LES MÊMES , RAIMBAUT
La fenêtre de la chambre se feiuie.
MARiANNf; , à son père.
Ah ! mon papa , venez vile (^Elle le regarde. ) Eh! mais^ qu'avez-vous donc ?
BAiMBAUT, abattu.
^ a-l-en .... laisse-moi , ma fille ...
Commcnl ?
A6 MARIANNE, inquiète.
KAIMBAUT.
Notre ruine est consommée... on vend déjà tout en bas. . .
JOLIVET
Quoi . . . not' maître ...
MARIANNE
Cet argent que vous attendiez. . . .
RAiMBArT, ax^c amertume.
Perdu !.. Le banquier Fa touché... mais il a fait comme tant d'autres ... il a disparu.
MARIANKE.
Grand Dieu !
LELIÈVRE
Le misérable ! qitel abus de confiance. . .
RAIMBAUT
Heim? Qu'est-ce que c'est?... Que demande monsieur?
LELiiivnE , tenant son billet.
Pardon... J'ai dit à mademoiselle... Un petit efTet. ( Il le fixe. ) Ali ! mon Dieu. . . c'est particulier ! voilà une ligure. . . . qui a été protesté , et alors. . . .
RAIMGALT.
Encore un. . .
LELIÈVRE, le regardant toujours.
De 800 Ir. . . . Décidément il y a quelque cliose. . .
RAIMBALT.
Que voulez-vous dire ?
LELliiVRE.
Et si ce n'était ce nom de Martin et compagnie. . . .
KAiMBAUT , le regardant.
Eh ! parbleu , je ne me trompe pas I c'est toi , Lelièvre ?
LELIÈVRE, lui serrant la main et l'embrassant. Mon ancien voisin!.... mon cher monsieur Raimbaul !
JOLIVET
Par exemple I et mol qui n'avais pas reconnu le rôtisseur.
i^-Ehik\KE , ai^ec abandon.
Après seize ansi quel moment délicieux! {Regardant le inobilibr. ) C'est-à-dire , délicieux dans un sens . . . 30LIVEX, dun air joyeux.
Comment ! c'est vous , citoyen Lelièvre !
LELiEVRE , effrayé.
Heîra. . . . qu'est-ce qu'il dit doue, celui-là ? veuxtu te taire.
JOLIVET
Dame! vous vouliez toujours qu'on vous appelle comme ça!
LELIEVRE.
Moi. . . . jamais ! M. P\.aimbaut est témoin
RAIMBALT.
Ah çà ! il paraît que nous ne nous tutoyons plus
LELli:VRE.
Cher ami , autres temps , autres mœurs ! Nous avons
traversé z'ensemblc une époque bien dure mais nous
pouvons dire que nous n'avons jamais varié.
RAIMBAUT
Je n'en suis pas plus riche !
LELIEVRE.
C'est ce que je vous dis , vous n'avez pas varié
moi-même, tout n'a pas été roses Vous savez que j'étais rôtisseur. . . j'ai eu le malheur de manger mon fonds. . . mais, je me suis remonté , et je n'entends pas contribuer à
la ruine d'un ancien ami .... Un voisin û donc I . . . .
et s'il faut faire le sacrifice. . . .
RAIMBAUT
Pourquoi donc?..... mes créanciers sont là on
vend t(,ut , je ne veux rien faire perdre à personne et je ne
Vois pas pourquoi , parce que vous êtes un ancien ami
vous ne seriez pas payé comme le^ autres. . . . restez.
LELIEVRE.
Si vous le voulez absolument. . . mais par exemple vous allez voir comme je vais pousser la vente. . . je vais chauf-
fer cela dans voire intérêt d'abord (à part)
et puis un peu dans le mien
viDit.K, en dehors.
M. Lelièvre , oùêtes-vous donc?
LEHEVRE.
Ah I mon dieu ! c'est Tiutendaut de M. le comte
qui vient me chercher.