‹ La lune de miel; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 114 sur 270 · GUIDO, MINETTE · texte numérisé non relu

GUIDO, MINETTE

• GUIDO , à part.

Allons , nous voilà déjà en querelle !... joli début î i^Il s'assied auprès de la table.)

tiS LA CIIA.TTE

MIM'.TTE, d'un air ilr (rioniplic.

Elle s'ôIoItuc... l.uït mieux.... jiis(|ii';i sou retour, nous scrou-i tranquilles, au moins.'.. ^A Guidu.] Kti bien I tu parais fâché ?

r.uiDo.

Venez ici, Minette... venez ici , niam/.r'lîc ... ( Minptlr s'apprnilie.) Qu'est-ce ([ue vou.s avez fiit là ■' Pourquoi avez-voiis touclic à sis serins de (]anarie ?... elle aime ses serins, cette femme !..

miNETTE.

Aussi, file est trop difficile à vivre; tVini ion cnrpsuiiit) et je suis bi^n sûre que vous ue voudrez p^is me n;fuser la première gi"àce ([ne je vous demande [elli- Im prend la nutin).

GtTiDO , h part.

C'est-ça... patte de velours.

IMIXIÎTTE.

Guido !... mon ami, mon bon ami... dites-lui de s'en aller.

oriDO.

S'en aller.'... cette bonne Marianne, qui vous a tilevéel

"MINETTE

Je l'aimerai toujours... mais loin d'ici. {^Elle passe plusieurs fois la main par -dessus son orellf.) GUIDO, à part.

Allons... nous allons avoir de l'orage, i^ D'un <trr pir^ar. ) Minette... vous n'avez pas réfiécbi à ce (pic vous demandez.

Aii.NETTK , câlinant avec sa nain.

Mon ami !

GUIDO , avec dignité.

Minette , vous me faita<; de la peine.

m 1 NETTE.

Vous me refusez... allez, je ne vous airaeplus.

( Elle lui donnfr un coup de griffe sur la main. )

GUIDO

Dieu ! que c'est traître .. (à part. ) Ali ya , elle a conservé de ringulières manières !... il faudra là dessus (pie je lui fasse la morale... ou du moins que je lui fass« les ongles... ( Hau(. ' Maclière, voius m a\f'/. iail mal.

Mrj'AMORPHOSEK EN FEVlMt. xq

ÎIINFTTK , s'ci'JIgnuflf.

L;.isS«^z-mot, Monsronr, lie nio puiez plus... puiscjuc vous reconnaissez; si :r.;il la leutVressi' que i on a pnur vons.

f;rri)0 , sci'om/nl ht trie.

Ah !.. voire tendresse î

iMlNETTr.

Comment , Monsieur , vous en doutez?. .. c'e.<it affr. iix I

A lu tie ('rlinc.

Oui , lor.'iqiic je [iiMise aux cwrcsaci

(^)ij'.'»u!refois je vous protlij^ii.iis ,

Ah ! jV-n i()iif;i.s , car mos !cn dresses A vaient <1éj.T pre'ccdc vos'bicn faits, (l'était d'instincl.... <lu inoins fC'lc sifppos:-; ^■'ais cet iiislinrt, comme moi, «^ans eu jour

A subi sa niétamor])hosi' ,

Va maintenant c'est de l'amour.

GtîlK) , // part.

Dieux ! si je me croyais... après un pareil a^ven ! [Se rr~ pmiant fioick'incnt.) Prrnietlez, jVl i nette . je v<:ii\ croire (jiie vous m'aimez. . j'ai besoin de ie croire... mais ce îj'est pas tout, .ftpouvais passera ma chatte ben des choses (jue je ne passe, ais pas à ma femme... et si, avec cette (igiu-e charm;.nle. vous aviez conservé les goûts et ies jienehanstle votre jfncten état... ] ai déià l'emarqué loulà-l'hi nre un certain décousu dans «vos manières...

:>iiNETTK , pleurant.

il n'est pas encore content... Eii bien ! Je le promets de veiller sur mri... de vaincre 'le nalurel (pii te déplaît.

(rriDO , à ses <^fu.'uijc.

Et nu)i... je te promets en revanche d:\ n'aimer que toi ; «le n'avoir désormais d'ai'.tre volonté (jne la tienne... et...

■.^ilNETTF. , l'urcH'c ait pliCt.

