SCÈNE V
MARIANNE , ARTHUR , VALENTIN , redingote claire, sans galons , petite livrée.
ARTHuu , courant à elle.
Marianne !
MARIANNE , enrayée.
Monsieur Arthur !
VALENTIN , bas, restant à la porte.
Soyez tranquille. . . je fais sentinelle.
ARTHUR
Ecoutez-moi , de grâce. . .
MARIANNE , éperdue.
Non , non , éloignez-vous ! . . . Ah ! mon Dieu I si quelqu'un venait . . .
VALENTIN , bas h son maître.
Songez que les chevaux nous atleudeut.
ARTHUR , bas.
Laisse-moi.
VALENTIN , bas.
En vérité, je ne vous reconnais plus. . . vous qui élîca intrépide dans ces sortes d'expéditions. . . ARTHUR , bas.
Oui , avec les coquettes de Paris. . . ( Haut. ) Marianne...
MARIANNE
Éloignez-vous , mon père a prononcé , nous ne devons plus nous revoir. . .
ARTHUR
Ne plus nous revoir !
MARIANNE
Il me destine à un autre. . . son choix est fait.
ARTHUR
Un autre!... jamais I... tant de grâces et de candeur
îii ont inspiré unamour que ma raison ne peut plus coiTibalire. jf ne veux pas vous ironiper. . . Mon père , élevé dans des idées que je dois respecter... ne cousenliraii pas â notre union. . . mais il est un moyen de lui éparj^uer ce chagrin ... et d'assurer notre bonheur.
MATiiANWE , avec éionnement.
Que voulez-vous dire .^
ARTHUR, avec eniharras.
Ma voiture est prête... je vais partir à Tinstaut... consentez à me suivre. . .
MARIANNE
Vous suivre ...
ARTHUR , vivement.
Et dès ce soir. . . un hymen secret. . .
MARIANNE , après un mouvement.
Qu'entends-je ! . . . Ainsi, M. Arthur, vous craignez beaucoup de causer un seul chagrin à votre père. . kHTEwi , vivement.
Ah! sans doute. . .
MARIANNE, amèrement.
Et vous me proposez d'abandonner le mien 1... de le livi'cr au désespoir ! . . .
ARTHUR , l'arrêtant.
Marianne î . . .
MARIANNE
C'en est assez. . . Eloignez-vous.
YALENTiN , aux aguets.
Monsieur , monsieur , on monte le petit escalier. . .
ARTHUR
Que dis-tu .''
MARIANNE , troublcc.
Cest mon père ! . . .
VALENTIN
J'en ai peur. ...
MARIANNE
O ciel! . . . sauvez-vous.
ARTHUB.
De quel coté ?
VALENTIN
Par le magasin. . .
MARIANNE, trcs-effi'ajée.
Impossible. .. ma mère y est., . TNIais sauvez-vous, je vous en coniure... Sa menace de ce malin. . . sa violence... Oh I mon Dieu l mon Dieu. . . je l'entends. vALENTiN, entraînant Arthur.
Dans ce cabinet. . . .
MARIANNE , avec terreur.
Non , non. . .On vient. . . c'est fait de moi.
Elle Combe inanirnée sur »ine chaise; Valentin et Arthur se sont précipités Jans la chambre de Marianne, et ont fermé la porte.