‹ La lune de miel; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 80 sur 270 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

Les Mêmes, DICK.

DicK, accourant tout essoufflé.

Ali ! monsieur Berirara , que je suis content de vous lionverl il y a assez long-temps que je cours après vous.

DERTRAM.

Ail ! c'est toi. {A Biscott) Pardon, mon frère, c'est le petit domestique du constahle, et comme je suis premier garde du bois... {A Dick) hisl-ce qu'il y a quelque chose de nouveau?

DlCK.

Des choses terribles!... Attendez que je clierche l'ordre que M. le prévôt vous envoie... l^Il fouille dans sa poche ) C'est an sujet de ce coquin de Robinson...

BISCOTT.

Robinson Grusoé!... ce fameux voyageur qui vécut trente ans dans une île déserte, peuplée de sauvages.

DICK

Du tout... du tout... c'est un des plus z'hardis voleurs delà Grande-Bretagne.

AJVNA.

Et qui désole depuis un an tout le pays.

DICK

C'est qu'il fait des crimes bien drôles, cclui-la... Le jour où on le pendra , je veux y être, ça m'amusera...

SISCOTT.

Ce petit bonhomme est gentil.

bertram.

Tu n'as pas d idée de l'adresse de ce Robinson... On ne peut jamais le reconnaître...

DICK

Air : Taiini partout.

On dit de lui des aventures...

Quand il veut faire ses grands coups.

On dit qu'il prend tout's les figures.

BISCOLI.

Attention... prenons garde à nous.

BERTR.VM.

Veut-il jouer un personnage , Il en saisit les traits soudain.

BISCOTT.

S'il allait prendre mon visage.

Vraiment ce serait fort vilain.

BERTRAM , oiwrcint le papier que Dich lui a remis.

A!i I par exemple, voilà un tour qtn passe tons les autres. Ecociez l'article de la gazette... {Il lit) « Hier soir, sur lu .) route de Caritorbéry, un riche patiicnlier de Londres, » qui revenait avec deux cents giiinées, fut atordé très-poli- * ment par le fameux Robinson : Milord, lui dit-il, j ai là » un 'oli petit canard que je vous prie de ni'acheler... »

BISCOTT.

Ali! il vend des canards, M. Robinson.

EERTR.AM , Continuant de lire.

« Que voulez -vous que je fasse de votre canard ? répond » brusquement le voyageur... »

BISCOTT.

Dame., le mettre aux navets.

BERTRAM, Continuant de lire.

« Il n'«st pas cher, dit-il eu lui montrant le bout d'un pistolet, il ne vous coulera (pie les deux cents gainées „ que vous avez dans votre porte-manteau... »

DICK

Voyez-vous c'ie malice, de savoir ça...

BtSCOTT.

De savoir ce qu'il y a dans la poche de l'autre'.... ils s'informent aux voisins I

BERTRAM , Usant toujours.

« Ne pouvant pas résister, le voyageur lui remit ses deux cents gainées , prit le canard, et s'en fut très-mécontent de sou marché. »

DlCK.

Je le crois bien.

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