‹ La lune de miel; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 113 sur 270 · CL · texte numérisé non relu

CL

Tiens, une pftile rcargueritlr... c'était 5j;eulil , oa !

T'IINETTE.

Pas trop... loujoe.rs esposëb arii :<oieil. le ttioven <ie

rester Iraiche et jolie... uusii , chaque jour j'adressfiis ma prit' te à 13rj,ma.

MÉTA.MORl»tipii^K V-^ FKM31E.

AiK t/e L'/'tfhuivcu.

« Change, chrm;ic-u)oi , Biitma!

» Brama!

» — Suis «ali»rai»c , »

Kt'pontlit ÏJram.i , V.t crac , voilà (^iiV-n alloueltc Il me cliaiigoa.

Noudaiii quittant le so! , Dans l'ail- je prciuls mon vi»! , Imitant les be'nioU

Des rossiL;nols....

Mais lin jour, aa miroir , l.c (li'sir (le me voir ^le lit [irfiidic aux filets ...

Et je (lisais :

« (Change, clianf;c-raoi, Brama.

» Bran)» ! »

QupUc mci veille 1 Tout à coup Ri'ama Qui m'cxau(;a , En une abciiif iVIe changea.

Ah ! qi'.cl heureux ilcsliii f (>iieiUir chaque matiu, ^ur la rose et le lltviu , INouveau butin....

?.laisles Ilours, le prinlcinA Par malheur n'-^nt ijn'un trms...

L'hiver, je m'ennuyai"^ , Et je (lisais :

" Chanj^e, «:Iian};e-inoi , Brama !

>• Brama!

» Oui, je m'en flalle, » Ton cœur m'ijutcuilra. . »

Soudain , voilà Qu'en jeune chall« 11 me changea.

De moi l'on ralfolait, (j'hacun me cajolait...

Toujours du pain molle!

Ft du bon lait...

Mais les chats ont , dil-oH , Le nalurel fe'lou.

P»Mr ctix j'ftn rongii-ai*.

Et je disais : /

« Changn , change-moi ,

» Brama , de toi

» Mon cœur r(?clamc >) Cette faveur-là. »

Soudain , voilà

Qu'en une fejnme

Il me changea!...

GUIDO

On vient... c'est, sans doute, ma vieille gouvernante.'.. qu elle ne puisse pas soupçonner ton ancienne condition...

MINETTE

Sois tranquille ; je suis discrète.

GUIDO

Va elle est discrète encore!... quand je me la serais faite moi-même... Chnt... la voici...

LO

Les mêmes, MARIANNE, ponant un panier.

MARIANNE à part.

C'est fini , le marclié est conclu... je l'ai vendue pour trois florins... mais je n'aurai jamais le courage de... [Haut.) Que vois-je ! une femme en ces lieux .'

f J rentrée de Marianne , Minette se place à la droite de Giiido , etcJierdic à se cacher aux yeux de la gouvernante , qui \Hi à la table ^ ei oie le coffre qui y était resté. )

GUIDO , bas à Minette.

Attention, Minette, et laisse-moi faire. (Haut.) Te voilà bien étonnée, ma pauvre Marianne; cest... c'est... la fdle

d'un ancien ami de mon père qui arrive à l'instant

même... d Angleterre.

( Pendant ce tenis , 3Iarianne a déposé sur la table ce quelle apportait. )

MARIANNE , la regardant.

D'Angleterre?

GUIDO

Oui,., une je^me lady.... Comme elle était sans asile.... je lui en ai offert un... Elle logera avec nous.

METAMORPHOSEE EN FEMME. aS

BIARIANNE.

Avec nous 1 ( Posant son panier. ) Ah! bien, par exemple , voici du nouveau.

MINETTE, bas a Gw'do.

C'est le déjeuner qu'elle rapporte... c'est de la crème; ah ! tant mieux.

( Elle passe sa langue sur ses livres. )

MARIANNE

Comment, nol' maître... vous, qui aviez renoncé aus femmes!

GUIDO

Ah ! celle-ci... quelle différence! c'est d'une toute autre espèce... 'c'est la candeur... Tinnocencc même.

BIARIANNE , avec ironie.

Et elle arrive d'Angleterre? ( Elle porte lecoffre dans la chambre a côté, et commence à metlre sur li table tout ce (jii il faut pour le déjeuner. ) Je vois ce {[ue c'est... Monsieur est las de mes services... c'est une jeune gouvernante qu'il lui faut... mais en la voyant de cet âge-là, Dieu sait ce qu'on en dira... on ue vous épargnera pas les propos... ni les coups de pattes.

GUIDO , regardant Minette.

Pour ce qui est de ça, nous ne les craignons pas... et nous sommes là pour y répondre., n'est-ce pas, chère amie;'

MARIANNE , allant a lui.

Chère amie.'... qu'est-ce que j'entends là ?... serait-ce par hasard... la passion... que vous ne vouliez pas m'avouer ce matin?

GUIDO

Juste, c'est elle J... [A part.) Elle ne croit pas si hien deviner... ( Haut. ) Oui , ma chèi-e Marianne , c'est ià celte femme charmante, dont le bon ton, la grâce et les manières distinguées Ah .' mon Dieu! qu'est-ce qu'elle

fait donc là ?

{Il se retourne., et aperçoit Minette., qui s'est approchée tout doucement de la table., trempant ses doigts dans la crème et les portant à s.i l/ouch"., comme les chats.)

MARIANNE , bas à Guider.

