SCÈNE T
LISBETH, GRITLY.
GRITLY.
Là, voyez un peu comme il court il va se casser
le cou dans les précipices.. . . avec ça qu'il y va toujours avec des petites bottes comme des bas de soie.. . je vous demande à quoi ça peut servir?. . . Dieu.. . en France.. . ont-ils des modes ridicules! (^Regardant Lisbeth qui est pensive.) Lisbeth. . . dis donc, Lisbeth. . . pendant qu'il n'est plus là. ..dis-moi ce que tuas. .. et pourquoi, depuis ce matin, tu es si triste , si pensive. . . .
( iG) LISBETH,
Ce sont les bonnes nouvelles que tu m'as apprises .'. . . lous nos jeunes gens reviennent... ils ont fini leur tems. . . et ton frère Pierre. . . ce pauvre Pierre ne reviendra pas avec eux.. . il a encore deux ans à faire !. . deux ans ! estil possible d'engager les gai'çons pour si long-tems que cela !
Ahî souvent, je t'assure.. . ça passe bien vite. Tu sais , ce petit Natz... ce petit joufflu... qui m'aimait tant... eh bien ! je ne le dis qu'à loi. . . que j'aime déjà comme ma sœur. . . tu te chagrines de ce que ton amoureux ne revient pas, et moi , je me désole de ce que le mien va arriver !
LISBETH
Que me dis-tu là.. . Gritly? est-ce que tu n'aimes plus Natz?
GRITLY.
Oh! je ne l'ai jamais beaucoup aimé. ... et, quoiqu'il soit ton cousin, tu conviendras qu'il n'était pas gentil du tout. . . je ne sais pas même comment on a pu en faire un soldat, à moins que le courage ne lui soit venu avec l'uniforme... Mais enfin, c'est égal, il m^a fait la cour.. . je l'ai écouté dans le tems... et maintenant il est capable de soutenir que je lui ai promis quelque chose.. . .
LISBETH
Mais certainement. .. tu lui as promis de l'épouser quand il reviendrait.
GRITLY.
Tu crois? Peut-on être plus malheureuse ! moi , qui étais la fidélité même.... j'ai fait la même promesse à ce jeune Français.
LISBETH
Est-il possible ? quoi , ce pauvre Natz ?
Air : Fille à marier.
Eh! que sont devenus Tous tes sennens , ma clièrc ?
GRITLY.
Je trouve qu'au contraire .]'les ai trop bifn tenus.. .
Ehl bien.
J'iui promis qu'ma tendresse Le paierait <ic retour.. .
J'proiuis que mon amour Partout l'suivrait sans ces«e..
LISBETH, parlant.
GRITLY , finissant Tair.
Eh ! bien, il est parti Et
mon amour aussi!
Le difficile maintenant est de lui apprendre.,. (^Ecoutant.} Ah ! mon Dieu. . . qu'est-ce que j'entends-là? ce sont eux. . .
LISBETH
Oui, vraiment... ils descendent la montagne... le cœur me bat... ah ! j'ai beau regarder... Pierre n'y est pas.. .
GRITLY, Et Nalz est à leur tête. . . il a bien peur qu'on ne le voie
pas.'