SCÈNE IV
BONNARD , THÉRÈSE
THÉRÈSE
Ah ! que vous êtes cruel, mon oncle!
BONNARD
Ma foi, mon enfant, je n'avais pris ces journarix que pour toi , et ce n'est pas ma faute. Eh bien ! du reste. . . . comment as-tu passé la nuit?
THÉRÈSE , en lannes.
Pouvez-vous me le demander? Je suis au désespoir ! . . , BONNARP , froidement.
ue veux-lii : c est un malneur. . .
( <i3 ) AIR de Céline.
Mais tu le vois , ma chère amie ,
Tu ne demandais que six mois;
Pour être une artiste accomplie , Tu te trompais. . . moi du moins je le crois, Va. . . pour avoir ces talens qu'on admire.
Pour être Mars ou bien Talma,
Les jeunes tètes ont beau dire , ( JUn souriant. )
Il faut plus de six mois pour çà. . .
THÉRÈSE , ai'ec dépit.
Oh ! vous avez beau jeu pour m'accabler, quand on ne réussi l pas. • . et cpie la cabale. . .
BONNARD
La cabale ! . . . . écoute, Thérèse. . . . j'y étais, je suis ton oncle, je t'aime. . . Eh bien! francheuicut. ... tu n'étais pas excellente.
THÉRÈSE , de méiue.
On le savait donc d'avance , car on n'a pas pris le temps de me juger.
BOxi\Anr>. Mais ... si fait. . . rien que la démarche . . .
THÉRÈSE
Je crois bien. . . on m'a intimidée.
BOlVIVARr).
Tes premiers mots. . .
THÉRÈSE
On n'a pas voulu m'écouter.
BONIVARD
Et tes gestes. . .
THÉRÈSE, vii^ement.
Ah ! cela par exemple. . . tenez, mou oncle, je vous passe le reste, mais pour le bras en avant qu'ils ont sifflé. . . . c'est de tradition.
BONNARD
C'est possible , je ne m'y connais pas , de sorte donc que cela ne te décourage pas . . .
THÉRÈSE
Non certainement, c'est ce nom de Mirza qui m'a porté malheur; on savait qu'elle était mauvaise. {Changeant de ton
<^t de sentiment.) Mais hélas! ce n'est pas là mon plus grand chagrin.
BONNARD
Et cju'y a-t-il encore?
Ce Prosper dont je vous parlais dans toutes mes lettres, (pie j'aimais tant , pour qui j'avais fait tous mes rêves de fortune . . .
130IVKAKD.
Eh bien?
THÉRÈSE
Il ne m'aime plus. . . il m'abandonne, je ne le verrai plus ! Tenez , moa oncle. [Elle lui donne la lettre de Prosper.)
BONNARO.
Une lettre. ... ah bah ! est-ce que les amoureux tiennent lout ce cju'ils écrivent?
THÉRÈSE, regardant au fond, et avec un cri de surprise et de joie.
Oh ! je l'aperçois au bout de la rue, il vient de ce côté ! . . .
lîONIVAîlD.
Qu'est-ce que je te disais?. • . ce garçon m'intéresse. . . et je veux savoir. . . Chut ! . . . je vais achever là tianquillemeiit mon journal. . . ne dis rien. {Il s assied derrière la pile de carions , dans le comptoir à gauche, de manière à être masqué pour les acteurs en scène.) et surtout ne ine noinine pas ! THÉRÈSE, troublée.
voici :