Air : de J'ollaire chez Ninon,

Eh! in.ii», qa'»pcrçois-je cTici?...

O ciel ! ma surprise est cxirèmc....

Monsieur.... voyez donc miliulv-...

MINETTE , il part.

O ilieux! <]ue c'est bon , de la trémc!

MARIANNE

Cela s'annonce julimcntl

GUIDO, il Minette.

Qilfelle distraction! ma chère, Y pcnsei-vous ?

«ARIANKE.

A[inaremmcnl, C'est un usage d'Angleterre.

( Guido fuit signe à Minette de s'asseoir vis-à-vis de lui. FI lui verse de la crème., et lui uiontie comment if. J'aul tremper su]i yaitt -t ce que Minette eaécute maladroitement. )

Mais quel déjeuner, Marianne.'... toi qui n'.tvais pas d'argent... comment as-lu fait':*

BIARIANNE , cri'ec Inuneur.

Comment j'ai fait.'., il l'a bien fallu... j'ai vendu noire chatte pour trois florins.

GUIDO

Par exemple... sans m.; consulter !

MARIA^^NE

Ah ! bien , oui... ( Regardant Minette. ) Vous avez maintenant bien d'autres choses à penser... Je l'ai vendue à la femme du gouverneur... une femme très-sensible, qui aime beaucoup les chats.

MINETTE, à part cl mangeant.

Me vendre!... c'est drôle!

METAMORPHOSEE Lh FEMME. sa

MARIANNE

C'est pour amuser son fiis.... un jeune liomme de dixliuil ans, de la plus belle espérance.

MINETTE , à parc.

Et à un feune homme encore !

[Eilc bn't dans Vassieltr.^

GUIDO , lui faisant signe.

Pas comme ça... ( A part. ) Elle n'a pas encore Tliabitude de dîner à table... [A Rlariunne.) Eli bien ! à la bonne lie:ire... Puisque le fils du gouverneur l'a achetée... qu'il vitnne la prendre... {^ à part.) s'il peut la reconnaître.

MARIANNE à elle-même.

Moi , qui croyais que ça allait le désoler... quelle in.scnsibilité.' ftïais où est donc cette petite Minette?... elle qui vient loujouri au-devant de moi... (^Appelant. ) Minette... Minette .'...

aiiXETTE , se levant vivement.

Me voici.

?ii.\RlANNF. , se retournant.

QuVsl-cc que c'est?

GUIDO, (jiillafait rasseoir, en hiiytiisanl signe.

Je dis... que je la vois d'ici.

MARIANNE

P( ut-èlre... dans mon panier à ouvrage.

GUIDO , se remettant à déjeuner.

Oui, cherche.

{xlfanajinc prend son panier, duquel s^éelutpjfe uw /?r~ lotte de coton; Minette, <jui C aperçoit .^ quitte In. iublc .^ court doucement après la pe'oLtc , qu'elle dévide presqu en entier en jouant avec les anties peluttes de laine comme les cliafs.)

MARIANNE

Eh I bien , ch ! bien. . quesl-ce que c'est que ces ma-

GUIDO , se levant.

Allons, voilà bien un autre embrouillamini.

MARIANNE , arrachani le peloton à Minette.

Voulez-vous bien finir, Mademoiselle.

GUIDO , à Minette.

Ma clière amie !...

MINETTE, frappant du pied.

Elle me contrarie toujours... elle me prive de tous mes plaisirs.

GUIDO, à Marianne.

C'est vrai aussi... laisse-la faire.

MARIANNE, montrant ses échevaux tout mêlés.

Que je la laisse faire!,, voyez un peu... retrouvez donc une paire de bas.

GUIDO

Eh ! que veux-tu que j'aille démêler là-dedans... est-ce que cela me regarde ?

MINETTE , qui s^est approchée de la cage , et jouant avec les o'seauœ.

Ah ! que c'est gentil.

(^Elle renversa la cage qui tombe sur la table. ^

MARIANNE Criant , et allant ramasser la cage.

Miséricorde ! mes serins de Canarie.

MINETTE

Ah I bien, c'est ennuyeux... on ne peut pas s'amuser avec elle.

MARIANNE , avec colèrc.

Une petite fille de quinze ans, qui n'a pas d'expérience.

MINETTE , la contrefaisant.

Une vieille fille de soixante, qui en a beaucoup trop.

MARIANNE , exaspérée.

Ah I c'est trop fort.

METAMORPHOSEE EN FEMME. 27

Air : Pardon, car je ci ois voir. (Fragment du Maçon.)

/ MARIANNE

C'est à n'y pas tenir, A chaque instant nouveau martyr.

De ces lieux il faudra sortir,

C est à n'y pas tenir.

Et plutôt que de le souffrir.

J'aimerais mieux mourir.

MINETTE

C est à n'y pas tenir, çp . Et je ne saurais le souffrir,

S ^ De ces lieux vous pouvez sortir.

C'est à n'y pas tenir, 'z, \ Et plutôt que de le souffrir,

^ I J'aimerais mieux mourir.

GUIDO

C'est à n'y pas tenir, A chaque instant nouveau martyr.

Nous n'en pourrons jamais sortir 5

C'est à n'y pas tenir, Silence.... voulez-vous finir ?

Ah ! c'est pour en mourir.

MARIANNE'

Mais voyez donc quelle mauvaise humeur !... Je n' y tiens plus , je cède à ma fureur.

1^ 1 MINETTE

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