CL
Tiens, une pftile rcargueritlr... c'était 5j;eulil , oa !
T'IINETTE.
Pas trop... loujoe.rs esposëb arii :<oieil. le ttioven <ie
rester Iraiche et jolie... uusii , chaque jour j'adressfiis ma prit' te à 13rj,ma.
MÉTA.MORl»tipii^K V-^ FKM31E.
AiK t/e L'/'tfhuivcu.
« Change, chrm;ic-u)oi , Biitma!
» Brama!
» — Suis «ali»rai»c , »
Kt'pontlit ÏJram.i , V.t crac , voilà (^iiV-n alloueltc Il me cliaiigoa.
Noudaiii quittant le so! , Dans l'ail- je prciuls mon vi»! , Imitant les be'nioU
Des rossiL;nols....
Mais lin jour, aa miroir , l.c (li'sir (le me voir ^le lit [irfiidic aux filets ...
Et je (lisais :
« (Change, clianf;c-raoi, Brama.
» Bran)» ! »
QupUc mci veille 1 Tout à coup Ri'ama Qui m'cxau(;a , En une abciiif iVIe changea.
Ah ! qi'.cl heureux ilcsliii f (>iieiUir chaque matiu, ^ur la rose et le lltviu , INouveau butin....
?.laisles Ilours, le prinlcinA Par malheur n'-^nt ijn'un trms...
L'hiver, je m'ennuyai"^ , Et je (lisais :
" Chanj^e, «:Iian};e-inoi , Brama !
>• Brama!
» Oui, je m'en flalle, » Ton cœur m'ijutcuilra. . »
Soudain , voilà Qu'en jeune chall« 11 me changea.
De moi l'on ralfolait, (j'hacun me cajolait...
Toujours du pain molle!
Ft du bon lait...
Mais les chats ont , dil-oH , Le nalurel fe'lou.
P»Mr ctix j'ftn rongii-ai*.
Et je disais : /
« Changn , change-moi ,
» Brama , de toi
» Mon cœur r(?clamc >) Cette faveur-là. »
Soudain , voilà
Qu'en une fejnme
Il me changea!...
GUIDO
On vient... c'est, sans doute, ma vieille gouvernante.'.. qu elle ne puisse pas soupçonner ton ancienne condition...
MINETTE
Sois tranquille ; je suis discrète.
GUIDO
Va elle est discrète encore!... quand je me la serais faite moi-même... Chnt... la voici...
LO
Les mêmes, MARIANNE, ponant un panier.
MARIANNE à part.
C'est fini , le marclié est conclu... je l'ai vendue pour trois florins... mais je n'aurai jamais le courage de... [Haut.) Que vois-je ! une femme en ces lieux .'
f J rentrée de Marianne , Minette se place à la droite de Giiido , etcJierdic à se cacher aux yeux de la gouvernante , qui \Hi à la table ^ ei oie le coffre qui y était resté. )
GUIDO , bas à Minette.
Attention, Minette, et laisse-moi faire. (Haut.) Te voilà bien étonnée, ma pauvre Marianne; cest... c'est... la fdle
d'un ancien ami de mon père qui arrive à l'instant
même... d Angleterre.
( Pendant ce tenis , 3Iarianne a déposé sur la table ce quelle apportait. )
MARIANNE , la regardant.
D'Angleterre?
GUIDO
Oui,., une je^me lady.... Comme elle était sans asile.... je lui en ai offert un... Elle logera avec nous.
METAMORPHOSEE EN FEMME. aS
BIARIANNE.
Avec nous 1 ( Posant son panier. ) Ah! bien, par exemple , voici du nouveau.
MINETTE, bas a Gw'do.
C'est le déjeuner qu'elle rapporte... c'est de la crème; ah ! tant mieux.
( Elle passe sa langue sur ses livres. )
MARIANNE
Comment, nol' maître... vous, qui aviez renoncé aus femmes!
GUIDO
Ah ! celle-ci... quelle différence! c'est d'une toute autre espèce... 'c'est la candeur... Tinnocencc même.
BIARIANNE , avec ironie.
Et elle arrive d'Angleterre? ( Elle porte lecoffre dans la chambre a côté, et commence à metlre sur li table tout ce (jii il faut pour le déjeuner. ) Je vois ce {[ue c'est... Monsieur est las de mes services... c'est une jeune gouvernante qu'il lui faut... mais en la voyant de cet âge-là, Dieu sait ce qu'on en dira... on ue vous épargnera pas les propos... ni les coups de pattes.
GUIDO , regardant Minette.
Pour ce qui est de ça, nous ne les craignons pas... et nous sommes là pour y répondre., n'est-ce pas, chère amie;'
MARIANNE , allant a lui.
Chère amie.'... qu'est-ce que j'entends là ?... serait-ce par hasard... la passion... que vous ne vouliez pas m'avouer ce matin?
GUIDO
Juste, c'est elle J... [A part.) Elle ne croit pas si hien deviner... ( Haut. ) Oui , ma chèi-e Marianne , c'est ià celte femme charmante, dont le bon ton, la grâce et les manières distinguées Ah .' mon Dieu! qu'est-ce qu'elle
fait donc là ?
{Il se retourne., et aperçoit Minette., qui s'est approchée tout doucement de la table., trempant ses doigts dans la crème et les portant à s.i l/ouch"., comme les chats.)
MARIANNE , bas à Guider.
