SCENE PREMIERE
ALBERT et SIMON, entrant ensemble par le fond à droite;
Simon tient un bouquet à la main.
SIMON
C'est comme j'ai l'honneur de le dire à monsieur; j'allais, suivant les ordres de monsieur, rabattre les verdures qui obstruent le sentier couvert du côté du saut-de-loup, lorsqu'à deux pas de la petite porte de
6o LA LUNE ROUSSE.
sortie j'ai trouvé ce bouquet à moitié enfoncé dans les hautes herbes ; n'apercevant personne dans le parc, je me suis décidé à l'apporter à monsieur. Les anémones qui fleuriraient en pleine terre par un temps pareil y mettraient de la malice; celles-ci m'ont tout Tair de venir des serres de M. Dupistil.
ALBERT
Le voisin se disposait sans doute à nous rendre visite ; il n'arrive jamais sans être chargé de fleurs ; il aura laissé choir ce bouquet par inadvertance.
SIMON
Il est bien capable d'une distraction pareille; ces savants ont toujours la tête ailleurs que sur leurs épaules.
ALBERT
Dans ce cas il doit être retourné sur ses pas, à la recherche de ses anémones ; je les garde pour lui en faire la surprise et le reproche lorsqu'il se présentera. Ne lui pàrie2 de rien si vous le rencontrez.
SIMON
Suôît, monsieur, je ferai Tétonné s'il m'en demande des nouvelles. Et maintenant je vais préparer vos platesbandes 5 nous n'avons pas une minute à perdre ; m'est avis* que le temps va tourner au doux ; il y a quelque chose dans Tàir, c'est bien sûr. (ii sort*)