SCÈNE II
Coup de cymbale! Du tronc, idéalement belle, émerge une femme; sa robe bleue est toute constellée d’étoiles d’argent, et surmontant ses cheveux noirs, elle porte, comme un diadème, un croissant.
Pierrot ébloui, en extase, contemple l’apparition.
C’est une femme, comme l’autre, celle qu’il a laissée là-haut, sur la terre, mais combien plus belle! Et saluant, faisant des grâces, se présentant, il s’approche.
Elle, plus étonnée qu’effrayée, le regarde, cherchant d’où peut venir cet être étrange, ainsi de blanc vêtu, avec sa face maigre et si comiquement laid.
Pierrot s’avance. C’est lui qui l’aainsi appelée — et de nouveau il se présente, se pavanant, saluant
jusqu’à terre — certain du bon effet qu’il produit.
Qui es-tu? interroge-t-elle, et tout en riant, lui prenant le bras, elle le fait tourner deux fois sur lui-même.
Pierrot est ravi !
Elle ne comprend toujours rien. — D’où vienstu?
De là-haut! — Et Pierrot lui montre la terre.
Gomment? Mais il n’a pas d’ailes; il ne peut donc pas s’envoler!
Pas besoin d’ailes, lui explique-t-il. Je voulais la Lune, j’ai sauté dedans, et j’ai tout simplement dégringolé jusqu’ici. Et voilà, conclut-il triomphalement.
Elle comprend de moins en moins, très indifférente d’ailleurs. Mais enfin que demande-t-il?
Oh! beaucoup de choses, fait Pierrot d’un air malin. Mais d’abord manger; et il lui montre l’écriteau. Après le repas il s’expliquera mieux.
Manger, cherche- t-elle!
Oui, reprend Pierrot, manger! Tu sais bien ce que c’est que manger.
De la main elle lui fait signe qu’elle a compris;