SCÈNE UNIQUE ET DERNIÈRE
Pierrot e*t enfin de retour! Quel voyage! Mais comme il est heureux, de se’ retrouver chez lui !
Et descendant en scène, le cœur débordant de joie
SUR LA TERRE
il admire tout ce qui l’entoure. Des arbres! De vrais arbres! Sa maison! Une vraie maison! Et la table! Une vraie table, avec du vrai manger! Et dans sa joie, il esquisse un pas de polka; mais en se retournant il aperçoit sa femme. Ah! voilà le point difficile! Gomment va-t-elle le recevoir?
Et, marchant sur la pointe des pieds, les mains ointes, il s’approche.
Est-elle jolie tout de même! Une vraie femme celle-là! Et autrement charmante que la Lune! Quelle folie lui a passé par le cerveau d’aller courir après un rêve, quand la réalité était là, à portée de sa main et si tentante!
Et il hausse les épaules, en regardant la Lune.
Puis honteux, repentant, il s’agenouille devant Colombine, et lui prenant la main, doucement, puis longuement il l’embrasse! Un vrai baiser! C’est bon, après un si triste jeûne. —Et il attend.
Mais Colombine point ne se réveille! Pauvre mignonne! Comme elle dort! Et posant de nouveau sur sa main ses lèvres gourmandes, il l’embrasse encore. Cette fois elle a fait un mouvement. Elle se réveille.