‹ La lune de miel; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 48 sur 270 · SCÈNE XVIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIII

Les mêmes , LE COMTE.

LE COMTE , voyant Frédéric aux genoux de Zanetta. One vois-je !

O spectacle touchant !.. triomphe de l'amour et de la sensibilité... je ne puis retenir mes larmes. ..ah ! c'est vous, monsieur le comte... (Frédéric se relève) Venez être témoin d'une réconciliation., qui aurait attendri un barbare...

Une réconciliation. .. ceux qui ne se connaissent pas...

SAINT-JEAN

Vous l'aviez bien deviné... c'était une ruse; ou plutôt

46 i;ambassaueur ,

c'était une querelle d'amoureux... car c'est au moment de la séparation , que rexplosion a éclaté... deux volcans , monsieur le comte... j'ai aouIu les arrêter ; impossible... ils se sont précipités dans les bras l'un de l'autre... en criant qu'ils ne voulaient plus se quitter, non jamais .' plulôlmourir... enfin le délire de la passion...

Quoi , monsieur , au moment oit j'avais tout préparé pour votre départ ?

FRÉDÉRIC

Maintenant, monsieur... il est impossible I je reste...

Et vous , mademoiselle ! qui étiez déjà décidée à vous sacrifier?

ZANETTA

J'avais trop présumé de mes forces , et je ne puis que vous répéter ici ce que je vous ai notifié ce matin... j'aime Frédéric , monsieur.

C'est ronnu... [à part) allons... il y a là-dessous quelque chose d'inexplicable... mais on se moque de moi... c'est clair... nous allons voir... [Jiaut) je n'ai rien à dire... j'ai voulu vous rendre à la raison... j'ai rempli mon devoir... mais puisque rien ne peut vaincre celle grande passion , je me rends.

TOUS

Quoi I monsieur?

Votre père , le marquis d'Aveiro n'est point un barbare., un tyran... « Si , après avoir tout tenté, m'a-t-il dit, vous « pensez que cette jeune fille soit nécessaire au bonheur de » mon fils... je vous promets de les unir. »

FRÉDÉRIC , quittant la main de Zanetla.

Comment ?

SAINT-JEAN . étourdi.

OhlDiat^lo!

ZANETTA , à part.

Dieux ! épouser un marquis î

LE COMTE , les ohseri'ant.

Votre constance méritait bien un pareil prix... et c'est dans ia chapelle de l'ambassade , en ma présence , que vous allez être mariés.

FRÉDÉRIC

Un moment.

Tenez ferme.

SAINT-JEAN , bas.

ZANETTA

Air du Fleuve de la Vie.

Qui , moi !... je Jeviendrais marquise!

lE COMTE.

Eh ! quoi... vous semblez refuser.

SAINT-JEAN, bas.

Déguisez moins votre surprise.

FRÉDÉRIC

Veux-tu que j'aille l'e'pouser ?

SAINT-JEAN , de même.

Afin d'éclaircir ce mystère, C'est une ruse , je le vol , Je le laisserais «lire...

ZANETTA

Et moi, Je le laisserais faire.

Eh ! mais quelle froideur !.. vous ne me remerciez pas?., vous ne tombez pas dans mes bras ?. .

FRÉDÉRIC

Monsieur... certainement... je suis touché... mais mon père...

Je vous ai dit qu'il m'avait envoyé son consentement.

SAINT-JEAN , vivement.

Permettez... ce n'est pas dans la lettre.

Kein !.. Comment le sais-tu ?

SAINT-JEAN, embarrassé.

Je le sais... je... c'est-à-dire , je présume... parce qu'un homme comme le marquis d'Aveiro ne peut consentir à une mésalliance...

Saint- Jean...

Monsieur....

SAINT-JEAX.

Je te ferai mourir sous le bâton....

SAINT-JEAN

PJaît-il , monsieur et pourquoi?

Je n'en sais rien... mais ce jeune homme... cet amour... ton trouble.... tu nne trompes!...

SAINT-JEAN

Moi !... monsieur le comte peut-il penser que je sacrifie ses intérêts à ceux d'un inconnu?

Un inconnu.'.... monsieur le valet de chambre interprète , expliquez-moi comment il se fait que ce chevalier d'Aveiro soit précisément l'inconnu dont vous avez parlé à ma fille l'.. expliquez-moi comment ces jeunes gens s'aiment

et ne se connaissent pas se raccommodent et ne veulent

pas se marier...

SAINT-JEAN

Monsieur, on ne peut pas expUquer les bizarreries du cœur humain... mais ia vérité est que je ne suis pour rieu dans tout ceci et si vous en doutez....

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