‹ La luneChapitre 3 sur 19 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

Pierrot paraît à la fenêtre. — Il regarde si la lune est là. — Il l’aperçoit, et de la main il lui fait signe de l’attendre.

SUR LA TERRE

Vite il descend.

Avec précaution, il sort de la maison, marchant sur la pointe des pieds, regardant s’il est seul, si personne ne peut le voir.

Il porte sur son dos, attachée par un large ruban blanc, une guitare ; à sa boutonnière, une fleur de pissenlit.

Il s’avance du côté de la lune.

La voilà, celle-là seule qu’il aime, son éternelle amoureuse; celle-là seule qu’il voudrait posséder. Sa tête et son cœur sont pleins de sa blanche image. Et du bout des doigts il lui envoie de longs baisers ; puis, détachant de sa boutonnière la fleur de pissenlit, d’un geste gracieux il la lui jette, attendant qu’elle lui réponde.

Il lui fait signe de descendre.

Mais la lune dans le cielsemble toujoursdormir.

Que veut-elle donc? De l’argent? — Non! — De l’amour? Il ne rêve que d’elle.

Eh bien alors?

Mais tout à coup il sourit, une idée lui vient. S’il lui chantait une sérénade; peut-être que son cirant bien mieux encore monterait jusqu’à elle. •

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