‹ La lune rousse: comédie en deux actesChapitre 15 sur 76 · ACTE I, SCENE VI. si · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VI. si

MADAME VERBESEC.

Oui, exposée au midi, pour avoir les moustiques le soir.

ALBERT

Une pièce tranquille, où Pon est tout à fait chez soi.

MADAME VERBESEC.

Si tranquille, qu'on s'y croirait au bout du monde.

ALBERT, à part.

Pour ça, c'est vrai ; j*ai tenu à l'éloigner de nous autant que possible. (Haut.) Une pièce aménagée de frais, habillée d'une belle tapisserie à fond gris tendre, — I franc 75 centimes le rouleau, — semée de magnifiques bouquets roses, jaunes et lilas.

MADAME VERBESEC.

Qui, dans la demi-obscurité, quand on s'éveille, sem* blenc vous regarder comme des têtes de mort. — J'en ai eu le cauchemar toute la nuit.

HÉLÈNE

Oh ! maman, quelle idée ! Mais je ne veux pas que tu te déplaises chez nous, et si ta chambre ne te convient pas...

MADAME VERBESEC.

C'est bien bon pour moi; — ne suis- je pas chez vous, en effet ?

HÉLÈNE

Je n'ai pas voulu te fâcher en disant cela.

ALBERT

Voyons, belle-mère, oui, vous êtes chez vos enfants, mais en quoi vous le font-ils apercevoir ? en quelle circonstance ont-ils manqué à leurs devoirs envers vous ?

MADAME VERBESEC.

Des devoirs envers moi ? . . . Vous ne me devez rien ; quand on est chez les autres, on serait mal venu à se montrer difficile.

ALBERT, haussant les épaules.

En vérité ! . . .

HÉLÈNE, bas à Albert.

Tais-toi, je t'en prie. (Haut.) Maman, tu nous fais beaucoup de peine en parlant ainsi. Tu prendras notre chambre et nous la tienne ; cela arrangera tout. (A Albert.) N'est-ce pas, mon ami ^

ALBERT, avec hésitation.

Si tu le veux, certainement, (a part.) Voilà une exigence à laquelle j'étais loin de m' attendre; j'en suis horriblement contrarié.

MADAME VERBESEC.

Pour que ton mari me déteste, n'est-ce pas? Il m'aime déjà tant ! Non ! ne dérange rien ; je tâcherai de m'habituer à ces têtes de mort.

HÉLÈNE

Je t'assure qu'Albert fera cet échange avec plaisir.

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