LES MÊMES , DIDIER ET VN VALET
Tous deux sans livrées et en manteaux de voyage.
DIDIER , à Lelievre .
Allons , allons^ M. Lelièvre , la diligence part dans une heure. . . . avez-vous fini vos affaires ?
LELIEVRE.
Une minute, M. l'intendant Si vous saviez ce qui
m'est arrivé? un ancien ami que je retrouve, ce
pauvre Jérôme.
DIDIER ^frappé.
Jérôme !
LELIÈVRF.
C'est lui dont on va vendre les meubles ; un ami de vingt
ans et j'ai la douleur d'être à la tête des créanciers.
JOLIVET , avec humeur.
C'est vrai on ne vous a jamais vu que pour nous
porter malheur témoin il Y a seize ans ..... .
quand nous étions voi-ins , rue de l'Echelle c't'émigrc
qu'not' maître a sauvé.
DIDIER , ai'ec intérêt.
Un émigré ?
JOLIVET
Oui oui monsieur, un brave homme qui a
pris mon habit de soldat pour s'échapper. . . . j'peux l'dirc à présent.
DIDIER, à Raimhaut.
Quoi ! monsieur est-il vrai ? vous avez sauvé
un émigré?
RAIMBAUT
Oui , monsieur qu'y a-t-il donc d'étonnant?
DIDIER, passant près de liaimbaut.
Rien , rien. .... mais on est bien aise de voir de braves gens Vous êtes un honnête homme.
LELIEVRE.
Ah I dame , dans ce temps-là , nous étions tous sur la brèche n'est-ce pas Raimbaut?
JOLIVET
Oui , joliment c'est vous qui
LELIEVRE.
Eh bien quoi quoi il n'est plus question
de cela aujourd'hui . . . M. Raimbaut est dans l'embarras . . .
il s'agit de l'en tirer il faut vendre ses meubles . . . . ^
le mieux possible. . . . .Vous permettez , M. l'intendant.
DIDIER
Je vous attends Picard , viens ici que je te parle.
Le valet qui est entré avec lui , s'approche ; il lui parle bas.