SCÈNE V
Les Précédens , P0LF2SKA, plusieurs Domestiques et Ouvriers.
rOLESKA.
Les maladroits! un chemin supcibe... et ils prennent à gauche exprès po:n- me verser.
TMlCHtLINE.
AJais, madame...
POLESKA.
Taisez- vous. ..Et jiour comble de malheur^ ceux-ci qni, en voulaut relever la voilure, cassent le timon. . de sorte que me voici obligée de m'arrêier dans cette misérable cabane... Dieu ! qu'il faut de j'atience... si on no se modérait pas.
MICHELINÏ:.
Je ferai observer à madame, que ce n'est pas la faute de nos gens... ils y ont mis tant de zèle , que ce pauvre Ivan s'en est foulé le pied.
POLESKA.
O ciel! que dites-vous, ce pauvre jeune bomme... couions vite.
MICHELINE
Dans ces mauvais chemins, avec ces petits souliers?
POLESKA.
Oui... tu as raison... tenez, portez-lui cette bourse... mon dieu! quel mallieur! un lioiméte ouvrier... peut-être même un père de famille... j'aurai soin de lui, de ses enfans; mais en attendant qu'on envoie chercher ini médecin... eh ! bien , vous n'êtes pas encore partis!
K0ULiK0F,yhi5««t signe aux domestiques et ouvriers qui sortent.
Si, madame^ on y va... mais je vous demanderai...
POLESKA.
Qui vous a permis de m'adresser la parole?
JEAN
C'est M. l'intendant... et il faut qu'il sache...
POLESKA.
Il faut qu'il sache se taire... et vous aussi.
KOULIKOF
Par exemple!., c'est d'une insolence...
POLESKA, h Micheline.
Dis-mois, netiie,.. où sorames-nons?
Dans les domaines du comte de Woroiiski, ei .-i une lieuc du château.
POLESKA.
Je suis chez mon mari!., cliez moi!
KOULIKOF
Qu'entends-jel.. madame la Comtesse!
JEAN
(Jne Comtesse dans ma cabane !
KOULIKOF
On nous avait bien dit que Monseigneur devait se marior^ et nous l'attendions d'im instant à l'autre.
POLESKA.
Est-ce qu'il n'est pas arrivé?
KOULIKOF
Je l'ignore, madame la comtosse; car , depuis deux jours... je n'ai pas eu l'honneur d'être invité au château.
POLESKA.
Ce pauvre Gustave, qui était parti le premier pour tout disposer, et pour me recevoir .. je suis sur qu'il est d'une inquiétude, d'une impatience égale à la mienne... aussi c'est votre faute.
KOULIKOF
A moi, madame la comtesse....
POLESKA.
N'êtes-vouspas Tintendam, le régisseur de ce domaine ?
Depuis trente ans.
POLESKA.
Commentées chemins ne sont-ils pis en meilleur état?., ne deviez-vous pas y veiller?., est-ce (juo \oiis ne deviez pas penser que j^•^vais hâte de revoir mou mari ?.. vous ne devinez donc rien ?.. vous n'êtes donccap.îbie de licn ?.. vous méritez d'être chassé.
Air; Adieu, je vous fuis, bois charmans
Je donne la preuve, par là, D'une prudence peu commune ; Mon mari m'accusait déjà De prodiguer trop sa fortune.
Mais je répare, en ce moment, Mes dépenses et mes folies ; Car, suprimer un intendant.
C'est faire des économies.
KouLiKOF à part.
Snprimer nn Intendant !
JEAN, h pari.
Cette femme-là ne respecte rien, .(haut) Si en attendant qu'on répare la voilure^ mulame voulait déjeuner.
POLESKA.
Eh! oui, vraiment, pour ne pas perdre de temps., rien qu'une tasse de tlié, et des muffins.
MICHEMÎfE.
Du thé!..
Des mufiSnii!