SCÈNE X
BERTRAM, BToCOTT , en toilette, mais tres-pâle , et regardant de tous côtés d'un air effaré.
BlSCOTT.
Ah! c'est toi, frère... tu t'impatientais peut-être?...
BERTRAM
Du tout , mon bonhomme ; je disais : il a bien le temps. {Remarquant sapdleur.) Eh! niais, qu'est-ce que lu as donc?
, BIsCOTT.
Je suis blême... pas vrai ? ce n'est point étonnant, mon cher... quand la nature soiitFie... la machine se détraque, et dans ce moment-ci... l'individu est détraqué... voilà le fait. . . (Zm/ prenant la main.) Chut ! . . . {Regardant de tous côtés et baissant la voix.) Nous ne sommes pas en sûreté ici.
BERTRAM
Chez mou gendre? chez ce brave et es'.iniable Tony?
BISCOTT.
L'esiimable Tony a nii coquin chez hii.
BERTRAM
Un coquin'...
BISCOTT.
Mon voleur d il y a cinq ans... riiomme au canard... je viens de le voir...
BERTRAM
Le canard?...
BiSCOTT.
En guêtres, et une plume à la bouche.
BERTRAM
Est-il possible?
BISCOTT.
Je m'étais perdu danscediable d'hôtel... je te cherchais de toi s les côtes... j'arrive h une porte .. Qu'est-ce (jue je VOIS, nu milieu d'une fouie de commis qui écrivaient?... mon voleur... mon scélérat... car je ne puis pas trouver de nom pour un monstre aussi immoral!... Tl était là , debout... comptant de l'arçetit... comme si de rien n'était... avec un air riant..,, scéléia'! coquin'... Il disait Quinze et six font vingt-trois-, et dix font quaraute-deux !
BEKTEAM.
U com[tu*t de l'argeni?... ah! mon Dieu , si c'était le caissier de ce pauvre Tonv!
BISCOTT.
J'en ai eu l'idée... ça m'a fait trembler pour la caisse...
BERTRAM
Et lu ne lui as pas sauté nu visîge?
BISCOTT.
Il me tournait le dos... je n'ai pas perdn la tête ; j'ai fait seml)l.int de. ne pas le voir; j'ai refermé la porte... et me voilà !...
BERTRAM
Et tu es de cetie tranquillité-lh... quand le misérable... Mais de quelle pâte esi-m , Biscoit ?... V<: ' ite trouver le raaître-d'hôu'l , M. Gaucher, il n'esl p.'s maucho»... Qu'il fasse venii' t<>it Je suite le commissaire du (|uartier... avec une force snffi'.anle.
BISCOTT.
Douze hommes... liein !... ça sera assez...
BERTRAM
Qi iiize.
BISeOTT.
Et nn sergent, ça fera seize.
BERTRAM
Va donc vite... j'entends déjà toi.te la société — (Biscotl sort de coté. Aussitôt les portes du fond s'oui^renl • plusieurs amis de Tonj., doiuidat la main à dt^s dames vêtues avec élégance , entrent en chantant le chœur suivant.)
SCÈx^E XI.
BERTRAM, dans un coin. Hommes et Femmls invites.
CHOEUR
Air ; f^ous me verrez le verre en main. (Contredanse.)
Célébrons votre heureux destin ( bis ) , Chantons , amis , chantons et l'amour et l'hymen.
Jeunes amans , jeunes époux ,
Que cet instant est doux Pour vous !
Bientôt ce nœud charmant fera plus d'un jaloux !
Les Mêmes, TONY, donnant la main à ANNA, qui est
1res parée j et nu il présente à tous ses amis.
Suite de l air.
Voilà celle que j'aime
A mon bonheur extrême
Je n'ose croire encor !
Que d'gràc's ! que d'gentillesse !
Il n'est point de richesse
Qui vaille un pareil trésor.
CHOEUR
Célébrons votre heureux destin {Bis).
TONY, allant a Ber train.
Messieurs, mesdames, le Lean-père que je vous pideenle... un bon enfant... nn bon vivant...
BEI! TRAM, aux an.is qui T entourent.
Bien tliUé... messienis et mesdames, de riionneur...
TONT
Et notre cher oncle que je n'ai jamais vu , où est-il donc ? que je renouvelle conn issance,
BEliTRAM.
Il va venir... A.I1 ! ça, dis donc, Tony, j'ai h te parler^, avant le dîner.
TONT
Pour le contrat... ah! le notaire est prévenu...