ACTE I, SCENE I
le temps de me faire une opinion sur madame; mais elle me paraîtrait d'assez bonne composition s'il n'y avait à côté d'elle une volonté qui entraîne toujours la sienne. C'est sa mère, madame Verbesecj une de ces maîtresses tatillonnes et grincheuses, à la robe desquelles il y a plaisir d'accrocher le torchon brûlé. Je vous conseille de vous tenir dans ses bonnes grâces ; à cette condition, vous serez toujours sûr de plaire à sa fille.
SIMON
Et à son gendre aussi?
NORINE
Oh ! lui, s'il cède habituellement à sa belle-mère, c'est, je crois, par ennui de la dispute, et pour ne pas faire de la peine à sa petite femme qu'il adore.
SIMON
Diable ! il y a pourtant une mesure à la faiblesse. Une femme qui s'habituerait à voir son homme courber la tête, fût-ce devant sa propre mère, finirait par croire qu'elle a épousé des cotillons.
NORINE
C'est toujours bien malheureux, allez, d'avoir affaire à deux maîtresses, on ne sait à laquelle entendre. (Coup de sonnette à gauche.) Tencz*, on soune de ce côté, c'est la jeune dame (Coup de sonnette à droite); et l'ou sonne aussi de ce côté, c'est la vieille.