SCENE YI
FOLESKA, ]\]ICHELmE.
POLlîSK.\.
()i!e (le peine pour avoir du llié et des rauffins.. et l'on dit que li llussie (St un pays civilisé....
MICHELINE, approchauL une chaise.
Si, en aliendaut , madame la Comtesse voulait se reposer.
pOleska, s' asseyant.
Volontiers... je suis accablée de fatigi.e... car j'ai voyaijé fotiJlc la nuit.
MICHELINE
Toute la nuit... vous qui êtes si faible et si délicate !
POLESKA.
Que n'aurais-je pas fait pour li; revoir plus tôt... depuis trois jours que je suis séparée de mon mari... il est si bon, si aimable... il m'aime taui!.. aussi que je suis heureuse et fière de lui appartenir.
MICHELINE
C'est donc un mariage d'iucliuation ?
POLESKA.
Eh! sans doute... 61Ie d'un ofiicier sans fortune, je n'avais point de rang , point de ricliesses à apporter à mon époux; et lorsque Gustave, lorsque le comte de Woronski s'esi présenté...
MICHELINE
Ça a du vous surprendie.
POLESKA.
Non , ça m'a semblé toiit naturel... je ne sais ({uel sentiment secret me disait que ce rang m'appartenait, qu'il m'était dij...que j'étais née pour briller et pour commander... aussi., ce luxCj ces équipages, ces nouvelles parures que Gustave me prodiguait... ce riche domaine qu'il vient d acquérir... ces paysans, ces vassaux, ces esclaves, qui n'existent que pour m'obéir.. tout cela me charme et m'enivre... je médis, c'est à mon éjjoux que je les dois, et après lui, après mon amour, c'est ce qu'il yapoi:r moi de plus doux au monde.
MICDELIiNE.
Il n'y a donc pas long-temps que madame la Comtoise est mariée?
POLESKA.
Une semaine, mon enfant, et nous sommes dans Cf^ qn'on appelle h lune de miel.
Air : Femmes voulez-vous éprouver?
Premier temps d'ivresse et d'amour.
Epoque à jamais fortunée ; Oui, c'est le matin d'un beau jour.
C'est l'âge d'or de riiyménée ,
Car il promet à notre cœur Un long avenir de constance , Et donne eucor, même an bonheur, Tout le charme de l'espérance.