le XIe et le XIIe siècle, établissements tous fondés et maintenus par l’Eglise. Les Papes les protègent et en entouragent la fondation, alléguant, entre autres motifs, ‘“‘le devoir qui leur incombe de dissiper

les ténèbres de l'ignorance et d’encourager l’en-

1. E. Rendu, inspecteur général de l'Université, L'Instruction Populaire dans l'Aliemagne du Nord.

seignemert dans toutes les sciences.” L XIII siècle, on y enseignait les langues orient et, en 1311, Je Concile de Vienne rendit cet &nement obligatoire pour les principales ur sités. La première collection formée pour toire des sciences naturelles est due à un saint Pie V, ( 1566-1572), et, déjà au XIIIe si il existait au Vatican un jardin botanique et » cal. Au XVIe siècle, l’Europe avait 64 Un

d'élèves était très considérable ; À Paris seulem il atteignit le chiffre de 15,000!.» Alcuin, B Hincmar, Rab Maur et surtout Albert-le-Gra

Thomas d’Aquin, le moine anglais Roger Bac

tants du savoir à ce Moyen âge tant décrié par c Que de noms illustres de les arts protégés par les Papes, qui fireñt de l’Ita

e musée universel de la peinture ct de la scul ture !

Renan lui-même a écrit :

“Les écoles spéciales imaginées par la Révol tion, les chétives facultées créées par l’Empire : remplacèrent nullement le grand et beau sy.

nn.

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