‹ La lune rousse: comédie en deux actesChapitre 21 sur 76 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

Les mêmes, NORINE.

KORINE, présentant à Hélène son cahier de dépenses.

Voilà mon cahier de dépenses, madame.

MADAME VERBESEC, s'en emparant.

Voyons cela. (Xorine s'éloigne au fond de la scène. Madame Verbesec va prendre Tencrier d*Albert et le porte sur le guéridon à droite, près

duquel elle s'installe.) Tu veujt bien, n'est-ce pas, ma chère Hélène, que je te supplée dans cette partie importante de tes fonctions de ménagère ?

HELENE

Très volontiers, maman.

MADAME VERBESEC.

J'en ai l'habicude, comme tu sais; et je te dirai que, dans un ménage bien administré, il ne devrait pas se dépenser un centime dont la femme ne sût au plus juste l'emploi.

ALBERT, à part.

C'est cela; pour mettre le mari à la portion congrue ! Tudieu ! quelle trésorière de malheur !

MADAME VERBESEC.

Du vivant de ton pauvre père, j'avais la clef.de la caisse. (Élevant la voix.) Et M. Verbesec n'a pas eu à se repentir de l'économie que j'ai introduite dans ses finances.

ALBERT, à part.

Il en ç« mort, le malheureux ! — Allons, bon ! elle a pris mon encrier, à présent ! Mais c'est une accapareuse

que cette femme ! (Il se lève et traverse la scène pour aller puiser de

l'encre sur le guéridon à droite.) Commc c'cst commodc de faire cette promenade d'agrément au bout de chaque phrase qu'on écrit !

MADAME VERBESEC, bas k Hélène.

Dis-moi, es-tu contente de Norine?

HÉLÈNE

Elle fait très bien son service, et reçoit les observations avec beaucoup de douceur.

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