Chut !

GVljyG.

lleiu !

■?î;nfttk.

N'entendg-lii pas C.w ijruit ?

5o LA CHATTE

GUIDO

Qu'est-ce que ça fait? [Conlinuant.) Songe flonc quel bonheur, d'êti'e sans cesse occupés Tun tle l'auti-e....

MINETTE , écoutant.

C'en est une!...

GUIDO , de même.

Et quand je te peindrai mon amour , mon émotion... quel plaisir de t'enlendre me dire

MINETTE, s' avançant doucement.

Tais-loi tais-toi.

GUIDO

Eh .' bien, où vas-tu donc?

MINETTE

Bien sur, c'en est une, entends-tu:'....

GUIDO

Comment , c'en est une?... [Minette s'avance apascom,ptés vers l'armoire à gauche; puis s'élance tout à coup comme un chat.) Qu'est-ce que c'est?... Mînetle, voulezvous bien finir...

MINETTE

Là... c'est toi qui lui as fait peur... elle s'enfuit... c'est insupportable... c'est si gentil...

GUIDO , de même.

Il n'y a pas moyen, avec elle, d'êtreen têteà tète.... on se

croit seul et il y a là du monde dans les armoires....

{Haut.) Minette, Minette — ici, tout de suite.

AiR : c/'f/î guette un petit de mon âge. Je ne veux plus de semblable caprice.

MINETTE

F.t moi je veux des soins plus complaisans. A mes désirs je veux qu'on obéisse.

GUIDO

Quoi! vous voulez?.... est-ce vous que j'entends? Quel cliangemeiit s'est donc fait en votre ame?

Soumise et pleine de bonté, Vous n'aviez pas, hier, de volonté...

MÏNETTE.

Oui... mais aujourd'hui y: suis femme.

. METAMORPHOSEE EN FEMME. 3i

GUIDO

Eh bien , c'est là que je vous prends., si vous êtes femme, raison de plus, pour ne plus avoir de pareilles distractions... on ne court pas ainsi après... les gens... ça n'est pas convenahle... Avec des manières comme celles-là , Minette, je ne pourrai jamais vous préseater dans la société... et quand je sortirai , je serai oblii^é de vous laisser ici en pénitence., .

MINETTE

Eh! bien, par exemple! le beau plaisir- d'être femme, pour être en esclavage... j'aurais donc perdu au change! car autrefois j'étais libre, j'étais ma maîtresse... je pouvais sortir et rentrer sans permission , et j'entends bleu qu'il en soit toujours ainsi.

GUIDO

Et que deviendrait ma dignité de maître?

MIXETTE.

Elle deviendra ce qu'elle potu-ra — Je défendrai mes droits ; et pour commencer, je vous déclare, monsieur, que je veux, sortir d'ici à Tinslanl même.

GUIDO , vivement.

Et moi , je ne le veux pas. .. Qu'est-ce que c'est donc que ces idées de rébellion!

(// la fait passer ii sa droite.)

Air ; TVnIse de Ilubin des bois.

A vos Veux je ne ])uis me reiiJre.

MINETTE

Je n'ai donc plus... vous le voulex , Qu'un Seul parti... je vais îc prendj'e.

( Elle va vers la porte.) GUIDO, J courant.

Et moi , je vais prendre les clés.

i^Fermant la porte.) De ce logis je suis le maître...

La porte est close.

MINETTTE.

Ob ! je le voi :

( A part , et regardant la fenêtre du fond.) Mais ii me reste la fcuétre , Là, du moins , je serai chez moi.

5a L\ CHATTE

/ GUIDO, à part.

IJe suis fHché d'tlre si-vcie, Mais fni.irul mes ordres sont hraré^...

■Je cède alors à ma colère...

'T^ ,' {Haut.) Ouoi ! Minette, vous vous sauvez ?

MINETTE , à Guida.

Oui , uionsieiir, vos ordres se'vcres Par moi— même seront bravés ■ Adreu 5 jje rentre sur mes terres , Suivc2^"moi, si vous le pouvez.

( l'IUe s'est élr/ncre sur le lit qui est au fond . rt dr l<i , par fa fenêtre , ellf! gaprc le toit et disparaît — L'orchestie qui avait clc trt's-J'ort ., pendant ces quatre d-rniers 7'^/.s , diniini'f, à mesure qu'elle .<i' éloigne. )

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