‹ La lune de miel; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 47 sur 270 · QUATUOR · texte numérisé non relu

QUATUOR

Fragment du final de la Dame Blanche : Je n'y puis rie Comprendre.

LK COMTE , h Frédéric.

Voyez mademoiselle.

FRÉDÉRIC , regardant Zanetta. Elle est gentille el belle; Mais dites-moi qaelle est elle , Car je ne la connais pas.

/ ZANETTA

Quel est donc ce jeune homm« T Dites-moi comme il se nomme ; Car je ne le connais pas.

Quel est donc ce mystère , Celle qui sut lui plaire , Lui semble une e'trangère , Il ne la reconnaît pas.

SAINT-JEAN

Cette reconnaissance Finira mal, je pense :

Comment sortir d'embarras ?

LE COMTE, h Frédéric.

Eh ! quoi l'aspect de cette belle N'a pas sur vous des droits?

FRÉDÉRIC

Je vois, ici, mademoiselle Pour la première fois.

Llî COMTE.

Et toi , Saint-Jean , qui nous écoute , Que penses-tu de tout ceci ?

SAINT-JEAN

Qu'il a bien ses raisons sans doute , Pour vouloir en agir ainsi.

LE COMTE, à Frédéric.

Vous vous croyez forcé , peut-^tre , De méconnaître ses attraits ; Mais cet amour que ses yeux ont fait naitre T

ENSEMBLE

FRÉDÉRIC

Moi !. . . jamais. . . je ne l'aimai jamais.

! ZANETTA

Quel est donc ce jeune homme , Dites-moi comme il se nomme ; Car je ne le connais pas.

FRÉDÉRIC

Quelle est donc cette belle , Dites-moi quelle est elle ; Car je ne la connais pas.

Oui.. , le trait est original.

' SAINT-JE.AN

Pour nous cela finira mal.

Vous êtes donc bien sûr de ne pas aîmer mademoiselle?

FRÉDÉRIC

Faut-il, monsieur, vous faire de nouveaux sermens ?

Non, monsieur.... mais j'en voudrais une preuve.

FRÉDÉRIC

Et laquelle?

Me promettez-vous?...

Mais, monsieur...

Taisez- vous ! (à Frédéric) me promettez-vous de renoncer à mademoiselle ?

FRÉDÉRIC

Sans hésiter.

SAINT- JEAN , à pari.

JjC maladroit !...

4a L'AMBASSADEUR,

Vous consentiriez à la quitter ?

FRÉDÉRIC

Eh ! mais sans doute.

C'est tout ce que je demande... je suis conleut de vous....

FRÉDÉRIC

Vous me rendez votre amitié ?

Oui, jeune homme... mon amitié... mon estime... dans une demi-heure vous ne serez pUis ici.

FRÉDÉRIC

Comment ! monsieur , qu'est-ce que cela veut dire ? LE COMTE.

Que maintenant vous êtes digne d^emhrasser votre père ', qu'il vous attend avec impatience... la chaise de poste, les chevaux , fargent nécessaire pour votre départ, tout sera prêt dans la minute.

FRÉDÉRIC

O ciel î

LE CO.AITE, â Zanetta.

Quant à vous, mademoiselle , restez ici... il faudra bien m'expliquer ce mystère , {regardant Saint-Jean) et si Ton ma trompé...

SAINT-JEAN

Oui , monsieur... c'est ce que je vais lâcher de savoir ; car je suis comme vous : je m'y perds...

Eh bien ! par exemple... allons , allons... n'importe, il partira, c'est tout ce que je désire... attendez-moi là... je reviens dans l'instanl .

Il sort par lejond.

COMÉDIE-VAUDEVll-LE. 45

ÎSCENE XVII.

FRÉDÉRIC , SAllST-JEA?^ , ZANETTA.

FRÉDÉrxIC.

Me renvoyer dans une demi-heure... et pour quelle raison ? pour quel inollf 7

ZANETTA

Oui, sans doute j maintenant qu'on peut parler , qu'est-ce que ça signifie?

Que nous sommes perdus, ruines... et par votre faute... à tous deux.

FRÉDÉRIC et ZANETTA.

Par la mienne?..

SAINT-JEAN

Depuis une heure, je vous fais des signes, et vous ne comprenez rien... j'avais tout prévu , tout arrangé... l'ambassadeur voulait garder chez lui le fi!s du marquis d'Aveiro pour le guérir d'une inclination roturière... le fils du marquis de... c'était vous... l'inclination, c'était mademoiselle.

ZANETTA

Comment... c'est j'aime Frédéric ; il fallait donc le dire?

SAINT-JEAN

Et vous avez la maladresse de ne pas vous reconnaître...

ZANETTA

Quand on ne s'est jamais vu.

FRÉDÉRIC

Et surtout quand on n'est pas prévenu.

SAINT-JEAN

Impossible depuis ce malin de vous voir ou de vous parler... que faire maintenant?

ZANETTA

Tout avouer à vSon Exceiience.

SAIXT-JEAN.

Non pas... c'est moi qui paierais tous les frais...

FRÉDÉRIC

Ecrire à ce marquis d'Aveiro dont tu m'as donné le nom. .' c'est l'ami de Tambassadeur . mais c'est aussi celui de ma famille; et jai vu de lui une lettre, où 11 promettait de parler en ma faveur.

SAINT-JEAN

Il est à Madrid , et ne vous servira pas de si loin.... en attendant vous perdez votre maîtresse . moi mes deux mille piastres.

ZANETTA

Et moi , mes quatre mille.

SAINT- JEAN

Il n'y a donc qu'un moyen qui peut tout réparer... monsieur ie comte va revenir... tenez-vous à demeurer chez lui, à rester près de sa fille 7

FRÉDÉRIC

Tu me le demandes ?

SAINT -JEAN, montrant Zanetta.

Eh bien l alors redevenez amoureux de madentoiselle .

FRÉDÉRIC

Et Juliette . que dira-' -elle ?

SAINT-JEAN

Quand vous serez de la maison, ne trouverez-vous pas vingt occasions de lui parler , de lui avouer la vérité ?

FRÉDÉRIC

Il a raison... eh bien! soit.., si mademoiselle veut me le permettre, je ralme, je l'adore, j'en suis fou... ah! sou nom ?

s AI XT- JEAN.

Zanetta... (à Zanettà), Vous, ma petite, vous connaissez «os conventions , notre premier plan.

Air du Piège.

Vous dévouant pour le salut public, Que de nouveau l'un pour l'autre soupire.

ZANETTA

Je le veux bien. . . je r'aime Fre'dc'ric ,

Mais permettez-moi de le dire :

A cbaïue instant, changer ainsi soudain.

J'eri conçois de l'inquie'lu.le.

Ce n'est qu'un jeu, |e le sais. . . mais enfin ,

Ça peut eu donner l'habitude ;

On peut en prendre l'habitude.

SAINT- JEAN

Et les principes qui sont là , et dont vous ne parlez pas... on vient... allons, allons , du feu , du désordre, du p;ithétique... c'est le jière... {à Frédéric, montrant Zanetta^) Tombez à ses pieds... [tirant son mouchoir) Dieu ! quel tableau ! (^Frédéric se, jette aux pieds de Zanetta.^

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