SCÈNE IV
TONY, AjN'NA, entrant par le fond et regardant de tous cdlés. [^Elle est vc-'ue en bonne, avee une robe d'indienne et un petit tablier blanc. ) ANKA, sans voir Tony.
Ali! mon Dieu, c'est Irop beau... je n'anr;ii pas jamais assez (îe l)onher.r ponr entrer dans une si grande maison... {Aperce\>antTony.^ Ali! v'ih qnelqu'iui.
TOisT, assis, sans se retourner.
Qu'est-ce que c'e.st?...
ANNA, les jeux baissés.
Pnrdon... Monsieur... je cliercheM. Gaucher, le maître d'iiôtcl,.. îl a fait demaniier l'.ne femme de cliambre...
TONY
Ah- c'est la femme de chambre... c'est bien... ma pelile... D'où sortez-vous?
AiNNA, toujours les yeux baissés.
De chez nous, monsieur... je n'ai eucoie été chez personne...
TONT, se levant un peu.
Alil dial)le.. je liens ît de bons certificats, moi., jetions.. (Il la regarde) Mil mon Dieu... qu'est-ce que j'ai vu IhL...
ANNA
J'en 0 ais sûre..., me voilà encore renvoyée...
TONT, hors de lui.
Ella voix!... c'est-il possible'... (Za prenant vive-
nitnt par la main.) Pvegartle/.-nioi... regardez-moi donc...
ANNA
Comment, monsieur... ( Elle Uve les yeux,)0 ciel!... c'est lui... Tony... {Elle se jette dans ses bras )
DUO. AiR : Disposez , monsieur Sans- Gène.
Je n'ose le croire encore :
Est-ce toi , mon cher Tony?
TONY
Oui, c'est moi, Dieu merci, Puisque je r'vois cell' que j'adore...
Faut que j' t'embrasse, et tout d'suite...
ANNA
Tu perds l'esprit... Que fais-tu?
TONT l'einbraseant.
Je répare, ma p'tite,
Le temps peidu.
Dieu ! je m'sens suffoquer, L'cœur va m'manquer Tant il palpite...
ANNA
Quoi ! tu n'étais pas mort J'te r'vois encor Ah ! quel transport I
TOWY.
W l Non , non [six fois) , je n'suis pas mort !..
pg 1 ANNA.
s < Je puis t'aimer encor.
Quel heureux coup du sort ^ I J'te r'vois eiicor
Ah ! quel transport !
Ah! ça monsieur... qu'est-ce que ca signifie d'ê re parli comme vous l'avez fait.
TONY, embarrassé.
Ah! je m'en vais le dire... c'est que... {Apart.) Maudit canard!... Je n'oserai jamais lui avouer. ..( //«i/f.) Je te conterai cela... Mais vous-mêmes, qu'est-ce que vous êtes devenus? j ai fait écrire au pays.
ANNA
Ah! c'est que nous avons eu des malheurs... Mon père a perdu sa place... mon oncle Biscoit, que tu n'as pas connu, a éié obligé de suspendre ses paeniens, et il nous a emmenés a Paris, où il a repris son ancien étal.
TONY
Ah! il fait toujours des brioches?...
AJVISA.
Oui... et moi je cherche à me placer, mais puisque tu es delà maison... tu pourras peut-être m'y faire entrer!.. Astu nne bonne place ici?...
TOKT.
Une bonne place?., mais oui... vu que je suis le maître...
ANNA
Le maître !... Comment, ce M. Peterson...
TOKY.
C'est moi... c'est le nom de mon associé que j'ai élé obligé de prendre à sa mort...
Anna.
Est-il possible ! moi qui venais pour être femme de chambre ! Ah ! mon Dieu î vous êtes donc marié^ monsieur?
TONY
Du tout... c'est-à-dire, je devais , parce que je croyais. .. mais c'est fini... tout est Tompn... je ne me marie plus, ou jilmôt... si fait, je me mnrie... mr.is c'est avec toi, ma petite Anna... Et l'iiùiel, les voitures, les domestiques, jeté donne tout , et le niagot aussi : le prends-tu ?
ANNA
Comment, Tony... je serai ta femme...
TONT
Et ça n« sera pas loni,' , tu vas voir... {Il appelle.) lioé... monsieur Gaucher... (^ ^7Z««.) Je vais envoyer
chercher ton père {Appelant.) Monsieur Gaucher...
{A Anna.) Et 'on oncle le pàtissiei-... {^Appelant et sonnant.^ Monsieur Gaucher, Labricole! diables de gens...
Air : Pan pan. Polichinelle.
Dindin rdiabl' les emporte !
Dindiii arrivez donc
Dindin i'mets à la porte
Dindin tout' la maison....
Quand j'n'ai besoin d'personnc, Ils sont tous sur mes pas ; Depuis un' heure que j 'sonne , Ils ne paraîtront pas.