SCÈNE II
Les mêmes, ZANETTA, en pttit costume de grisette napolitaine , iin carton à la main.
ZANETTA , apercevant le comte et s'arrttant toute décontenancée .
Ah ! mon Dieu !... je inc serai trompée de porle... Je TOUS (ieir.ande bien pardon , monsieur.
Que Toulez-vous , mon enfant ?
JULIETTE
Ah î c'est la petite Zanetta, nia lingcre , el ma marcliaodo de modes !
ZAKETTA.
Je croyais êti-e dans l'appartement de mademoiselle... CVst la première fois que je me présenie à YOlre nouvel hôtel... et...
JULIETTE
C'est bien... c'est bien... Je vous avais fait demander quelques broderies... mais, maintenant, ce serait inutile... je n'en ai plus besoin.
LE co:mte.
Pourquoi donc, ma chère amie?... Je n'entends pas que mes projets de retraite le fassent négliger ta parure... la toilette d'ailleurs est , dit-ou , une occupation, une consolation.
ZANETTA
Monsieur a bien raison.
" AIR : T)u Parfaire de la richesse.
Oui, la toilelie a toujours fait merveille , A tous les maux c'est un remède sûr; La marie'c, en \oyant sa corbeille.
Souvent oublie, bdas ! son vieux futur. J'ai même vu veuve gentille et belle, Quelques instans suspendre ses bc'las , Pour demander à sa f^lace fidèle , Si l'babit noir nuisait à ses appa*.
lo L'AMBASSADEUR,
Kt tout le moud" vous dira ici. qu'il n'v a point de désespoir qui tieniif contre une pointe d'Ani^lelerre, ou une toque à la française.
LE C<iMTK, à sa JU/tf.
Ne fut-ce que pour me plaire, allons, inou entant
j'exige que tu choisisses ce qu'il y a de plus beau, d-? plus élégant.... n'importe le prix....
ZANETTA
Dieu ! Texcellent père !. . .
LE COMTE, à Zanettu.
Vous avez là sans doute quelques objets de goût....
ZANETTA
Oui , monsieur le comte... des pèlerines à la Neige, des plumes Robiu des bois, des écliaulillorîs de rubans à la Jocko — c'est déjà un peu vieux.... (eZ/y présente une boite d'échantillons à Juliette, qui les examine avec SjH pèri') parce que le dernier envoi de Paris nous a manqué.... c.«r toutes les modes nous viennent de là... c'est un joug qu'i! faut subir... vous conviendrez que c'est bien humiliant d'être obligé de copier s.irvlienieut les bonnets de la rueVivienne, les robes de mademoiselle Victorine ou les chapeaux, d'/ïerhault^ quand ou se sent capable de créer soi-même... mais ces dames ne veulent rien que ça ne soit de l'école française.
LE C03ITE, souriant.
C'est aiTreuxi...
ZANETTA
Et cependant l'école italienne a bien son mérite! Aussi, si je pouvais jamais aller en France, ni'établir s. Paris.... avec les dispositions que j'ai, je suis sûre que j;:- formerais une maison distinguée.... je pourrais, à mon tour.... me livrer à la composition; mais les frais de voyage, quand on est orpheline et que l'on a éprouvé des malheurs — Ahl... {elle s'essuie les yeujc) j'ai aussi uue nouvelle forme de Berret qui a fait sensation à la dernière représentation de madame Méric-I.aland;, au ihéàti-e Saint -Charles.... si madenioi- .■^ello veut l'essayer ?
COMÉDIE- VAUDEVILT.E. ii
Sans doute.... sans doute... passe clans ton apparleuient, ma chère Juliette; achète tout ce qui te conviendra.
Am de Iq Valse des Comédiens.
Pour adoucir l'ortlre dont tu murmures, Choisis , ma chère , au gré de ton dr-'sir.
ZANETTA
C'est juste. .. il faut de uouveiles jjarures, Pour apaiser chaque nouveau soupir.
Combien aiusi la douleur a de charmes ; Ah! croyez-moi, loin de vouloir gue'rir, Sans vous gêner, laissez couler vos larmes , Par le chagrin vous allez embellir.
ENSEMBLE
n j • I' •• 1 , ) i*! murmure,
Pour adoucir 1 arrêt dont j '^^^rmures.
Jf^^>*' ! choisir au gré de ">" j désirs. Tu vas, j » tes (
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{Juliette rentre dans son appartement à droite de l'acteur; Zanetia la suit après ai>oir salué le Comte.)