‹ La lune rousse: comédie en deux actesChapitre 20 sur 76 · ACTE I, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VIII

HÉLÈNE

Oh ! maman, pour un morceau de galette !..»

MADAME TERBESEC,

Il n'y a pas de t oh ! maman •. — Tu sauras, ma fille, qu'un tout petit morceau de galette peut devenir un très gros moyen de corruption.

ALBERT, à part, à demi-voix.

Parbleu ! c'est avec un morceau de galette qu'on endormait la vigilance de Cerbère.

MADAME VERBESEC.

Qu'est-ce que ton mari dit de Cerbère ? Je crois qu'il me tourne en ridicule,

Non, maman ; c'est une allusion à un souvenir mythologique.

MADAME VERBESEC.

Tu vas me faire croire qu'on fait de la mythologie avec son notaire !

ALBERT, à part.

J'admire ceux qui peuvent écrire dans le feu croisé d'une conversation; c'est une faculté d'abstraction qu'il me faudra acquérir.

MADAME VERBESEC.

C'est comme ce père Simon : le beau cadeau qu'il te

a8 LA LUNE ROUSSE.

fait avec ses canards ! N*est-ce pas une de ses redevances, après tout ? — Sais-tu seulement combien ton mari s'en est réservé sur les produits de la métairie ?

HÉLÈNE

Non, maman.

MADAME VERBESEC.

Ce sont des choses qu'il faut savoir.

HÉLÈNE, haut à Albert.

Mon ami, combien le père Simon nous en doit-il?

ALBERT

Quinze cents.

Comment ! quinze cents canards ?

ALBERT

Qui te parle de canards? Quinze cents francs de fermage. Si tu m'interromps toujours, je ne terminerai pas ma lettre.

MADAME VERBESEC, bas à Hélène.

C'est bien à son notaire que ton mari écrit, tu en es sûre ?

HÉLÈNE

Jecroisque oui, maman; Albert Ta dit, je m'en rapporte.

MADAME VERBESEC.

J'admire ta confiance! — Il faudra, ma chère Hélène,

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