SCENE llï
Les MÊMES, BOTVNARD.
( Pendant cette scène , deux om^ricres rangent des grands cartons quelles placent sur le devant du comptoir. )
TOUTES
Tiens, monsieur Bonnard î
( Co )
r.ONNARD , (Vun air riant H saluant.
Mesdemoiselles , mille pardons de me présenter de si bon
matin , mais reiupresseuient {à Tliërèst; en V embrassant. )
Eh ! bien , ma bonne Thérèse , comment çà va-t-il , depuis
hitT ?
THÉKiiSE , bas et d'un air suppliant.
Mon oncle I
JOSÉPHINE
Vous vous êtes donc vus déjà ? j'en suis bien aise , car jevous avoue que je la grondais.... j'ignorais votre arrivée, et comme elle me soutenait qu'elle avait passé la journée avec vous- BONivAKD , la regardant.
Ah ! elle vous a dit c'est vrai
?UMi , bas aux autres.
Tiens , c'était lui
lîOP ISARD , d'un air aisé.
Vous me pardonnerez, j'étais si pressé que je n'ai pas en le temps de ^ous demander la permission... j'ai emmené cette ciière enfant. . ..
MISII.
En voiture ?
Boiv^'ARD, gaiement.
Oui , ma belle, pourquoi pas?
MiMi, bas aux autres.
Alors ce n'est plus çà.
JOSÉPHINE
Et vous êtes-vous bien amusé au moins?
BONNARD , regardant Tliérèse.
Mais. . . comme çà. . nous avions fait une partit- -jui a été dérangée.
MIMI
Par le mauvais temps ?
BONNARD, de même- Oui. . . un vent du diable. . .
JOSÉPHINE
Ah ! que c'est désagréable !
THÉRÈSE, bas à son oncle.
Mon oncle, je vous en conjure.
MIMI
Mais asseyez-vous donc , monsieur Bonnard.
JOSÉPHINE
Vous déjeûnerez avec nous... et que Icnez-vons l;i à la main?
lîONNArxn • Quelques journaux que j'ai achetés en passanl.
Des journaux! quel bonheur... voyons.
BONNARD , les donnant.
Il n'y a rien de bien inléressant. . .
JOSÉPHI^■E.
Oh ! que si. . . les niodes. . •
HEMUETTE.
Les spectacles ! . . .
MIMI
Justement, il y avait une débutante hier...
THÉRÈSE, à part.
Je suis au supplice !
JOSÉPHINE , Usant un journal.
Mam'zelle Mirza. . . ah ! çà promet.
HENRIETTE, 671 tenant un autre.
Mais pas trop.... il paraît qu'elle est tombée
MI mi", de même.
Ah! mais d'une force.,..
JOSÉPHINE
Air : Ces postillons, etc.
a Tournure gauche.
HENRIETTE, UsaUt.
Et mauvaise manière.
MIMI , lisant.
•Organe faux.
JOSÉPHINE
Les deux pieds en dedans^
HENRIETTE
«De ses deux bras elle n'a su que fa're. « MIMI.
Qu'Ies journalistes sont méchans !
THÉRÈSE, avec dédain.
Ils parlent tous sur des tons différens , L'un dit du mal de ce que l'autre admire j Comment savoir lequel d'entr^eux à tort.
( 62 ) MINI. La débutante aujourd'hui n* peut rien dire , Car ils sont tous d'accord.
( elles rient toutes. )
THÉRÈSE, à part.
Je voudrais être à cent lieues d'ici. ( on entend une petite sonnette dans V intérieur.)
JOSÉPHINE
Le déjeuner , mesdemoiselles , nous finirons nos journaux à table, qui est-ce qui garde le magasin?
THÉRÈSE
Moi, madame, ( les ouvrières sortent. ) j'ai un reste de mieraine. . . de fièvre....
JOSÉPHIINE.
Il faut soigner çà, ma chère.... venez-vous, monsieur Bonnard?
BOTVNARD.
Moi , j'ai déjeuné à sept heures. Diable ... un voyageur !.. . d'ailleurs, je ne serai pas fâché de causer de la famille avec Thérèse.. .
JOSÉPHINE
C'est bien , nous nous reverrons.
( elle sort. )