SCÈNE VIÏ
LISBETII , GRITLY , AUGUSTE, arrivant de Vautre côté et s 'essuyant le front .
GRITLY.
Mais, mon Dieu, monsieur Auguste, de quel côté avezvous donc clé au devant d'eux?
AUGUSTE
Est-ce que je sais ! vos diables de montagnes n'en finissent pas; il paraît que j'ai pris à droite, pendant qu'ils venaient à gaudie... mais j'ai vu le tableau de loin... les lemmes, les jeunes fdles qui les entourent , qui portent leurs paquets... c'est charmant... J'en ai rencontré un là bas qui n'était pas si gai !..
GRIïLY.
Un jeune homme?.
Oui.
Encore un soldat?.,
AUGUSTE
LISBETH
AUGUSTE
Je ne sais pas; il avait une démarche si singulière... Il se glissait le long des buissons, en regardant de tous côtés... une physionomie aimable, quoique triste, inquiète . . . J'avais beau lui parler, lui faire des questions , il ne me répondait pas.. . Il a aperçu de loin les montagnes de brunich, le lac de Brienz. . . Il s'est arrêté. . . il semblait respirer à peine. . . il regardait chaque arbre , chaque rocher, avec une émotion ! . . . comme un amant regarde sa maîtresse. Arrivé à cette pelouse verte qui est en face du Gieshach^ il m'a pris la main, et m'a dit : <f Tenez , monsieur, tenez, c'est là que, tous les soirs , je l'attendais ...»
LISBETH
Ah! mon Dieu!. . .
AUGUSTE
Plus loin, en descendant, 11 a vu une pierre oii étalent
graves quelques mois en allemand. . . il a ôlé son chapeau avec respect... des larmes roulaient dans ses yeux. ..
LISBETH
Que dites-vous?. . . achevez. . .
AUGUSTE
J'allais lui demander ce qu'il avait , lorsqn'en levant les yeux , il a aperçu le chalet qui est au bas de la cascade. . . il s'est élancé vers la porte, en s'écriant : i< Ma mère, ma mère, ouvrez-moi, c'est votre fils!. . . »