Air : de J'ollaire chez Ninon,
Eh! in.ii», qa'»pcrçois-je cTici?...
O ciel ! ma surprise est cxirèmc....
Monsieur.... voyez donc miliulv-...
MINETTE , il part.
O ilieux! <]ue c'est bon , de la trémc!
MARIANNE
Cela s'annonce julimcntl
GUIDO, il Minette.
Qilfelle distraction! ma chère, Y pcnsei-vous ?
«ARIANKE.
A[inaremmcnl, C'est un usage d'Angleterre.
( Guido fuit signe à Minette de s'asseoir vis-à-vis de lui. FI lui verse de la crème., et lui uiontie comment if. J'aul tremper su]i yaitt -t ce que Minette eaécute maladroitement. )
Mais quel déjeuner, Marianne.'... toi qui n'.tvais pas d'argent... comment as-lu fait':*
BIARIANNE , cri'ec Inuneur.
Comment j'ai fait.'., il l'a bien fallu... j'ai vendu noire chatte pour trois florins.
GUIDO
Par exemple... sans m.; consulter !
MARIA^^NE
Ah ! bien , oui... ( Regardant Minette. ) Vous avez maintenant bien d'autres choses à penser... Je l'ai vendue à la femme du gouverneur... une femme très-sensible, qui aime beaucoup les chats.
MINETTE, à part cl mangeant.
Me vendre!... c'est drôle!
METAMORPHOSEE Lh FEMME. sa
MARIANNE
C'est pour amuser son fiis.... un jeune liomme de dixliuil ans, de la plus belle espérance.
MINETTE , à parc.
Et à un feune homme encore !
[Eilc bn't dans Vassieltr.^
GUIDO , lui faisant signe.
Pas comme ça... ( A part. ) Elle n'a pas encore Tliabitude de dîner à table... [A Rlariunne.) Eli bien ! à la bonne lie:ire... Puisque le fils du gouverneur l'a achetée... qu'il vitnne la prendre... {^ à part.) s'il peut la reconnaître.
MARIANNE à elle-même.
Moi , qui croyais que ça allait le désoler... quelle in.scnsibilité.' ftïais où est donc cette petite Minette?... elle qui vient loujouri au-devant de moi... (^Appelant. ) Minette... Minette .'...
aiiXETTE , se levant vivement.
Me voici.
?ii.\RlANNF. , se retournant.
QuVsl-cc que c'est?
GUIDO, (jiillafait rasseoir, en hiiytiisanl signe.
Je dis... que je la vois d'ici.
MARIANNE
P( ut-èlre... dans mon panier à ouvrage.
GUIDO , se remettant à déjeuner.
Oui, cherche.
{xlfanajinc prend son panier, duquel s^éelutpjfe uw /?r~ lotte de coton; Minette, <jui C aperçoit .^ quitte In. iublc .^ court doucement après la pe'oLtc , qu'elle dévide presqu en entier en jouant avec les anties peluttes de laine comme les cliafs.)
MARIANNE
Eh I bien , ch ! bien. . quesl-ce que c'est que ces ma-
GUIDO , se levant.
Allons, voilà bien un autre embrouillamini.
MARIANNE , arrachani le peloton à Minette.
Voulez-vous bien finir, Mademoiselle.
GUIDO , à Minette.
Ma clière amie !...
MINETTE, frappant du pied.
Elle me contrarie toujours... elle me prive de tous mes plaisirs.
GUIDO, à Marianne.
C'est vrai aussi... laisse-la faire.
MARIANNE, montrant ses échevaux tout mêlés.
Que je la laisse faire!,, voyez un peu... retrouvez donc une paire de bas.
GUIDO
Eh ! que veux-tu que j'aille démêler là-dedans... est-ce que cela me regarde ?
MINETTE , qui s^est approchée de la cage , et jouant avec les o'seauœ.
Ah ! que c'est gentil.
(^Elle renversa la cage qui tombe sur la table. ^
MARIANNE Criant , et allant ramasser la cage.
Miséricorde ! mes serins de Canarie.
MINETTE
Ah I bien, c'est ennuyeux... on ne peut pas s'amuser avec elle.
MARIANNE , avec colèrc.
Une petite fille de quinze ans, qui n'a pas d'expérience.
MINETTE , la contrefaisant.
Une vieille fille de soixante, qui en a beaucoup trop.
MARIANNE , exaspérée.
Ah I c'est trop fort.
METAMORPHOSEE EN FEMME. 27
Air : Pardon, car je ci ois voir. (Fragment du Maçon.)
/ MARIANNE
C'est à n'y pas tenir, A chaque instant nouveau martyr.
De ces lieux il faudra sortir,
C est à n'y pas tenir.
Et plutôt que de le souffrir.
J'aimerais mieux mourir.
MINETTE
C est à n'y pas tenir, çp . Et je ne saurais le souffrir,
S ^ De ces lieux vous pouvez sortir.
C'est à n'y pas tenir, 'z, \ Et plutôt que de le souffrir,
^ I J'aimerais mieux mourir.
GUIDO
C'est à n'y pas tenir, A chaque instant nouveau martyr.
Nous n'en pourrons jamais sortir 5
C'est à n'y pas tenir, Silence.... voulez-vous finir ?
Ah ! c'est pour en mourir.
MARIANNE'
Mais voyez donc quelle mauvaise humeur !... Je n' y tiens plus , je cède à ma fureur.
1^ 1 MINETTE