‹ La lune rousse: comédie en deux actesChapitre 23 sur 76 · ACTE I, SCENE IX. jl · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IX. jl

bonheur! » Ah! ah! ah! quelle coquille! la gravité de son faux col n'y résistera pas.

HELENE et NORIKE.

Ah! ah! ah!

MADAME VERBESEC, sèchement.

La belle histoire ! et faut-il faire tant de bruit pour si peu de chose ! On surcharge le mot, et tout est dit.

ALBERT

Ah ! vous croyez, belle-mère ? — Et le dessous qui reste ? — Vous seriez la première à chercher le dessous d'une chose qu'on recouvrirait avec Tintention de vous la cacher.

MADAME VERBESEC, à part.

Malhonnête !

ALBERT, déchirant sa lettre.

Allons ! c'est une lettre à refaire.

HÉLEKE.

Tu déchires ta lettre?

ALBERT

J'écrirai une autre fois; je mettrai mon retard sur le compte de ta m... de la lune rousse. (ANorine.) Va dire au fils Simon qu'il peut partir. i

NORIK£, sortant une carte de sa poche.

Ah ! j'oubliais, monsieur. Voici une carte qu'on m'a remise tout à l'heure. Le porteur demande si ces dames peuvent le recevoir.

ALBERT, Usant la carte.

Florimond Dupistil, lauréat de VExposition horticole de Pertus-les-DameSy mendie correspondant de V Athénée phytotechnique^ membre titulaire de la Société du Dahlia bleu et de plusieurs autres sociétés savantes de France et de Vétranger. (A part.) Encore un de ces affamés de célébrité qui allongent leur nom bête avec des titres, comme on allongerait la courroie d'un âne avec des rubans. (Haut.) Florimond Dâ^Âitil^ parbleu! mais c'est le voisin d'en face, l'œil plongeant du bois anglais. Dis-lui qu*on ne peut pas le recevoir.

NO.RINE.

Oui, monsieur.

Norine, attendes. (Bas à Hélène.) Tu ne souffriras pas que ton mari commette cette impolitesse envers un voisin ; c'est comme cela qu'on se crée des ennemis. La vie aux champs n'est pas déjà si gaie par elle-même qu'on en bannisse encore les rapports qui peuvent y apporter de la distraction.

H É L £ K E, s'approchant d'Albert.

Mon ami, si je te priais de recevoir M. Dupistil ?

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