‹ La lune de miel; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 184 sur 270 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

RAIMBALT, MARIANNE.

RAiMBAUT, prenant la main de sa fille.

Nous sommes seuls maintenant , î\lariannc.-. causons Je tes petits chagrins , comme deux bons amis.

MARIANNE

Ah ! mon papa !

RAIMBALT.

Je n'ai pas voulu en parler devant ta mère -, mais à pre'-

sent Tu aimais donc bien ce jeune homme?

MARIANNE, timidement.

Ce n'est que depuis que vous m'avez défendu d'y penser que je m'en suis aperçue.

RAIMBAUT, secouant la tête.

Je sais bien-, ça fait cet elFet-là ordinairement. . .Ecoute, ma fille. ... tu sais si je t'aime , si je serais heureux de te

marier à ton goût 5 mais ce M. Arthur qui est arrivé

de Paris , et que personne ne connaît à Moutargis

tout annonce qu'il est riche. . . . Nous , mon enfant , nous

voilà plus pauvres que jamais Il est impossible qu'il

songe à t'épouser

MAiiiA>"NE, vivement.

Pourquoi donc.'' Je suis sûre que vous le jugez

mal Oh ! il n'est pas fier , intéressé Eh ! tenez ,

mon papa , ce qui m'a donné de la tendresse pour lui ... .

c'est son estime , son respect pour vous Que de fois

ne m'a-t-il pas dit qu'il voulait réparer envers vous Tiujuslice de la fortune.

Air de Julie.

S'il me parlait souvent de sa richesse C'est qu'il la veut partager avec vous...

Il me parlait de sa tendresse , Il me parlait de ses projets pour nous.

RAIMBAUT

T'a-t-il parlé de VOUS mettre eu ménage ?

MARIANNE

IVon , mais je crois , moi qui suis sans détour , Que, du moment que l'ou parle d'amour, C'est que l'on pense au mariage.

nVIMBAUT.

Pas toujours I surtout à Paris .... Et si ce n'était

qu'un séducteur

MAUIAWNE.

Un séducteur !

RAIMBALT.

Il caclie son véritable nom donc , il a de mauvais

desseins ! Marianne, quand je l'ai trouvé ici liier ,

je me suis contenu je me suis contenté de lui défendre

de reparaître cliez moi.

MARIANNE

Quoi ! vous lui avez défendu

RAIMBAUT

J'espère que tu ne me désavoueras pas Mais s'il

osait revenir si je le trouvais près de toi (avec un

mouvement) songes-y bien , Marianne , je ne réponds pas de ce qui arriverait {avec bonté et la prenant dans ses bras. ) Je n'ai rien à craindre , n'est-ce pas?, .... tu me promets de ne plus le revoir ?

MARIANNE , tristement.

Oui, mon père. . . . .

RAIMBAUT

De te consoler.

MARIANNE, cacliant SCS lamies avcc ses mains. Oui , mon père.

BAIMBATJT.

De l'oublier.

MARIANNE , dune voix entrecoupée.

Je tâcherai.

r.AiMBAxjT, l'embrassant.

Bonne Marianne, ne dis rien à ta mère elle a bien

assez de nos autres chagrins et si je puis trouver un

brave garçon je le trouverai , va ; on m'a déjà parlé

de quelqu'un .

MATirA>KE , alarmée.

Comment ?

RAIMBAUT

Sois tranquille tu seras lieureuse. ( Changeant de

ton. ) Ah çàl reprends vile ta petite mine gaie, que je te

voie rire, sauler autour de moi me faire enrager

comme autrefois. ... et quand tu auras séché tes larmes , va rejoindre ta mère; moi je cours chez notre correspondant.... Adieu, mon enfant. [Jl V embrasse encore et soit. )

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