‹ La lune de miel; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 217 sur 270 · NATZ ET LE CHŒUR · texte numérisé non relu

NATZ ET LE CHŒUR

Belle patrie ,

Terre che'rie ,

Objet de notre amour ;

Belle patrie,

Le Mal du Pays. 2

Terre chérie , Nous voici (le retour.

NATZ.

Enfin, après quatre ans d'absence, CAie.z nous me v'ià donc revenu.

GRITLY.

Quoi ! c'est !Natz. . . ce petit joufflu!

NATZ , riant.

Y a maint'nant de la différence! V'ià c'quc c'est qu' d'avoir voyagé. • . Mais c'est Natz qui revient fidèle, Celui que vous aimiez , mamzcUe.

GRITLY.

Ah! mon Dieu , comme il est changé!

CHŒUR

Douce patrie ,

Terre chérie ,

Objet de noire amour.

Terre chérie ,

Belle patrie ,

Enfin , nous voici de retour ;

Pour nos

Pour vos

Enfin nous i ■ • i .

> voici (le retour, tnfia les }

NATZ, embrassant tout le monde.

Oui , c'est moi , mes amis... c'est bien moi ; bonjour, cousine Lisbelh... la mère Keltle, le gros Tchantz... et ma petite Gritly qui n'est pas la moins joyeuse !...

GRITLY h part.

Il devine aussi bien qu'autrefois...

NATZ.

Eh bien , mamzclle... approchez ; n'ayez pas peur... quoique Ton soit militaire , on n'est pas un barbare... {Lui prenant ia main.') Celle pauvre Griliy... qui m'a attendu... Ah ! dame, il n'y a que chez nous où on peut cire tranquille... on part, on revient, ou retrouve tout absolument comme on Ta laissé!.. {A Lisbelli.^ A propos, cousine... et des cadeaux, des cadeaux de France que je vous rapporte... (// oMi'/e son sac.) Il y en a pour tout le monde... Des mou-

f amis, ah! quel beau jour!

choirs de sole... des recueils de chansons... avec une croix, et un anneau d'or , pour une certaine personne... {Regar^ dont Gritly.)

GRITLY , à part.

Ce pauvre garçon ! il nie fend le cœur... Ai-je du malheur de ne plus l'aimer I... {Regardant des papiers que Natz a retirés de son sac.) Et ça, qu'est-ce que c'est?

NATZ.

Des lettres pour un Français qui doit habiter ce canton... M. de Blançay.

GRITLY, les prenant.

Ah!... M. Auguste... Il est allé au devant de vous... mais je me charge de les lui remettre.

LISBETH

Et Pierre... tu ne nous en parles pas?

GRITLY, vivement.

C'est vrai : il n'a pas encore dit un mot de mon frère... c'est aimable !

NATZ.

Pierre Ritter... Nous n'étions pas du même régiment... je vais vous dire : lui , il était de service à Paris ; parceque son régiment , c'est tout de jolis hommes... des chasseurs.

LISBETH

Et tu ne nous apportes pas de ses nouvelles... voilà plus, d'un mois qu'il ne m'a écrit...

NATZ , souriant.

Ah ! dame , cousine , je ne veux pas vous effrayer... mais il est en garnison à Paris!... et Paris, voyez-vous, c'est un séjour bien dangereux... pour les chasseurs.

GRITLY.

Veux-tu te taire !

NATZ.

D'autant qu'il a fait la campagne d'Espagne... et dans ce pays-là, il y a... des Espagnoles... très jolies, à ce qu'on dit...

GRITLY.

Et lu n'y as pas été, en Espagne, toi?

NATZ.

Non, je suis rcsltî au dépôt... j'étais censé indisposé !.#. voyez-vous, je me suis dit: Que je fasse mon tems à la caserne, ou au bivouac... on ne m'en comptera ni plus ni moins... il y en a qui se dépêchent, qui vont au feu : ils croient que ça les avance... du tout... faut toujours faire ses quatre ans... c'est ce que je disais à Pierre... car je l'ai vu, il y a un mois... avant mon départ : « Tu l'en vas, me dit-il, tu retournes au pays... tu vas revoir nos montagnes... tu es bien heureux... Moi, je ne peux pas vivre ici ! j'en mourrai... »

LISBETH

Pauvre garçon !.. il lui reste encore deux ans...

Oui, mais à cause de ses blessures il avait demandé un congé... et quand je suis parti... il espérait l'obtenir.

GRITLY.

De sorte que nous pourrions bien le revoir?

NATZ.

C'est possible !.. une permission du colonel et du major...

LISBETH

Ce pauvre Natz... est-il aimable!.. Comme il est fatigué ! il doit avoir besoin de repos !..

NATZ.

Oui, oui; allons déposer nos sacs, et tout cet attirail! Dieu! qu'il me tarde de revoir mes vaches , mes anciennes connaissances i de reprendre mes habits de montagnes ,| et ma cornemuse... c'est que j'étais le meilleur musicien du canton.

GRITLY.

Mais allez donc... on vous attend. [A part.") Et justement, voilà monsieur Auguste.

NATZ.

Sans adieu , cousine... je vous reverrai bientôt.

CHŒUR

Enfift les Enfin nous Pour nos Pour vos

voilà (le retour ,

amis, ail! quel beau jour!

{Ils sortent tous, excepté Lisbeth et Gritly.)

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