‹ La lune de miel; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 187 sur 270 · SCÈNE M · texte numérisé non relu

SCÈNE M

LES MÊMES, JOLIVET, entrant par la droite, ensuite LELIÈVRE.

JOLlVET.

Par ici, monsieur, par ici . . .

MARIANNE , à part.

C'est Jolivet. . . je respire.

LELIÈVRE, tgntrant.

Diable . . . diable ... je crois que ma créance est furieusement z'aventurée. . . Maison modeste. . . mobilier zideni.. . Ah ! ah ! une jeune personne qui paraît fort émue. . .

JOLIVET, allant à elle.

Dieux! mamzelle Marianne. . . comme vous êtes pàle^ . . Qu'avez-vous donc ?

MARIANNE, .îe Ze^^a/if.

Rien. . . Mais que veut monsieur?. . .

JOLIVET

Est-ce que je sais ?. . . Il m'a demandé la maison Martin et compagnie . , .

LELIÈVUE.

Oui, mon enfant.... j'arrive z'à linslanl de Paris, et. . .

MARIAISKE.

Ah î raODsieur , c'est vous sans doute qui apportez Targentque nous attendons. . .

LELlÈVr.E.

L'argent.. . Non, non, permettez , ne confondons pas.. . Je viens au contraire en chercher.

JOLIVET , àpni-t.

Ah ben !.. si je l'avais sul . .

LELIÈVRE

Oui , ma belle demoiselle. . . Il faiit que vous sachiez que l'on m'a passé plusieurs ellets... Il s'en trouve un de 800 francs... sur la maison Martin et compagnie.... et

MARlAJiKE.

Ah .' mon Dieu , mon père n'y est pas ....

LELIÈVKE.

Je sais... je sais... des embarras... mon huissier m'a prévenu qu'on saisissait. . . J'en suis navré.. . mais tel que vous nie voyez. . . je ne suis à Montargis qu'un oiseau de passage. . . j'ai accepté une fort belle place. . . chef de cuisine. . . . chez un grand seigneur que je vais rejoindre dans sa terre. . . Ça m'était bien dû, après ce que j'ai souiî'ert dans les temps ! . . .

JOLIVET

Ah ! vous avez souffert ....

LELIÈVRE

Oui, oui , oui. . . Mais comme je vous disais. . . l'intendant de M. le Comte, qui m'a amené avec lui de Paris, ne m'a donné que deux heures. . . pour surveiller mes petits intérêts...., et si je trouvais dans cette vente quelque chose qui me convint... la batterie de cuisine par exemple... Je vais jeter un coup-d'œil dans les appartemcns.

Il s'approche de la porte de la cbainbre de M.Trianne.

mâria:s»e , vivement et se mettant devant lui. C'est ma chambre, monsieur, personne n'y entrera..

LELIÈVRE, ^OM7'm/2f.

Oh ! personne. . . la justice entre partout , mon enfiint.. . et lout-à-l'lieure il faudra bien.. .

JOLIVET , qui s'est glissé près de la porte.

On verra alors, monsieur. . . . mais en attendant vous ny entrerez pas. . . vous.

Il ferme et prend la clé.

MARIANNE, ifUjuiète.

Jolivet.

JOLIVET

N'ayez pas peur, mamzelle... la clé est dans ma poche... et je ne la remettrai qu'à monsieur votre père. . .

MARIANNE 5 à paît.

Ah ! grands dieux ! . .

vALEKTiN , dans la chambre et entrouviant la petite fenêtre.

Dites donc, monsieur... nous voilà compris dans la saisie. . .

ARTHUR , de même.

Et aucun moyen de nous échapper. . .

LELiÈVRE, à Jolivet.

Très-bien, c'est tout ce que je veux.. . jeune homme... qu'est-ce que je demande, moi... qu'on ne détourne aucun

objet. . .

MARIANNE , bas à Jolivet.

Mais. . . cette clé. . . . Ciel ! voici mon père. . .

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