‹ La luneChapitre 4 sur 19 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Alors Colombine est apparue, sortant de la maison, curieuse, prêtant l’oreille, cherchant d’où peut venir cette amoureuse musique.

Elle aperçoit Pierrot, qui, face à la Lune, n’a pu la voir, et lui frappe sur l’épaule.

Celui-ci vivement se retourne, cachant sa guitare derrière son dos, très fâché d’être ainsi surpris.

Que faisait-il là? demande Colombine.

Rien.

SUR LA. TERRE

Et pour qui cette belle sérénade que je viens d’entendre?

Quelle sérénade ? Et Pierrot fait signe qu’il n’a rien entendu.

Mais Colombine, le prenant par le bras, l’oblige à se retourner, et Pierrot est ainsi forcé de montrer sa guitare. Honteux, il baisse la tête, ne sachant que dire!

Tu vois, fait-elle, c’était bien toi qui chantais!

Eh bien là, oui, c’était lui. Il l’avoue! Il ne peut pas faire autrement.

Et pour qui ces grands cris d’amour?

Ah! pour qui? Et Pierrot cherche! Mais pour elle, pour elle sa Colombine adorée, sa femme !

Mais Colombine secoue la tête. Elle doute. Il chantait ici, alors qu’elle était là-bas dans la maison. Et lui prenant la guitare des mains, elle la pose sur la balustrade; puis doucement elle le ramène sur le devant de la scène, tandis que lui se laisse faire, résigné, jetant de temps en temps, en cachette, de longs et amoureux regards du côté de la Lune.

Tu seras donc toujours fou, mon pauvre Pier-

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