‹ La lune de miel; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 66 sur 270 · FRANC JEU · texte numérisé non relu

FRANC JEU

Je ne veux pas souft'-ir que ce cher cousin... Oh î

Dieu! le cousin Armand... Qu'est-ce qu'on me dirait s'il

lui arrivait quelque ciios» ?... Je serais £,'en(il gnrcon !

Air : Tai vu le Parnasse des daines.

Ce n'est pas un homme ordinaire , Il est aimable et très-savant; Moi je n'ai jamais pu rien faire, Que le coup d' sabre au régiment.

Mais s'il suivient quelque bisbille, Alors je montre mes talens ; C'est moi qui m'bats pour la famille... Faut s' rer.dre utile à ses parens.

MATHIEU , ejfrajé.

Heim? vous voulez....

FRAKCJEU.

C'est l'aftaire d'une minnie; j'ni en bas un camarade qui nous attend avec des fleurets de'monchetés.

MATHIEU

Démouclie;és?...

FRANCJEU.

A moins que vous ne prêteriez ceci. ( // montre son sabre. ) Miis j'ai pensé que les fleurets dcnioucheiës... c'est ce qu'il y a de plus gentil pour les promenades du matinc'est léger; ça ne gâte pas la main du tout. MATHIEU, a part.

FJi bien! moi qui croyais qu'il venait pour arranger l'affaire.

FRA^CJEU.

Allon?, mon estimable ami!... voila le moment.

MATHIEU

Permettez, permettez; c'est avec votre cousin que j'ai ru dispute.

FRAWCJEU.

Je ne dis pas non. .. mais vous n'auriez pas d'agrément

avec lui; vrai.... 11 ne faut j)as lui en vouloir; le jeune homme est clinncl, j'en réponds... mais pas de coup-d œil, pas d'expérience ; vous trouverez on moi, j'oso dire, un luron un peu plus solide. lù puis quand ce ne serait que le plaisir de faire la partie (i'un confrère?

MATHIEU

D'un confrère! d'tm confrère !

FK ANC JEU.

11 ne faut pas vous on défendre , M. Bellepointe Quoiipie je ne sois pus encore à votre hauteur, je suis charmé de la circonstance; j'ai deux ou trois feintes nouvelles dont je crois èlre sûr, et que je serai flatlé de mettre au jour devant un connaisseur tel que vou9,

MATHIEU

Deux ou trois feintes. ( A part. ) C'est que ça n'est plus si drôle... {Haut.) kh ça, mon cher, voyons... parlons sans feinte- il paraît alors qne nous sommes d'une certaine force?

FUANCJEC.

C'est pas h moi à me vanter ; mais le coî'ncl m'a défendu de me mesurer avec les cani' rades, parce qr.e j'ai la main malheureuse pour mes amis; mais il ne m'a pas défendu de ra'amuser en ville.

MATHIEU

Je ne veux pas vous exposer aux reproches de votre colonel, et....

FRAKCJEU.

C'est égal.

MATHIEU

Vous iriez aux arrèls.

FRAKCJEU.

j'^ suis fait.

MATHIEU, vivement.

Je ne souffrirai pas....

FRAKCJEU, S échaujfant.

Du tout '.c'est une affaire d'amour-propre à présent... 11 faut que nous croisions le bancal, et que l'un de nous deux y donne sa démission déiîniiif et officielle. MATHIEU , .s' emportant.

Vh^ morhlen, si vous ne voulez rien entendre.... FRAKCJEU, mettant la main sur son sabrr. riaît-il?

"Al

iiATHiEu , feignant de riic.

Allons, niions, il va so tacher. Ah! ah! oh! i! ne voit pas qn'ii y a un»; heure qu'on se moqne de lui. FKAwcjEU, relevant sa moustache.

Hein!

MATHIEU, enrayé.

Ce n'est pascal Je veux dire... je voulais voir... C'est très-bien, mon brave; de l'aplomb, du nerf... C'est dans mon genre; mais mallieuretisenient tout est fini entre M. Armand et moi •, nous sommes les meilleurs amis du monde.

FKANCJEU.

Comment?

■MA.THIEU, câlinant.

Ooij, un m.il-entendu... une vétille...

Air de Marianne.

Ce n'est que pour dîner ensemble Que nous avons un rendez-vous , r.t vous pouvez, que vous en semble?

Sans façon trinquer avec nous.

FRANCJEU.

Douce surprise !

MATHIEU , à part.

Il s'humanise.

FRAKCJEU , souriant.

Sans badiser Il s'agit d'un dîner?

M AT ut EU, Dinde truffée, Bien étoffée ; Monsieur sourit , Le dindon l'attendrit.

ruAKCjEu, parlant et avec gaité.

Que diable! falhiit donc le dire tout de suite?... Il me laisse-ih m'cpuisrr en politesses... J'acctj te... {Continuant l'air. )

Aimant l'escrime et la goguette, Francjeu , dont l'esprit est bien fait. Au coup d'i'pée e st tisujours prêt Comme an coup de fourchette.

^ ous me réponde/,, au moins, que Flionneiu' de la famille n'a pas clé compromis.

MATHIEU, d'un air résolu. C'est bien nous autres qui arrangeons les affahes vceuses.

2'^ FRAKCJEU.

Touciiez là, mon vieux?

MATHIEU , h part.

Oh! quelle poigne!

FRAACJEU.

Je cours rejoindre le cousin.

MATHIEU, à part.

Oh! diable! le cousin qui n'est pas prévenu... ( Haut. ) Non, non, il va revenir; entrez plutôt dans ma chambre; il ne s'attend pas à voiis voir; ca lui fera unesurj)nse.... 11 va dire : Tiens... le cousin!

FRANCJEU,

Bien vu , je fumerai une cigale en l'attcndanl.

MATHIEU, à part.

C'est ça, il va faire de ma chambre uneciserne. Çlfai.t.) Par-là... au fond du corridor.

FRANC JEU , lui prenant la main.

Sans adieu, confrère; j'espère que nous trouverons bientôt l'occasion de renouer officiellement... Quoique ça, je suis fâché que notre petite partie...

MATHIEU

Eh bien ! moi dans le fond....

FRANCJEU.

Voulez-vous?... ça ne sera pas long.

Non, vous ne m'entendez pas; je vous dis au fond du corridor. (^Francjcu entre. ) C'est ça.

SCÈNK X.

M VnilEU seul.

Ouf! je l'échappe belle... Voyez pourtant à quoi vous expose une valeur inconsidérée! Moi, bon bourgeois, honnête rentier! mourir de la mort des braves! Ça fait dresser les cheveux. Heureusement je n'ai pas perdu la tête, et avec un diner on en réduit de plus méchans... mais ma réputation de courage me coûtera cher... avec ça que ces gens de cœur sont toujours sur leur bouche... c'est à n en plus finir. Toujours des déjeuners, des dîners !... C'est égal^ il n'y a plus à balancer... il faut chercher Armand, m'ex-

pliquer avec lui... avant que son Lriital de cousin... Parions bas... justement je crois que l'on monte, c'est lni> sans doute... Allons.

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