‹ La lune de miel; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 229 sur 270 · SCENE XVII · texte numérisé non relu

SCENE XVII

LES PRÉCÉDENS, GRITLY g/ AUGUSTE , qui sont entrés sur les derniers mots,

GRITLY, à Auguste.

Là , nous sommes arrivéiS trop tard ; tout est découvert.

ENSEMBLE

MvsiqvEiIeIH,y4da)m.

STUBAC.

De rage , de fureur Je sens'battre mon cœurj Mais de ton insolence , J aurai bientôt vengeance; Redoute ma fureur.

PIERRE , soutenant Lisbelh.

D'amour et de fureur Je sens battre mon cœur; Je n'ai plus d'espe'rance , Et de votre vengeance J'ai prc'vu la rigueur.

LISBETH KT GRITLY.

De crainte et de douleur Je sens battre mon cœur; Hélas ! plus d'espérance !

Je le vois , sa vengeance Va combler mon malheur.

AUGUSTE , regardant Pierre.

Ah! pour eux quel malheur!

Celait un déserteur.

{A Grttly.) \ Ne perds pas l'espérance ; I Je puis encor, je pense , \ Vous rendre le bonheur.

\A la fin de ce morceau , Lisbeth et Gritly se trouvent auprès de Stubac , dont elles cherchent à apaiser la colère , et qu'elles implorent en faveur de Pierre. )

STUBAC.

Non, non, rien ne peut m'émouvoir.

GRITLY.

Mon Dieu I qu'allons-nous devenir ? Ah ! M. Auguste !...

AUGUSTE

Soyez tranquille, je me charge d'arranger tout cela.. . laissez -moi un moment.

{Pierre, Lisbeth et Gritly se retirent dans le bosquet à droite.)

AUGUSTE , allant à Stubac.

Allons , colonel. . .

STUBAC.

Non , je ne veux rien enlendre. . . je vais donner ordre de le saisir et. . .

AUGUSTE, l'arrêtant.

Vous n en ferez rien , vous ne le pouvez pas. . .

Comment , je pourrai bas faire fusiller un téserteur ?

AUGUSTE

C'est ce qui vous trompe.. . ce n'est pas un déserteur.. . c'est un amoureux.

STUBAC.

Qu'est-ce que ça me fait ?

AUGUSTE

Beaucoup... Il est amoureux de LisLeth, de celle que vous aimez.

STUBAC.

Raison de plus ; ça se trouve pi en.

AUGUSTE

Au contraire. . . ça se trouve très - mal ; car , si vous faites condamner ce brave jeune homme , on dira que vous avez abusé de votre position et de votre pouvoir pour vous débarrasser d'un rival.

STUBAC.

Mein Goti ! .. on pourrait supposer I .

AUGUSTE

C'est fâcheux pour vous. . . mais c'est ainsi. . . et , dès que vous tenez à Paris , dès que vous voulez y retourner , il faut que vous en connaissiez les lois et les usages. . . Oui, monsieur, dès qu'on aime une femme, son mari ou son amant devient sacré à nos yeux. . . on doit le protéger. . . c'est une des lois fondamentales du pacte social.

STUBAC.

Mais che être pas l'amant de la betile.. .

AUGUSTE

C'est égal , on le croll. . . c'est la même cliosc . et vous ne pourriez plus vous montrer nulle part. . . moi - même je n'oserais pas vous présenter.

Der Teufell. . che beux Lourtant bas faire qu'il n'afre pas déserté.. .

AUGUSTE

Non... mais vous pouvez lui avoir donné un congépour passer quelques jours au pays. . . pour épouser celle qu'il aime.

STUBAC.

Der Teufell. . il faudrait encore.. .

AUGUSTE

Il y va de votre honneur et de vos succès futurs.. . Partout, à Paris, je publierai votre héroïsme. . . on vous comparera à Staî^islas de Miche/ et Christine. . . ( Gritly paraît il Ventrée du bosquet et écoute. Auguste lui fait de tems en tems signe ff espérer. ) Dans deux mois, quand vous rentrerez dans la capitale , vous vous trouverez , auprès des dames, une réputation romantique toute faite.

STUBAC.

Vraiment !

AUGUSTE

Ce qui est fort utile. . . rien ne rapporte plus qu'un amour malheureux. . . on y gagne cent pour cent , à cause du chapitre des consolations. . . Il est attendri. . . il cède. . . il ne résiste plus. ( Gritly, Lisbeth et Pierre s'approchent.) STUBAC.

Ya... ya, je comprendre Eh bien! qu'il trouve au

moins un remplaçant.. . et on verra.

AUGUSTE, à Gritly, Pierre etLIshetli, qui se sont approche's peu

à peu.

A merveille.. . Etes-vous contens?

GRITLY.

Mais pas du tout.. . il n'y a pas de rcmplarans.. . on ne peut pas en trouver , à aucun prix.

Il serait possible !

GRITLY.

Ah ! mon Dieu. . . qu'est-ce que je vois là ?. . c'est Nalz.

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